Migration-Crise: La FOLONHA appelle à une action urgente face aux expulsions massives d’Haïtiens de la République Dominicaine, dans une lettre ouverte adressée au président Leslie Voltaire et au premier ministre Garry Conille.
Lettre ouverte du Président de la FOLONHA pour une action urgente face aux expulsions massives d’Haïtiens de la République Dominicaine
De : Jacquelin LIRISEMOND
Président de la FOLONHA
À : Messieurs, Lesly VOLTAIRE ; Gary CONILLE
Président du CPT ; Premier Ministre
Objet : Appel urgent à l’action face aux expulsions massives d’Haïtiens de la République Dominicaine.
Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre,
Au nom du conseil d’administration de la Fondation Lorquet pour une nouvelle Haïti (FOLONHA) que j’ai l’honneur de présider, organisation dédiée à la promotion des droits de l’Homme, du bien-être et de la dignité des Haïtiens ainsi qu’au développement durable en Haïti, je me permets de vous adresser cette lettre ouverte pour exprimer notre profonde inquiétude face à la situation dramatique des Haïtiens expulsés en masse de la République Dominicaine et notamment par rapport à votre comportement peu orthodoxe, du moins querelleux face à la complexité et la multiformité de la crise que connait notre pays et qui a trop duré.
Ces expulsions massives, survenues dans un contexte où plus de 700 000 personnes, dont plus de la moitié des enfants, sont déplacées à l’intérieur du pays (OIM, 2024), constituent une violation flagrante des droits de l’Homme et une menace directe à la stabilité de notre pays. Elles ravivent des blessures historiques et exacerbent les tensions entre nos deux peuples. La Fondation Lorquet condamne fermement ces actes et appelle le gouvernement haïtien à prendre des mesures urgentes pour protéger les droits de nos compatriotes.
Il faut noter que les relations entre Haïti et la République Dominicaine ont toujours été complexes, marquées par des épisodes de violence et d’injustice. Le massacre du persil en 1937, où des dizaines de milliers d’Haïtiens ont été assassinés, demeure une plaie ouverte dans la mémoire collective. Aujourd’hui, les expulsions massives ravivent ces blessures et exacerbent les tensions. Ces faits historiques devraient interpeller votre conscience de dirigeant hérité d’un pouvoir en marge de toutes normes démocratiques.
Lesquelles expulsions, ne respectant aucun des principes fondamentaux du droit international, notamment la Convention de Vienne sur les relations consulaires garantissant aux ressortissants d’un État le droit de bénéficier de l’assistance consulaire dans le pays où ils se trouvent, vous placent face à l’histoire quant à votre stratégie de gestion de cette crise et de toutes les autres urgences du pays, en faisant abstraction de vos propres intérêts ou des intérêts de vos chapelles respectives.
Ces Haïtiens expulsés, souvent privés de leurs biens, ne disposant dans certains cas, d’aucun document d’identité et abandonnés à leur sort dans des conditions précaires, courent malheureusement le risque de rejoindre les rangs des gangs armés. Et, voilà encore ce qui constitue une menace supplémentaire et une entrave à toute démarche vers la stabilité du pays.
La FOLONHA demande alors au gouvernement haïtien (le CPT inclus) de :
Renforcer la protection consulaire des Haïtiens en République Dominicaine : Il est impératif de multiplier les moyens mis à la disposition des Haïtiens expulsés, de leur assurer une assistance juridique et médicale adéquate, et de faciliter leur rapatriement dans des conditions dignes.
Négocier avec le gouvernement dominicain : Un dialogue constructif doit être engagé pour trouver des solutions durables à cette crise humanitaire, notamment en matière de régularisation des Haïtiens vivant en République Dominicaine. Pour une fois, ayez l’audace de discuter aux dirigeants dominicains en tant que nation souveraine.
Mobiliser la communauté internationale : Il est essentiel de solliciter le soutien de la communauté internationale, en mobilisant la carte diplomatique, pour faire pression sur la République Dominicaine afin qu’elle mette fin à ces expulsions et respecte la dignité des Haïtiens en tant qu’humains.
Mettre en place des programmes de réinsertion : Des programmes de réinsertion socio-économique doivent être mis en œuvre pour aider les personnes expulsées à retrouver une vie digne en Haïti. Ces programmes doivent notamment porter sur l’accès à l’emploi, au logement et aux services de base. C’est le moment d’utiliser cette force pour le renforcement de l’agriculture, de l’armée et des institutions policières.
Développer une synergie avec les organisations de droits humains qui interviennent :
Plusieurs organisations font de leur mieux avec leur maigre ressource pour essayer d’apporter un soutien à nos compatriotes. C’est le moment de développer une synergie avec ces organisations de la société civile pour offrir un meilleur accueil à nos ressortissants.
La Fondation Lorquet ne jure que par l’espoir de voir notre Haïti fleurir de nouveau, où nos filles et fils pourront profiter des richesses qu’offrait, dans le temps, et pourrait encore offrir ce coin, jadis, paradisiaque. Nous sommes convaincus que l’unité nationale est plus que jamais nécessaire pour faire face à ce défi. Mettons nos egos et nos divergences de côté et agissons pour le bien-être collectif.
Dans l’espoir que ce cri ne vous laissera pas insensible, Messieurs Président /Premier Ministre, l’expression de mes salutations distinguées.
Depuis le Québec (QC), Ce 27 octobre 2024
Jacquelin LIRISEMOND
Président
de la Fondation Lorquet pour une nouvelle Haïti
