Le gouvernement de transition vante des avancées en matière sécuritaire, mais dans les faits, rien ne peut témoigner un climat apaisé au sein de la population compte tenu de la situation de plusieurs quartiers encore occupés par des groupes armés et la réalité des routes nationales numéro 1 et 2 sous la coupole des gangs. Sur ce point, plusieurs organisations syndicales ont agité le débat sur les conditions non idéales de la rentrée des classes en Haïti à la croisée d’un contexte sécuritaire délétère.
Au lancement de la conférence-débat, lundi au Jardin Kiskeya à la rue Villemenay, le responsable de l’Union nationale des normaliens d’Haïti (UNNOH), Josué Mérilien a interpellé l’assistance sur l’incidence négative du phénomène de l’insécurité sur les activités socioéconomiques du pays. Des déplacés forcés occupent encore des espaces scolaires en dépit des annonces de relocaliser formulées par le gouvernement de facto.
Depuis le lancement des offensives armées sur des quartiers ciblés par les bandits, les chiffres ne cessent d’augmenter. On évoque des milliers de victimes de violence armée, des déplacés forcés, rappelle le syndicaliste de l’UNNOH. Les « territoires perdus », vulgarisés par l’ancienne ministre Emelie Prophète Milcé, n’ont pas été récupérés contrairement au slogan vide du Dr Garry Conille annonçant sur des opérations de reprise des villes, des quartiers, des maisons.
Dans un tel contexte, la rentrée scolaire se révèle un défi relevé. Sur le plan psychologique, moral, l’état d’esprit du personnel enseignant est mis à rude épreuves. Le responsable de l’UNNOH appelle à la responsabilité citoyenne appelant la population à s’engager contre les forces obscurantistes, les puissances du mal qui déstabilisent le pays. Il souligne la présence inutile des policiers kenyans engagés dans la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) en Haïti.
Le criminologue Eddy Paul Fleurant abordant le thème « Haïti : insécurité, quelle solution ?», décèle l’impact de l’insécurité sur les institutions et sa complexité. Il insiste sur le sentiment d’insécurité éprouvé par des milliers de citoyens vivant en Haïti soulignant la perception fausse et erronée véhiculée d’être en sécurité aux États-Unis d’Amérique, alors que dans ce pays, les chiffres démontrent l’assassinat d’un citoyen à chaque minute.
L’Union nationale des normaliens d’Haïti (UNNOH), le Syndicat pour la défense des employés de l’Office d’assurance des véhicules contre-tires (SDE-OAVCT), le Konbit des organisations politiques populaires et syndicales, le Syndicat du personnel du Ministère de l’Education nationale (SEMENFP), initiateurs de la conférence-débat annoncent le lancement le 18 novembre prochain d’une plateforme syndicale à Port-au-Prince dans l’optique de renforcer la lutte syndicale en Haïti.
Hervé Noel

