20 janvier 2026
Haïti : sortir de la crise sans les politiciens
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Haïti : sortir de la crise sans les politiciens

Par Reynoldson Mompoint

Cap-Haïtien, le 20 Janvier 2026

La solution par le haut, ou la dernière chance d’un pays pris en otage.

Haïti n’est pas en panne de discours. Haïti est en panne de crédibilité.

Depuis trop longtemps, chaque “sortie de crise” commence et finit avec les mêmes visages, les mêmes calculs, les mêmes trahisons. Les politiciens haïtiens, toutes chapelles confondues, ont épuisé leur capital moral. Ils ne sont plus une partie de la solution ; ils sont devenus une donnée du problème.

Il faut donc oser l’impensable : une sortie de crise sans eux.

I. Le constat : la politique a échoué, l’État est à reconstruire

Le pays est aujourd’hui fragmenté : la sécurité est confisquée par des groupes armés, la souveraineté est sous perfusion internationale,

l’élection est devenue un mythe administratif, et la politique, un marché de dupes.

Dans ce chaos, une évidence s’impose : aucun acteur politique en activité ne peut aujourd’hui conduire une transition crédible. Leur présence rassure les bailleurs cyniques, mais terrorise la population.

Il faut donc sortir du cercle fermé de la classe politique et confier la transition à une autorité morale et institutionnelle, issue d’un secteur apolitique, avec une mission limitée, claire, non négociable.

II. Le profil recherché : autorité morale, neutralité politique, crédibilité nationale

Haïti ne manque pas de femmes et d’hommes respectés. Mais peu cumulent quatre critères essentiels :

– Aucune appartenance partisane passée ou présente.

– Une crédibilité morale reconnue nationalement

– Une capacité de dialogue avec l’international sans soumission.

– Une distance réelle avec les réseaux économiques prédateurs.

À ce jour, une figure s’impose naturellement dans l’espace public, sans l’avoir cherchée.

III. La figure de l’autorité morale

Monseigneur Max Leroy Mésidor. Archevêque de Port-au-Prince. Homme d’Église, donc hors compétition politique. Voix constante contre la violence, les gangs, la corruption et l’abandon de l’État.

Monseigneur Max Leroy Mésidor n’est ni un sauveur autoproclamé, ni un ambitieux déguisé.

Il incarne ce qui manque le plus à la gouvernance haïtienne : la retenue, la parole juste et la légitimité morale. Il ne gouvernerait pas au nom d’un parti. Il ne parlerait pas au nom d’un clan. Il agirait au nom de la survie nationale.

IV. Le binôme de transition : morale et technique

Une transition ne se gouverne pas seulement avec de la morale. Elle se gère aussi avec de la méthode, de la rigueur et de l’ingénierie institutionnelle. C’est pourquoi la sortie de crise proposée repose sur un binôme clair :

Présidence de transition (autorité morale) Monseigneur Max Leroy Mésidor.

Primature technique (gestion opérationnelle) Frantz Duval.

Directeur de rédaction, analyste, intellectuel public. Frantz Duval n’est pas un politicien. Il n’est pas un chef de parti. Il n’est pas un entrepreneur électoral. Il est un homme de méthode, de diagnostic et de structuration. Un profil de Premier ministre technique, chargé non pas de faire de la politique, mais de faire fonctionner l’État.

– Mésidor incarne la légitimité

– Duval incarne l’ingénierie

L’un protège la transition de la dérive morale. L’autre protège la transition de l’improvisation administrative.

V. Le mandat : court, précis, non renouvelable

La mission serait technique, sécuritaire et électorale, sur une période maximale de 9 à 12 mois.

1. Rétablissement de la sécurité

-Coordination directe avec la PNH et les forces internationales existantes.

-Priorité absolue : ports, axes stratégiques, centres urbains, zones électorales.

-Désarmement ciblé, sans négociation politique avec les gangs.

2. Gouvernement de mission

-Cabinet restreint de technocrates apolitiques.

-Aucun ancien ministre, sénateur, député ou candidat.

-Transparence totale des finances publiques.

-Audit des contrats, marchés et douanes.

3. Organisation des élections en 2026

-Refonte du CEP avec des profils techniques indépendants.

-Calendrier électoral irréversible.

-Identification sécurisée.

-Logistique électorale protégée.

-Observation internationale sans tutelle politique.

4. Clause de sortie

-Interdiction constitutionnelle pour Mésidor et Duval de se présenter à toute fonction élective.

-Dissolution automatique du gouvernement après la proclamation des résultats.

-Transmission du pouvoir à des autorités élues.

VI. Pourquoi cette option dérange

Parce qu’elle ferme la porte :aux politiciens professionnels, aux entrepreneurs de crise, aux faussaires de la transition, aux “leaders” sans peuple mais avec agenda, aux marchands d’instabilité, aux sous-traitants locaux de l’ingérence internationale.

Cette option dérange parce qu’elle remet la morale et la compétence au centre de l’État, dans un pays où la politique est devenue une industrie de la prédation.

Conclusion : le choix historique

Haïti est à un carrefour brutal :

– soit elle continue à recycler les mêmes acteurs et les mêmes échecs,

– soit elle tente, pour une fois, une transition par la décence et la compétence.

Mésidor – Duval n’est pas un slogan. Ce n’est pas un duo de pouvoir. C’est un mécanisme de survie nationale.

Et l’Histoire jugera sévèrement ceux qui, par calcul ou par peur, auront préféré le chaos familier à l’audace du salut national.

Reynoldson Mompoint, Avocat, Communicateur Social, Journaliste

mompointreynoldson@gmail.com

WhatsApp +50937186284

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