L’Association nationale des médias haïtiens (ANMH) a exprimé sa vive inquiétude après la publication par le Conseil présidentiel de transition (CPT) d’un décret encadrant la liberté d’expression et réprimant les délits de diffamation et de presse. Dans une note rendue publique le 20 janvier 2026, l’organisation dénonce un texte qu’elle juge liberticide et contraire aux acquis démocratiques obtenus depuis la chute de la dictature.
Selon l’ANMH, le décret introduit pour la première fois dans la législation haïtienne des peines d’emprisonnement allant jusqu’à trois ans pour des délits de presse, assorties de lourdes amendes. L’association s’alarme également de dispositions renforçant les sanctions lorsque les faits sont commis via les réseaux sociaux, exposant journalistes et citoyens à des peines pouvant être doublées.
L’organisation critique en outre un traitement jugé discriminatoire, estimant que le texte protège de manière excessive les titulaires de fonctions publiques au détriment du reste de la société. Elle dénonce une volonté de réduire au silence toute expression critique, dans un contexte marqué par la publication simultanée d’un décret sur la Haute Cour de justice, adopté sans consultation préalable.
L’ANMH appelle à l’abrogation immédiate de ces textes et annonce un plaidoyer soutenu en faveur de solutions respectueuses de la liberté d’expression et de l’État de droit en Haïti.

