30 novembre 2025
Haïti | Corruption – L’ULCC recommande la mise en action publique contre trois conseillers-présidents et Raoul Pierre-Louis, de la BNC
Actualités Corruption Justice Société

Haïti | Corruption – L’ULCC recommande la mise en action publique contre trois conseillers-présidents et Raoul Pierre-Louis, de la BNC

Haïti : L’ULCC recommande la mise en action publique contre trois conseillers présidents et Raoul Pierre-Louis, ex-président du Conseil d’administration de la BNC

L’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) a publié mercredi un rapport accablant recommandant des actions judiciaires à l’encontre de trois conseillers-présidents (présumés braqueurs de banque), Dr Louis Gérald Gilles, Me. Emmanuel Vertilaire et Dr Smith Augustin, ainsi que Raoul Pierre-Louis, ancien président du Conseil d’administration de la Banque Nationale de Crédit (BNC). Ce rapport, s’appuyant sur des preuves de mauvaise gestion et de corruption, propose des recommandations tant administratives que judiciaires, afin de poursuivre et sanctionner les responsables.

En plus de dénoncer les violations présumées des lois anti-corruption, l’ULCC insiste sur la nécessité de réformer les pratiques administratives de la BNC. Le rapport propose une mise en mouvement de l’action publique fondée sur le respect des dispositions de l’article 5.3, un cadre légal qui régit la prévention et l’élimination des actes de corruption au sein des institutions publiques.

Cette action s’inscrit dans un contexte plus large de gouvernance en Haïti. Depuis les années 1980, la gestion publique s’est de plus en plus centralisée et bureaucratisée, avec une tendance à fonctionner de manière verticale, c’est-à-dire sous l’autorité stricte d’une hiérarchie administrative. Cette structure de gouvernance a permis des pratiques de corruption, souvent cachées derrière des actions passives ou des comportements qui contournent les réglementations.

Selon le rapport de l’ULCC, la mise en mouvement de l’action publique doit répondre à une gestion généralisée de la corruption. Au fil des décennies, la gouvernance verticale a facilité la mise en place de réseaux de corruption qui agissent de manière fonctionnelle, c’est-à-dire en usant de leur position pour influencer les décisions financières et administratives. Les articles 5.3 des lois anti-corruption soulignent cette dynamique, qui combine des actions directes (actes délibérés de malversation) et indirectes (passivité ou complicité tacite).

Le cas de la BNC illustre cette problématique : la banque, au cœur de la finance publique en Haïti, est devenue le théâtre de pratiques douteuses qui bénéficient à des personnes influentes, proches du pouvoir politique. La complicité supposée de Raoul Pierre-Louis, en tant qu’ancien président du Conseil d’administration de la BNC, révèle un niveau élevé d’implication dans ces pratiques illicites.

Face à ces constats, l’ULCC préconise non seulement des poursuites judiciaires contre les individus impliqués mais également une réforme en profondeur des mécanismes de contrôle interne des institutions financières haïtiennes. Ces recommandations visent à mettre fin à l’impunité qui règne dans la gestion des affaires publiques et à promouvoir une gouvernance plus transparente et responsable.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.