Ce poème est une réflexion sur la condition humaine et la lutte pour la dignité. L’homme reconnaît l’efficacité du serpent, qui s’adapte aux obstacles en rampant, mais lui, lòm ki gen mounite, choisit la voie difficile de rester debout malgré la douleur.
Le Serpent et l’Homme
Je serai parvenu sur ce mont rescapé,
Si comme toi j’avais rampé,
Si comme toi, sans os et sans vertèbres,
J’avais pu m’insinuer sous l’ombre et dans les ténèbres.
Mais moi, je suis un homme et j’ai marché debout,
Les bras tendus vers l’inconnu,
Mes pieds ont trébuché sur chaque pierre dure,
Je ne pouvais ni glisser ni plonger sous la brisure.
À chaque coup porté, ma tête a résonné,
Mais j’ai continué d’avancer,
J’ai fait face au soleil, j’ai fait face au destin,
Je n’ai courbé mon échine sous aucun chemin.
Je t’envie, toi, serpent, de ton art de ramper,
Mais je préfère tomber,
Je préfère l’âpre lutte et la douleur du fer,
Plutôt que de vivre sans jamais toucher la lumière.


