La visite de quelques heures du Secrétaire d’État américain, Antony Blinken, en Haïti, a suscité des réactions contrastées. Lors de cette visite, Blinken a annoncé une aide humanitaire de 45 millions de dollars pour le pays, tout en appelant la communauté internationale à soutenir la force de sécurité destinée à lutter contre la violence des gangs.
Il a également souligné l’importance de renouveler le mandat de la force multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), qui expire en octobre, avec la possibilité de la transformer en mission de maintien de la paix sous l’égide des Nations Unies.
Cependant, le parti « Rasin kan Pep la » a qualifié cette visite de « cosmétique », critiquant l’approche américaine. Dans une note, le parti a appelé Blinken à reconnaître la responsabilité des États-Unis dans la dégradation du climat sécuritaire en Haïti et à présenter des excuses au peuple haïtien. Ils estiment que l’influence américaine a exacerbé la crise actuelle plutôt que d’apporter des solutions durables.
D’autres voix ont également exprimé des réserves. Le professeur Roromme Chantal, spécialiste des relations internationales, a vu dans cette visite une tentative de renforcer l’influence américaine sur le pouvoir de transition en place. Selon lui, les États-Unis ne cherchent pas à favoriser un réel changement en Haïti, mais à consolider leurs intérêts dans le pays.
De son côté, Guichard Doré, ex-conseiller de l’ancien président Jovenel Moïse, a critiqué la gestion diplomatique du gouvernement haïtien lors de cette visite. Il déplore que les autorités n’aient pas saisi l’opportunité pour demander la levée des restrictions sur la vente de matériels militaires à Haïti, une mesure essentielle dans la lutte contre l’insécurité.
La visite de Blinken, bien que porteuse d’un message de soutien, a aussi fait émerger les critiques persistantes autour du rôle des États-Unis en Haïti. Si l’aide humanitaire est bienvenue, les attentes quant à un changement stratégique réel restent insatisfaites pour beaucoup.

