Les révoltantes violations des Droits socio-économiques des entrepreneurs, travailleurs et des Madan Sara à Port-au-Prince, l’INDDESC plaide le dédommagement des victimes
Depuis plusieurs années, la République d’Haïti peine à trouver la voie de la stabilité. Les gangs armés contrôlent et sèment la terreur. Les Écoles, usines, entreprises, marchés, ferment leurs portes. Les entrepreneurs gérant des petites et moyennes entreprises (PME), subissent directement les effets de l’insécurité. Près de 30% des PME ont été contraintes de fermer. Cette situation entraîne une perte de capital, une augmentation des dettes et une insécurité financière accrue.
Cette crise qui s’accentue chaque jour met à nu et sape les fondements des droits humains, notamment les droits socio-économiques de diverses catégories de travailleurs, particulièrement les professeurs, les ouvriers des factories, les entrepreneurs et les marchandes ambulantes, connues sous le nom de « Madan Sara ». Ces groupes sociaux déjà victimes de l’inégalité sociale, encore plus touchés de plein fouet, appellent à des actions immédiates afin de sauver leur existence menacée par la pauvreté extrême avec un fond d’indemnisation mise en place par l’État.
Après les dérives du 29 février 2024, les écoles de la zone métropolitaine ont fermé leurs portes. Des milliers de professeurs se sont retrouvés sans emploi ni revenu. Près de 7,000 professeurs sont ainsi affectés par ces fermetures d’écoles. Environ 85% des professeurs sont incapables de pouvoir subvenir aux besoins de base de leurs familles, tels que la nourriture, le logement et les soins médicaux. Ils sont privés de leur droit au travail, les élèves ne peuvent plus accéder à l’éducation, et les familles des professeurs sont incapables de subvenir à leurs besoins primaires. Ces violations des droits socio-économiques mettent en péril l’avenir de milliers de familles et d’enfants n’ayant pas accès à une éducation adéquate.
Quant aux usines, principales sources d’emploi pour de nombreux Haïtiens, ont également cessé leurs activités à cause de l’insécurité. Environ 20,000 ouvriers se sont retrouvés ainsi sans emploi. La perte de revenus plonge ces familles dans une situation de précarité extrême. La fermeture des usines et la perte d’emploi des ouvriers représentent une grave violation du droit au travail. De plus, cette situation compromet le droit à un niveau de vie suffisant, car les familles des ouvriers peinent à subvenir à leurs besoins fondamentaux. La précarité de ces travailleurs est un reflet direct de la crise sécuritaire actuelle.
Les Madan Sara, essentielles à l’approvisionnement en produits frais et vivriers, ne peuvent plus accéder aux marchés en raison de l’insécurité. Des milliers de marchandes se retrouvent dans l’impossibilité de travailler, ce qui entraîne une perte de revenus et aggrave leur précarité ainsi que celle de leurs familles. Elles sont privées de leurs moyens de subsistance, ce qui constitue une violation de leur droit. De plus, elles sont exposées à des risques de violence et de pauvreté abjecte. Leur droit à la sécurité et à une vie décente est bafouée.
L’Institut National de Défense des Droits Economiques, Sociaux et Culturels (INDDEDC) dirigé par Maître Frédo Jean Charles appelle à des mesures urgentes pour assurer la sécurité dans la zone métropolitaine. Il lance un plaidoyer aux autorités pour fournir un soutien financier d’urgence aux travailleurs et marchandes affectés et de mettre en place des programmes de dédommagement pour les victimes de cette crise infernale.
Me Frédo Jean Charles, militant des Droits Economiques, Cociaux et Culturels (DESC) et Président de l’INDDESC

