29 septembre 2026
Haïti – Politique : Les Droits Humains pris au piège
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Haïti – Politique : Les Droits Humains pris au piège

par Me. Louimann MACEUS

Les droits humains sont pris au piège par l’État et les organisations des droits humains ainsi que par la Société Civile, qui font de la politique pour prendre certaines positions ou soutenir certains groupes.

Il est un fait que le respect des Droits de la personne humaine en Haïti est peu pris en compte par les organisations des Droits Humains, car elles se confondent avec des organisations politiques dans leur démarche. Cela constitue une grave erreur et les rend décriées aux yeux de la population.

Autant de dérives et de violations systématiques sont commises sans attirer l’attention de personne. Les gens vivent dans des situations inhumaines, dégradantes et humiliantes dans le pays, particulièrement dans les zones métropolitaines. On pourrait se demander s’il y a des hommes et des femmes honnêtes et conscients qui sont aux commandes.

Voyons un constat sur le plan alimentaire : selon la FAO, Haïti est actuellement le seul pays de la région à connaître de manière récurrente une crise alimentaire sans précédent. Le premier pays noir libre et indépendant est désormais parmi les pays les plus menacés par la famine au monde et figure parmi les cinq pays où plus de 10 % de la population est en état d’urgence alimentaire. Mais où est passé le ministre des Affaires sociales et du Travail ?

Quelle est la responsabilité de l’État Haïtien dans tout cela ? Or, la constitution haïtienne stipule dans son article 19 : « L’État a l’impérieuse obligation de garantir le droit à la vie, à la santé, et au respect de la personne humaine à tous les citoyens sans distinction, conformément à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. » Combien de ces droits sont garantis ?

Plus de 1,6 million d’Haïtiens souffrent d’un déficit de consommation alimentaire exagéré. Plus de la moitié de la population, soit 6 millions d’Haïtiens, pourrait être frappée de plein fouet par un niveau élevé d’insécurité alimentaire aiguë dans les jours qui viennent, car aucune priorité n’est accordée au respect des droits de la personne humaine.

Sur le plan sécuritaire, le pays est vidé. Tout est hors de contrôle. En dépit des changements opérés au sein du Haut Commandement de la police nationale (PNH), les groupes armés continuent de régner, semant le désordre et la peur au sein de la population civile. Les cas d’enlèvement se poursuivent, les disparitions, les assassinats et les territoires perdus s’accroissent, autant de femmes et filles sont violées et terrorisées sous les regards passifs des autorités.

Le dernier fait en date est la prise par les groupes armés de la commune de Gressier, ceci sous le gouvernement Conille et avec la présence des Kényans sur le sol haïtien. La population fuit sans destination réelle. Des enfants, des personnes âgées, et des femmes enceintes ne sont même pas épargnés.

Il est inacceptable de constater la passivité du gouvernement de facto de Monsieur Conille, même si c’est encore tôt.

L’État a failli, tous les symboles de l’État sont abattus.

Avec un CPT depuis des mois actuellement l’objet de scandale de corruption ; depuis un mois déjà, un nouveau gouvernement de facto est installé avec le PM Gary Conille à sa tête ; plus de 15 jours après l’installation d’un nouveau directeur général de la police nationale d’Haïti, le désespoir plane et se renforce sur les visages de chacun.

Des promesses sans fondement ni plan de réalisation, l’impatience de la population demeure. La corruption, l’injustice, l’impunité, l’inégalité croissante, le chômage, et les violations flagrantes des droits humains sont les principaux héritages des gouvernements passés. Ces éléments caractérisent aussi l’actuel gouvernement de facto.

Comme avocat, défenseur et éducateur aux droits humains et dirigeant d’une organisation, il est fondamentalement important qu’une priorité soit accordée au respect des droits humains. Particulièrement le droit à la vie, à l’éducation, au travail, à un logement décent, à la sécurité, à une justice équitable, etc. Et si l’on veut réellement, je le répète toujours, « la solution à la crise haïtienne doit passer obligatoirement par le respect des Droits Humains ou une approche basée sur le respect des Droits Humains. »

Donc, ce gouvernement actuel dirigé par le Premier ministre Garry Conille et ses consorts doit pouvoir mobiliser les ressources de l’État pour donner le signal.

Me. Louimann MACEUS,

Av. Sec. Gl. ECCREDHH Défenseur et Éducateur aux Droits Humains Spécialiste en Droits Humains et en Droit International Humanitaire CUHD/GENÈVE Membre Amnesty International Spécialiste en Politique Publique des Droits de l’Homme à IPPDH/CIDH/ Mercosur Ex-Point Focal OSI-HAÏTI (Objectif Sciences International) Ethnojuriste@gmail.com +509 3620 3405 +509 3314 9832

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