Dans toutes situations de crise qui peuvent mettre en péril l’existence d’une Communauté
historique, la présence de lanceurs d’alerte se révèle indispensable. Car le courage de celui
qui dirige est toujours mis à l’épreuve. C’est le moment où le peuple doit juger de l’importance
qu’il a eue aux yeux des acteurs politiques savoir : ceux qui le gouvernent et ceux qui aspirent à
prendre le pouvoir. C’est le moment aussi où le peuple doit juger et mesurer le niveau
d’engagement de ses leaders et leur esprit de dépassement de soi pour s’impliquer dans la
recherche de solutions des problèmes de leur pays.
Les lanceurs d’alerte, considérés comme des créateurs politiques, peuvent-être : un
Intellectuel, un visionnaire, un personnage illuminé, un critique éclairé ou un Prophète.
Ils en existent dans chaque domaine et chaque sphère de la vie nationale. Ce sont de
véritables Sentinelles, des rêveurs éveillés, porteurs d’un discours prophétique destiné à
indiquer au peuple la meilleure voie ou la meilleure décision à prendre pour assurer son salut,
son destin.
Dans ce même ordre d’idée, Winston Churchill, face à la politique de Neville CHAMBERLAIN,
Premier Ministre Britannique en 1938, eut à déclarer : « Vous aviez le choix entre la guerre et
le déshonneur. Vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre, ce moment restera à
jamais gravé dans vos cœurs”.
C’est cette déclaration politique que nous allons essayer d’analyser, dans ce présent article,
dans le contexte de crise politique haïtienne aux fins de rendre justice à trois personnages
emblématiques déjà partis pour l’Orient Eternel le Bâtonnier Monferrier DORVAL et le sénateur
Dr Turneb DELPÉ et le Journaliste Liliane PIERRE PAUL en rappelant certaines propositions de
sortie de crise faites par eux et ensuite proposer quelques pistes de solutions pouvant sortir le
pays du chaos actuel dans lequel il s’enlise actuellement.
La presente analyse sera faite selon un schéma triptyque. Premièrement le discours de Winston
Churchill sera replacé dans son contexte. Deuxièmement, sa déclaration sera analysée et
commentée en rapport avec le contexte de crise actuel de la société haïtienne et troisièmement
nous analyserons les propositions et suggestions faites au peuple Britannique dans sa propre
situation aux fins de tirer des conclusions dans le contexte de crise actuel d’Haïti pour en faire
des propositions pour une meilleure gouvernance.
I- Contexte historique de la déclaration de Winston Churchill.
Winston Churchill fut un militaire et un homme politique Britannique, clairvoyant et perspicace.
Il est né à Woodstock en Angleterre, le 30 novembre 1874 et mort le 24 Janvier 1965 à
Londres.
Membre du parti conservateur avec un passage éclair au parti libéral, Winston Churchill fut élu
député à la Chambre des Communes en 1924 et fut en opposition avec la politique laxisme du
Premier Ministre Neville Chamberlain du Royaume-Uni face aux menées de l’Allemagne Nazis
dirigé par Adolf Hitler.
Dans les années 1930, il afficha clairement sa position contre la politique de conquête menée
par Adolf Hitler qui interprète, à sa manière, le principe de l’autodétermination des peuples à
disposer d’eux-mêmes pour conquérir sournoisement les territoires occupés par les habitants
de la Tchécoslovaquie en essayant de manipuler les dirigeants de certains pays.
L’accord de Munich signé en 1938 entre les quatre pays : l’Allemagne représenté par Adolf
Hitler, la France représenté par Édouard Daladier, le Royaume-Uni par Neville Chamberlain et
l’Italie représenté par Benito Mussolini, qui permet à l’Allemagne d’annexer les territoires de la
Tchécoslovaquie, occupée majoritairement par des Allemands, en violation du principe
d’autodétermination des peuples à disposer d’eux-mêmes, suscite la colère de Winston
Churchill contre Neville Chamberlain. Car, non seulement il savait déjà qu’Adolf Hitler n’allait
pas respecter un tel accord dans sa globalité. Mais Il reconnait également qu’il est indigne de
violer un principe universellement reconnu. Est-ce pourquoi il eut à lui déclaré :” vous aviez le
choix entre la guerre et le déshonneur, vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la
guerre, ce moment restera gravé dans vos cœurs”.
Une telle déclaration avait une portée prophétique puisque Adolf Hitler n’avait pris trop de temps
pour lancer une déclaration de guerre contre la Belgique et le Pays-Bas.
Face à l’imminence des forces allemandes sur les frontières britanniques de l’Ouest et devant
l’inertie de Neville Chamberlain, le Roi Georges VI a nommé Winston Churchill comme
nouveau Premier Ministre avec charge de monter un nouveau Gouvernement le 10 Mai 1940.
Trois jours plus tard, devant la Chambre des Communes, Churchill a harangué les citoyens
britanniques par un discours qui reste encore vivant au-delà de sa tombe et qui a su insuffler
l’énergie nécessaire aux pays alliés victorieux de la seconde guerre. En voici un extrait: “ je
n’ai rien d’autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur. Nous avons
devant une épreuve des plus douloureuses. Nous avons devant nous de nombreux et
longs mois de combat et de souffrance”. Avec quel objectif? “ la victoire à tout prix, la
victoire en dépit de la terreur, la victoire aussi long et dur que soit le chemin qui y
mènera; car sans victoire, il n’y a pas de survie”. (Réf : Winston Churchill, 1940,
discours prononcé devant la Chambre des Communes, Citations politiques expliquées
2012, Eric Keslassy, page 37).
II- Analyse et portées du discours de Winston Churchill dans le contexte de crise
haïtienne.
Comme Churchill, dans la Communauté Haïtienne, plusieurs voix se sont fait entendre pour
indiquer au peuple haïtien et plus particulièrement à ses dirigeants que la voie sur laquelle ils
mènent la barque nationale n’est pas celle du salut. Pour ne pas faire de jaloux, je m’abstiens à
citer les noms de tous ceux qui prêchent encore dans le désert pour avoir porté des discours et
écrit des articles publiés dans les journaux, dirigé des travaux de recherche , tous contenant
des propositions ou des suggestions utiles pour résoudre certains problèmes auxquels est
confronté notre chère patrie. Mais honorer la mémoire de tous ceux qui sont partis avec leur
rêve cher pour Haïti, j’en appelle à la population de se souvenir de :
1o) Me. Monferrier DORVAL, notre Bâtonnier de l’Ordre des Avocats du Barreau de
Port-au-Prince dont le Sang coule encore vif sur tout le territoire de la République d’Haïti, criant
et demandant justice pour le peuple haïtien qui vit encore dans les conditions les plus abjectes.
Constatant le dysfonctionnement de presque toutes les Institutions Républicaines, Il a eu le
courage de cracher la vérité au plein visage des dirigeants en place pour leur dire : “que le pays
n’est ni dirigé ni administré”. Tout allait dans un sens contraire à sa vision. Car, pour lui, la
politique est l’art de rendre les gens heureux. (Réf. YouTube, Interview accordée avec MTVC,
Julio Midy, Ch. 283 sur Comcast). Comment rendre le people heureux quand sa sécurité n’est
pas assurée ? Comment rendre le peuple heureux que son droit à la libre circulation ne soit
pas garanti ? Comment le peuple heureux quand les bandits occupent près de 80% du
territoire de la région métropolitaine ? Comment rendre le peuple heureux quand des citoyens
sont chassés de leurs maisons sous le regard passif des autorités en place ? Comment rendre
le peuple heureux dans une République bloquée où les citoyens ne peuvent pas manger à leur
faim. La liste est longue et non exhaustive.
Le Bâtonnier Monferrier DORVAL, digne fils de la Patrie Haïtienne et citoyen du monde donne
aux dirigeants des consultations sur les modes de fonctionnement d’un système démocratique.
Fier de lui, il se dit être appartenu à l’Etat, à la Nation qui l’a vu naitre.
Sentant le déshonneur sur son visage face à un pays qui n’est ni dirigé ni administré, il se
demande même : comment un pays qui a connu Jean Jacques Dessalines, Henri Christophe,
Toussaint Louverture, Jean Price Mars, Louis Joseph Janvier, Jacques Stéphen Alexis, Anténor
Firmin, Monferrier DORVAL peut se trouver dans une telle situation. Il dit que le pays a toutes
les compétences qu’il faut pour pouvoir se diriger tout seul. Il n’a pas besoin des diktats des
puissances impérialistes. Il suffit d’accepter de respecter les principes démocratiques et
permettre aux Institutions de remplir leurs rôles.
Que l’Exécutif remplisse ses attributions, le Parlement exerce son rôle de contrôle et le pouvoir
judiciaire sa mission de juger et d’appliquer la loi.
Que chaque pouvoir reste dans ses limites.
Le parti politique vainqueur aux élections et ayant la majorité au parlement, forme son
Gouvernement et exécute son programme. Donc la majorité, dit-on, impose sa loi à la minorité
qui forme l’opposition et constitue le contrepoids au pouvoir de la majorité. Quelle belle leçon
démocratique !
2o) Le Dr Turneb DELPÉ a passé la majeur partie de son temps à prêcher aux oreilles des
dirigeants comme pour attirer leur attention sur la nécessité d’organiser une Conférence
Nationale en vue de jeter les bases pour un accord politique pouvant déboucher sur un Pacte
de Gouvernabilité pour Haïti. Il n’a pas pu réussir à convaincre les Dirigeants Haïtiens et le
pays continue son cycle infernal de descente aux enfers.
3o) le journaliste Liliane PIERRE PAUL a su lutter jusqu’à sa mort pour une sorte de justice
sociale et pour l’établissement d’un État de Droit assorti d’hommes compétents, honnêtes et
intègres, issus d’élections libres , honnêtes et transparentes élus à la tête des Institutions du
Pays.
De telles positions sont sûrement aux prises avec les puissances impérialistes qui veulent
coûte que coûte nous maintenir captifs dans les chaines pour la défense de leurs intérêts
inavouables et inavoués.
Face aux progrès d’Haïti, tous dirigeants sérieux doivent savoir qu’ils sont en guerre. Ils doivent
pouvoir choisir entre la guerre et le déshonneur. Cette guerre peut revêtir différentes formes :
a) Elle peut prendre la forme d’une lutte contre les puissances impérialistes qui veulent
toujours avoir les mains mises sur les richesses matérielles et immatérielles du Pays et
exercer un contrôle effectif par représentation ou d’interposition dans tous les allés du
Pouvoir en Haïti. C’est cette lutte qu’on est en train de mener en Afrique contre la
France avec le « mouvement Panafricanisme » qui commence à donner de bons
résultats. C’est un véritable combat pour le rapatriement de la souveraineté nationale et
de la dignité de tout un peuple. Dans ce cas, le signal vient d’en haut. Des Elites.
b) Elle peut prendre aussi la forme d’une lutte populaire traversée par un courant d’éveil
de conscience. Dans ce cas, le peuple se rend compte qu’il est manipulé par ses
dirigeants qui ne travaillent pas dans le sens de ses intérêts mais remplissent plutôt
leurs rôles de rentiers au profit de leurs patrons étrangers.
Le discours de Churchill peut bien servir pour apporter un certain éclairage dans la situation de
crise actuelle d’Haïti, selon que vous vous êtes placés au coté des dirigeants qu’au coté des
gouvernés.
A- Face aux puissances impérialistes :
il est temps pour un groupe d’hommes consciencieux de faire l’ultime sacrifice nécessaire pour
tirer Haïti de cet enfer infernal. Haïti est un Etat Souverain. Son destin dépend uniquement de
ses filles et fils. Car, dit-on, les Etats n’ont pas d’amis. Ils n’ont que des intérêts.
Il est temps pour les dirigeants et le peuple haïtien de comprendre qu’Haïti est leur plus Grand
Bien qu’Ils possèdent et qu’aucun sacrifice n’est trop grand pour la sauver.
Quand la guerre est inévitable, tout dirigeant sérieux doit avoir le courage de s’y engager, de
puiser dans ses ressources ancestrales les forces nécessaires pour résister et vaincre l’ennemi.
Haïti n’est pas en guerre contre un autre pays physiquement. Mais les puissances impérialistes,
ennemies déguisées en amis d’Haïti veulent créer le chaos dans le pays en fournissant des
armes de guerre à nos frères mal orientés pour alimenter le climat d’insécurité et transformer
le pays en une entité chaotique ingouvernable.
Face aux gouvernants et gouvernés haïtiens :
A l’heure actuelle, où nous vivons un moment difficile de notre histoire, il est temps de prendre
conscience de notre état comme peuple.
La Bible dit que “ la méchanceté se propage partout quand la bassesse règne parmi le
peuple”.
Qu’adviendra-t-il si la bassesse règne parmi les dirigeants ?
Le premier devoir d’un Chef d’Etat ou d’un Chef gouvernement, c’est de pouvoir assurer la
sécurité de son territoire et de ses citoyens. C’est d’assurer la survie de la Communauté
historique et la protection de ses droits. Quand cette mission n’est pas remplie, il tombe dans le
déshonneur.
C’est un déshonneur pour un peuple d’avoir des dirigeants qui soient incapables de prendre de
bonnes décisions pour assurer sa survie, son destin.
C’est un déshonneur pour un peuple d’avoir des dirigeants qui, au lieu de défendre les intérêts
collectifs de la Nation, livrent le pays aux pillages des Étrangers pour conserver son pouvoir.
C’est un déshonneur pour un peuple de n’avoir pas la force et l’intelligence nécessaires pour
résister face à la tyrannie.
C’est un déshonneur pour tout un peuple d’avoir des dirigeants qui, par crainte de combattre ou
de lutter contre la force d’un tyran, ont préféré se mettre au coté de ce dernier pour détruire un
autre pays en violation même d’un principe universellement reconnu. Le principe de
l’autodétermination des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Comment, les Élites d’une Nation aussi fière comme Haïti, laissent-elles leur pays descendre à
un tel niveau au point qu’elles ne puissent décider par elles-mêmes du destin de leur patrie ?
Le major a eu raison de dire : « la honte couvre à nous tous le visage.», C’est l’heure de nous
réveiller et prendre conscience que nous sommes en train de détruire notre Maison Commune :
Haïti. C’est l’heure où chacun doit rendre compte pourquoi, comme dit le chanteur africain, il a
laissé aux salauds de mettre le feu à son paradis et faire des propositions et suggestions pour
le salut d’Haïti.
III- Les propositions de Churchill dans le contexte de crise haïtienne.
En écrivant ce texte, j’assume déjà les critiques qui se porteront sur les contextes
géographiques, politiques et historiques qui ne sont pas les mêmes.
J’assume aussi que, ce qui fait la différence dans notre cas, c’est la perspicacité du leader qui
occupe le sommet de la hiérarchie politique ; c’est la capacité du gouvernant à reconnaître la
valeur intrinsèque des intellectuels et des cadres supérieurs de son pays. C’est sa capacité à
reconnaître la valeur et l’autorité de la science dans la gouvernance publique.
Sans science et sans esprit d’engagement, aucun homme politique ne peut jamais donner de
bons résultats.
C’est ce qui a guidé le Roi GEORGES VI, lorsqu’il a choisi Winston CHURCHILL à la place de
Neville Chamberlain en 1940 avec pour mission d’assurer la défense du Territoire Britannique.
Face à l’imminence des forces allemandes sur les frontières britanniques et devant l’inertie de
Neville Chamberlain, le Roi Georges VI a nommé Winston Churchill comme nouveau Premier
Ministre avec charge de monter un nouveau Gouvernement le 10 Mai 1940.
Trois jours plus tard, devant la Chambre des Communes, Churchill a harangué les citoyens
britanniques par un discours qui reste encore au-delà de sa tombe et qui a su insuffler l’énergie
nécessaire aux pays alliés victorieux de la seconde guerre. En voici un extrait: “ je n’ai rien
d’autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur. Nous avons devant
une épreuve des plus douloureuses. Nous avons de nous de nombreux et longs mois de
combat et de souffrance”. Avec quel objectif? “ la victoire à tout prix, la victoire, en dépit
de la terreur, la victoire aussi long et dur que soit le chemin qui y mènera; car sans
victoire, il n’y a pas de survie”. ( Réf : Winston Churchill, 1940, discours prononcé
devant la Chambre des Communes. idem, Citations politiques expliquées 2012, Eric
Keslassy, page 37).
Dirigeants de mon Pays, Haiti, pour n’avoir pas voulu perdre les sympathies des leaders
des puissances impérialistes, vous avez choisi le déshonneur face à votre propre
peuple. Contrairement à Nayim Bukele, le Président Salvadorien, vous avez laissé aux
salauds impérialistes, aux konzés nationaux , de mettre le feu à notre paradis au bénéfice
de leur industrie militaire internationale et pour des rentes. Quand ils mettent sur vous
les dirigeants, l’embargo pour acheter des armes pour vos forces constitutionnellement
reconnues, ils vendent des armes aux bandits pour semer la pagaille dans le pays. Ainsi ,
vous avez la guerre dans votre propre pays, sans être en face d’une force étrangère. Le
pays est devenu une entité chaotique ingouvernable par votre manque de vision, votre
manque d’engagement patriotique.
Pour votre salut et le salut de tout un peuple, trouvons une solution négociée pour éviter
un chaos sanglant au Pays de Jean Jacques Dessalines.
Ce sera au bénéfice de la Patrie commune.
Me Aunondieu GESTE, av
Criminologue, Etudiant en Sciences Politiques.
Ecrit à Olivier, 2eme Plaine de Petit-Goâve,
Le 6 Février 2024

