Port-au-Prince/Corruption/Rapport
Les 11 rapports d’enquête transmis mercredi aux autorités judiciaires révèlent que les pertes et manques à gagner générés par les actes de corruption, de malversation, de faux en écriture publique, d’enrichissement illicite documentés par l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), sont estimés à plus de 4 milliards, soit 2% du budget national 2023/2024.
À propos de l’ancien sénateur Nenel Cassy, l’ULCC révèle qu’en la période 2016-2017, son patrimoine a subi une variation à la hausse de l’ordre de vingt-huit millions vingt-cinq mille quatre cent soixante-dix gourdes (28,025.470.82) soit une augmentation exponentielle de 277%.
« En outre, l’acquisition d’une bague en or et en diamant d’une valeur estimative de six mille huit cents (6,800) dollars américains, réalisée en 2019 ainsi que celle de trois montres de marque Rolex, cartier et Tag heuer faite en 2019 et 2021. Ces trois montres ont une valeur estimative respective de quatorze mille deux cent cinquante (US 14,250.00) dollars américains, trois mille quatre cents (US3,400.00) dollars et trois mille neuf cents (US 3,900.00) dollars américains », dévoile le rapport.
En ce qui concerne le cas de l’ex-sénateur Willot Joseph, l’ULCC réitère sa demande de mise en mouvement de l’action publique à son encontre pour n’avoir pas fait sa déclaration de patrimoine. Elle recommande également, sur la base des faits, la mise en mouvement contre l’ancien parlementaire pour usage de faux, en l’espèce un faux certificat positif de déclaration de patrimoine, ce, suivant les dispositions de l’article 110 du code pénal haïtien en vigueur.
Les cas documentés ayant rapport à l’Office national d’assurance vieillesse (ONA), révèlent que l’ex-directeur général Jemley Marc Jean-Baptiste au lieu de doter l’institution de nouveaux véhicules pour combler les besoins dans de ce domaine avait préféré louer en nette violation de la loi, des véhicules au nom de l’ONA (dont des blindés) pour des sommes exorbitantes.
« À cause de ces contrats et autres cas actes irréguliers, le trésor public accuse un manque à gagner d’environ soixante et un millions deux cent quatre-vingt-quatorze mille huit cent vingt-trois gourdes (61,294,823.74) et de Cent soixante mille dollars américains (160,000.00USD) », précise le rapport de l’ULCC.
Sur la base des dossiers enquêtés, le directeur général de l’ULCC Me Hans Ludwig Jacques Joseph soutient que le trésor public a été saigné à blanc. À présent, la justice haïtienne se retrouve dos au mur en ce qui concerne les recommandations de poursuites formulées, selon des observateurs.
Hervé Noel

