C’est avec un cœur lourd et un esprit tourmenté par l’injustice qui se profile au sein même de notre Police nationale d’Haïti (PNH) que j’écris ces lignes. Un épisode de deux poids deux mesures qui ébranle la confiance dans notre institution républicaine, une pratique qui rappelle des jours sombres que nous, en tant que peuple, avons tant espéré laisser derrière nous.
C’était en décembre 2021, un mois où l’on aurait dû célébrer l’avancement, la méritocratie au sein de notre force de l’ordre. Un concours de franchissement de grade, du rang d’inspecteur divisionnaire au titre prestigieux de commissaire de police. Plus de mille vaillants policiers et policières ont relevé le défi, se sont investis corps et âme dans l’espoir d’une ascension bien méritée.
Mais voilà, un nuage d’injustice plane au-dessus la Police nationale, insidieuse et inacceptable. Sur plus de 1000 participants, seulement 193 ont réussi à atteindre la moyenne exigée. Pas une surprise, c’est le jeu de la compétition. Cependant, la vraie surprise vient après, un coup de théâtre qui pourrait faire rougir même les plus cyniques.
Pour des raisons que la rédaction ignore, 97 aspirants commissaires ont eu le privilège d’être appelés par les autorités pour entamer les séances de formation en vue de leur graduation. Leurs noms ont été prononcés, leurs destins scellés vers l’élévation tant convoitée. Pendant ce temps, les 96 autres aspirants se trouvent dans l’attente depuis près de deux ans, laissés dans l’ombre de l’incertitude.
Une attitude inacceptable
Cette disparité flagrante dans le traitement des aspirants commissaires suscite des interrogations légitimes et alimente un sentiment d’injustice au sein de la PNH. Pourquoi un tel écart dans le traitement des promotions au sein de la Police nationale, une institution censée être le pilier de la justice et de l’équité dans notre société ?
Appel à l’Équité et à l’action
La rédaction de cet article s’associe à la voix de ces 96 aspirants, dans l’attente de la lumière sur leur sort. Nous appelons les autorités de la PNH à prendre les mesures nécessaires pour débuter les séances de formation de ces aspirants qui ont, par leur mérite, réussi le concours. L’équité et la transparence doivent régner au sein de l’institution policière, garantissant que chaque membre, sans distinction, bénéficie des opportunités qui découlent de leur réussite aux examens.
C’est là que réside le cœur du problème. Un défi à l’éthique, une brèche béante dans le mur de l’équité. Pourquoi ce traitement différencié, cette séparation entre ceux qui peuvent avancer et ceux qui sont laissés dans les coulisses de l’oubli ? C’est une question qui ne mérite plus que des silences et des évasions rhétoriques.
Le droit à la promotion et au service à la population
Les 96 aspirants commissaires en attente ont juré de servir la population haïtienne avec honneur, dignité et dévouement. Leur promotion doit être respectée, et ils méritent de jouir pleinement des avantages qui y sont associés. En les laissant dans l’expectative, non seulement on entrave leur progression professionnelle, mais on affaiblit également la confiance dans les fondements mêmes de l’institution policière.
Appel à la réaction citoyenne
En conclusion, cet article s’adresse non seulement aux autorités de la PNH mais également à la conscience citoyenne. L’injustice au sein de nos institutions doit être dénoncée, et les mesures correctives doivent être prises rapidement. Les 96 aspirants commissaires attendent, avec légitimité, la mise en œuvre de leur promotion, et il est de notre devoir de faire entendre leur appel pour un traitement équitable au sein de la PNH.
Nous devons crier haut et fort contre cette injustice qui prend racine depuis trop longtemps dans nos propres institutions. Nous exigeons des autorités de la PNH de prendre les mesures nécessaires, sans délai, pour démarrer les séances de formation pour les 96 autres aspirants commissaires. Ils méritent de jouir pleinement de leur promotion, de servir la population comme ils l’ont juré de le faire.
C’est un appel à l’action, un appel à la justice. Nos forces de l’ordre doivent être un modèle d’éthique, de transparence et de justice. Les aspirations de ces 96 policiers en attente ne peuvent être ignorées. Haïti mérite une PNH qui respecte ses propres principes, qui s’élève au-dessus de la médiocrité et qui trace un chemin éclairé vers un avenir meilleur. Nous sommes tous témoins de cette situation, et il est de notre devoir, en tant que peuple, de demander des comptes et de réclamer une justice qui ne fait pas de distinction entre ceux qui servent notre nation.
Jean Elder Lundi
jlundi39@gmail.com

