8 octobre 2026
Banditisme et criminalité : la société civile de plusieurs villes dans l’Artibonite s’engage
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Banditisme et criminalité : la société civile de plusieurs villes dans l’Artibonite s’engage

Insécurité : Rencontre visioconférence des acteurs de la société civile aux Gonaïves

Dans le contexte d’une montée de la violence et de l’insécurité dans plusieurs communes de l’Artibonite, la société civile de la région a pris l’initiative de former la Commission Dialogue Réconciliation pour Sauver l’Artibonite (CDRSA). Cette commission, composée de membres de la société civile de Saint-Marc, Liancourt, Verrettes, et Gonaïves, vise à unir les efforts pour faire face à l’insécurité grandissante qui prévaut dans la région. Une première réunion en visioconférence est prévue pour le vendredi 27 octobre 2023 afin de discuter des actions à entreprendre.

Depuis plus de quatre ans, les habitants de l’Artibonite sont confrontés à la menace constante des gangs armés, notamment à Petite Rivière-de-l’Artibonite, aux Gonaïves et à Montrouis. Malheureusement, aucune action significative des autorités publiques n’a été entreprise pour mettre fin à l’impunité de ces criminels. Face à cette situation alarmante, des membres de la société civile de la région ont décidé de se mobiliser pour trouver des solutions collectives.

La commission de la société civile, composée de personnalités telles que Bertide Horace, Kerleau Norélus, Evens Juste, Marguerite Déneus, Fresnel Louis, Stephanie Louis, et Alcide Volcy, s’est engagée à lancer un processus de dialogue visant à relever les défis de l’Artibonite.

Les enjeux majeurs

La crise d’insécurité généralisée qui sévit dans le département de l’Artibonite a des répercussions graves sur l’économie, l’alimentation, et la société en général. En tant que « poumon » du pays, l’Artibonite est aujourd’hui paralysée par l’insécurité, avec une prévalence alarmante des armes à feu. La population vit dans la terreur, avec environ 80% des jeunes de la région armés. Parmi eux, 40% sont liés aux « procès terre, » 30% sont associés à des gangs armés, et 10% forment un petit groupe tentant de résister aux gangs pour protéger leurs foyers.

Le phénomène des enlèvements est devenu une entreprise lucrative dans la vallée de l’Artibonite, touchant environ 75% des agriculteurs de la région, qui ont été victimes d’enlèvements, de viols collectifs, de vols, ou de tortures. Malheureusement, certains d’entre eux ont été abandonnés par leurs ravisseurs, leurs familles étant dans l’incapacité de payer les rançons exorbitantes demandées pour leur libération. Ces tragédies ont atteint un niveau insoutenable, certains paysans ayant été décapités et jetés dans les rivières après des mois de torture.

Le secteur agricole, pilier de l’Artibonite, est aujourd’hui en danger. Les canaux d’irrigation essentiels à l’agriculture de la région sont gravement endommagés, mettant en péril les récoltes. De plus, la plus grande ferme d’expérimentation de semences du pays est sous le contrôle d’un gang surnommé « gran griff, » ce qui entrave la productivité agricole. Sur les 52 000 hectares de terres agricoles de la vallée, seuls 15% sont exploités, et 5% d’entre eux nécessitent l’approbation des gangs pour travailler. Le taux de réussite des plantations est alarmant, atteignant seulement 2% sur les terres exploitables.

Les investisseurs agricoles, déjà confrontés à une concurrence déloyale des importateurs, ont été contraints de cesser leurs activités par crainte de représailles ou ont dû quitter le pays après avoir été kidnappés. Cette situation entraîne des pertes économiques considérables pour le secteur.

La violence des gangs armés a également causé plus de 3 000 décès dans la région, avec six communes paralysées à 80%. Les parents sont contraints de fuir leurs zones d’origine pour se réfugier chez des amis, de la famille, voire de dormir dans les bois. En conséquence, 80% des enfants déplacés n’ont pas accès à la nourriture ni à l’éducation, car les écoles sont fermées en raison de la présence armée.

Face à l’absence de la police dans de nombreuses communes de l’Artibonite, les citoyens se sont organisés en groupes armés de résistance, certains rejoignant malheureusement les gangs faute de soutien de l’État. La situation est alarmante, mais la société civile de l’Artibonite se mobilise pour trouver des solutions et appelle à l’unité pour sauver la région. Les défis sont nombreux, mais avec la coopération de tous, l’Artibonite peut retrouver la paix et la sécurité.

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