8 octobre 2026
Intervention armée en Haïti | Document spécial : Note de presse du plus grand parti d’opposition du Kenya
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Intervention armée en Haïti | Document spécial : Note de presse du plus grand parti d’opposition du Kenya

Le Mouvement Démocratique Orange (ODM) exprime son inquiétude face à l’offre du Kenya de diriger une mission de soutien à la sécurité en Haïti. Ils soulignent que l’envoi de policiers kényans au lieu de l’armée est malavisé, opportuniste et va à l’encontre de l’esprit panafricain. L’ODM pointe des préoccupations telles que le mandat constitutionnel, les défis de sécurité intérieure, l’absence de menace immédiate pour la sécurité nationale, les interventions passées et le bilan des droits de l’homme. Ils appellent le régime en place à reconsidérer cette décision et demandent au Parlement de s’opposer au déploiement des forces en Haïti. Ils insistent sur la nécessité de se concentrer sur les problèmes de sécurité intérieure au Kenya et d’améliorer l’application de la loi.


OIDDM

« TUKO TAYARI : MOUVEMENT DÉMOCRATIQUE ORANGE

POUR DIFFUSION IMMÉDIATE Déclaration de l’ODM sur l’offre du Kenya à Haïti 12 octobre 2023

En juillet, le Kenya a proposé de diriger une mission de soutien à la sécurité multinationale (MSS) en Haïti. En tant que parti, le Mouvement Démocratique Orange (ODM) est profondément préoccupé par l’instabilité politique en Haïti et la situation humanitaire désastreuse. Nous reconnaissons l’importance historique d’Haïti en tant que première nation noire à regagner son indépendance face aux forces coloniales, ce qui en fait un phare de la libération pour tous les Africains et les personnes noires à travers le monde.

Au fil des années, les troupes militaires kényanes ont servi avec un professionnalisme extrême dans des missions de maintien de la paix soutenues par l’ONU, dans divers pays, dont la Namibie, la Sierra Leone, le Libéria, l’ex-Yougoslavie et Timor oriental, entre autres.

Toutes ces missions ont été des entreprises crédibles et parrainées par l’ONU, avec des mandats clairs et des modalités d’engagement. Il n’est donc pas étonnant que notre armée ait quitté ces missions avec des éloges universels et des félicitations pour le respect des principes professionnels et moraux en service.

Mais maintenant, pour une raison étrange, le régime Ruto a arbitrairement décidé d’envoyer, non pas l’armée, mais la police en Haïti, un pays lointain de l’hémisphère occidental sans aucune valeur géopolitique stratégique pour le Kenya. En fait, ce n’est pas la principale préoccupation de ce plan enveloppé de mystère.

Nous pensons que la décision de déployer des policiers kényans à la tête de la mission MSS en Haïti est malavisée, opportuniste et mine l’esprit de panafricanisme. Le parti ODM soulève les préoccupations suivantes concernant ce déploiement :

  1. Mandat constitutionnel : Le Service national de police du Kenya est établi en vertu de l’article 244 de la Constitution pour faire respecter la sécurité nationale et ne possède pas de mandat extérieur.
  2. Défis de la sécurité intérieure : Le ratio recommandé d’officiers de police par rapport à la population est d’un pour 450 citoyens. Le ratio du Kenya est d’environ un pour 1 000 citoyens. Nous n’avons tout simplement pas de policiers à épargner. En effet, étant donné les défis actuels en matière de sécurité autour de Sondu, Lamu, le nord du Rift, le long de la frontière avec la Somalie et dans les îles du lac Victoria, seul un gouvernement vraiment insensible et imprudent déploierait 1 000 agents de police ailleurs. La philanthropie des pauvres suscitera toujours des suspicions.
  3. Pas de menace immédiate pour la sécurité nationale : La situation en Haïti, aussi tragique soit-elle, ne représente pas une menace immédiate pour la sécurité nationale du Kenya, car les deux nations ne partagent pas de frontière.
  4. Interventions précédentes : Les interventions précédentes en Haïti ont été menées par certaines des nations les plus puissantes de la terre, avec des résultats désastreux à chaque occasion. Il est donc indéniable que la rupture de l’ordre public ou l’instabilité en Haïti ne sont pas des problèmes superficiels nécessitant simplement une intervention policière. Les causes profondes sont plus complexes.
  5. Bilan en matière de droits de l’homme : Étant donné les préoccupations documentées en matière de droits de l’homme concernant nos forces de police, nous ne pensons pas que ce soit un aspect du Kenya que nous devons montrer sur la scène internationale.
  6. Absence d’approbation préalable du Parlement : L’engagement d’envoyer nos policiers en Haïti a été pris bien avant que l’approbation de l’ONU et du Parlement kényan ne soit sollicitée. En fait, étant donné l’état actuel de captation du Parlement, toute tentative de recherche d’approbation serait une réflexion après-coup visant à légitimer le processus en utilisant les robots de vote de Ruto au Parlement.

Au vu de ces préoccupations, l’ODM appelle le régime Ruto à reconsidérer cette offre. Nous exhortons les membres du Parlement à s’opposer au déploiement de nos hommes et femmes en uniforme en Haïti si la question est soumise au Parlement. Notre attention doit rester axée sur la résolution des problèmes urgents de sécurité intérieure du Kenya, l’amélioration de notre application de la loi et la sauvegarde du bien-être de nos agents de police et de nos citoyens. »

OIDDM

“TUKO TAYARI :
ORANGE DEMOCRATIC MOVEMENT

FOR IMMEDIATE RELEASE
ODM Statement on Kenya’s Offer to Haiti
October 12, 2023

In July, Kenya made an offer to lead a Multinational Security Support (MSS)
mission in Haiti. As a party, the Orange Democratic Movement (ODM) is deeply
concerned about the political instability in Haiti and the dire humanitarian
situation. We acknowledge Haiti’s historical significance as the first black nation
to regain its independence from colonial forces, which serves as a beacon of
liberation for all African and black people worldwide.

Over the years, Kenyan military troops have served with utmost professionalism
in UN-backed peace keeping missions, in diverse countries including Namibia,
Sierra Leone, Liberia, the former Yugoslavia and East Timor, among others.

All these missions have been credible multinational UN-sponsored ventures,
with clear mandates and terms of engagement. No wonder our military has left
these missions with universal praise and commendation over its upholding of
professional and moral tenets on duty.

But now, for some strange reason, the Ruto regime has arbitrarily decided to
send, not the military but the police, to Haiti, a country far away on the Western
Hemisphere with no strategic geopolitical value to Kenya. In fact, this is not the
main worry in this plan shrouded in mystery.

We believe that the decision to deploy Kenya’s police officers to head the MSS
Mission in Haiti is ill-advised, opportunistic, and undermines the spirit of pan-
Africanism. ODM Party raises the following concerns regarding this deployment:

  1. Constitutional Mandate: Kenya’s National Police Service is established
    under Article 244 of the Constitution to enforce national security and does
    not possess an external mandate.
  2. Internal Security Challenges: The recommended ratio of police officers
    viz population is one for every 450 citizens. Kenya’s ration is around 1 for
    every 1,000 citizens. We simply do not have policemen to spare. Indeed,
    given the current security challenges around Sondu, Lamu, the North Rift,
    along the border with Somalia and within the islands of Lake Victoria, only
    a truly insensitive and reckless government would deploy 1,000 police
    officers elsewhere. A poor man’s philanthropy will always raise eyebrows.
  3. No Immediate Threat to National Security: Haiti’s situation, tragic as
    it is, poses no immediate threat to Kenya’s national security as the two
    nations do not share a border.
  4. Previous Interventions: Previous interventions in Haiti have been conducted by
    some of the most powerful nations on earth, with disastrous results on each
    occasion. There is therefore no gainsaying the fact that the breakdown of law and
    order, or the instability in Haiti, are not superficial issues that require mere
    policing. The root causes go deeper than that.
  5. Human Rights Record: Given the documented human rights concerns
    involving our police forces we do not believe that is a side of Kenya we need
    to display on the international stage.
  6. Lack of Prior Parliamentary Approval: The commitment to send our
    policemen to Haiti was made long before approval both of the UN and
    Kenya’s Parliament was sought. Infact given the current state of capture
    of Parliament, any pretence at seeking approval would be an afterthought
    meant to sanitize the process using Ruto’s voting robots in Parliament.

In light of these concerns, ODM urges the Ruto regime to reconsider this offer.
We call upon Members of Parliament to oppose the deployment of our men and
women in uniform to Haiti should the matter be brought before Parliament. Our
focus should remain on addressing Kenya’s pressing internal security issues,
improving our law enforcement, and safeguarding the well-being of our police
officers and citizens.

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