L’ancien président français, Nicolas Sarkozy, a été inculpé dans le cadre d’une enquête sur des possibles manœuvres frauduleuses visant à le disculper des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Cette inculpation, prononcée par le tribunal judiciaire de Paris, porte sur des accusations de recel de subornation de témoin et d’association de malfaiteurs en vue de la préparation d’escroqueries au jugement en bande organisée.
L’enquête a été ouverte en mai 2021 et a été précédée par plus de trente heures d’interrogatoire sur trois jours et demi par deux magistrats financiers. Ils estiment disposer d’indices graves ou concordants quant à la participation de Sarkozy aux manœuvres orchestrées par au moins neuf autres individus, potentiellement avec son aval.
Les manœuvres présumées comprenaient la rétractation des accusations de financement libyen contre Sarkozy par Ziad Takieddine en échange d’une rémunération, ainsi que des tentatives visant à prouver que le document libyen publié par Mediapart en 2012, alléguant un financement de 50 millions d’euros, était un faux.
Nicolas Sarkozy a également été placé sous le statut de témoin assisté pour son implication présumée dans une association de malfaiteurs visant à corrompre des magistrats libanais afin de libérer un fils de Mouammar Kadhafi détenu au Liban, dans le but de faciliter sa mise hors de cause.
Les avocats de Nicolas Sarkozy ont réagi en affirmant que leur client était déterminé à établir la vérité et à défendre son honneur. L’ancien président nie toute implication dans les manœuvres frauduleuses et qualifie ces accusations de « folie ».
Cette inculpation s’ajoute à l’agenda judiciaire déjà chargé de Nicolas Sarkozy, qui doit faire face à un procès prévu pour le financement libyen de sa campagne de 2007 en début d’année 2025, ainsi qu’à un autre procès en appel en novembre de cette année pour le financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012.

