par Pascal Robert
Haïti a souffert des occupations occidentales et des ingérences dans ses affaires. Le peuple de cette nation lutte pour se libérer de cette domination et peut regarder vers les mouvements de masse en Afrique francophone.
Il y a eu neuf coups d’État au cours des trois dernières années dans d’anciennes colonies françaises en Afrique – Mali, Guinée, Burkina Faso, Tchad, Niger, Tunisie et récemment Gabon. Certains en Afrique francophone ont compris quelque chose qu’avaient déjà compris les Haïtiens il y a plus de 200 ans sous la direction de Jean-Jacques Dessalines : l’ingérence dans les affaires d’une nation indépendante ne sera pas tolérée simplement parce que la domination de cette nation est sous le contrôle de personnes non blanches. Cela est particulièrement vrai pour les populations du Sud global qui ont été pillées par les élites parasitaires de l’Europe et de leur descendance occidentale depuis l’époque de Christophe Colomb.
En tant qu’Haïtien, je comprends comment l’odeur du colonialisme français persiste dans ses anciennes colonies. La malédiction de la langue française dans l’esprit de ses anciens colonisés fait que les victimes de ces chiens français aiment l’idée d’être acceptées comme des sangsues françaises. De plus, il n’y a pas pire nègre colonisé que celui qui parle français. Franz Fanon a discuté de ces réalités du colonialisme français dans son œuvre classique : « Peau noire, masques blancs ». En fait, je soutiendrais que ce qui a contribué à la brillante compréhension de Fanon de la nature horrible du colonialisme, c’est d’avoir été un psychiatre noir élevé dans une colonie française des Caraïbes. Beaucoup de ses déclarations rappellent celles de l’un des plus grands polémistes haïtiens du début sur la nature du colonialisme : Baron De Vastey, le principal écrivain intellectuel et conseiller politique du roi Henri Christophe d’Haïti.
Les Africains francophones ont réalisé que la France et ses alliés de l’OTAN ne sont pas dignes de confiance. Des pays comme le Niger, qui ont presque pas d’électricité, fournissent pourtant à la France d’énormes quantités d’uranium, assurant ainsi une abondance d’électricité pour la France. Toute l’Afrique francophone est prise au piège du système du franc CFA, qui appauvrit 14 nations. Ces réalités ont amené l’Afrique francophone à comprendre qu’elle doit rompre avec la France et chercher des alliances avec la Russie et la Chine. Une telle solution ne semble radicale que pour les Occidentaux tellement imprégnés de propagande qu’ils ne réalisent pas le nombre de pays demandant à rejoindre les pays des BRICS, dont la Russie et la Chine sont les forces dominantes. Le nombre de pays demandant à rejoindre les BRICS a déjà doublé. Le Sud global se tourne vers l’Est, y compris des rivaux comme l’Arabie saoudite et l’Iran. Ils réalisent qu’ils ne peuvent plus faire face à la mascarade de la démocratie libérale, de la pseudo-justice et des soi-disant « droits de l’homme » parrainés par l’Amérique et ses alliés de l’OTAN. Pour l’Afrique francophone, la France a été leur fléau. Ce n’est que l’attrait toxique de la culture française payée de sang colonial qui empêche beaucoup de la diaspora noire américaine de réaliser à quel point les Français sont racistes, même comparés aux Britanniques. En fait, ce lien vous dirigera vers une excellente ressource YouTube intitulée : « La différence entre le colonialisme britannique et français en Afrique. »
Haïti doit prendre un nouveau cap
Depuis l’occupation américaine d’Haïti entre 1915 et 1934, Haïti est en réalité un pays sans souveraineté, à l’exception de la présidence de Dumarsais Estimé de 1946 à 1950, probablement le plus grand président qu’Haïti ait eu au XXe siècle. Tous les présidents majeurs ultérieurs : Magloire, Papa Doc et Baby Doc, ont joué un jeu de la guerre froide en se rangeant du côté des Américains et en écrasant tout mouvement socialiste ou communiste en Haïti. Aristide était l’ennemi public numéro un du monde occidental après la chute de l’Union soviétique, ce qui a amené l’ordre capitaliste international à être ivre de pouvoir au point que même la théologie de libération modérée d’Aristide était un motif de coup d’État soutenu par les États-Unis en 1991.
Problématiquement, lorsqu’Aristide est revenu en 1994, il a signé des programmes d’ajustement structurel à la demande de Bill Clinton qui ont privatisé les biens de l’État et permis à plusieurs amis de Clinton de piller les caisses d’Haïti. Aristide a également signé un accord qui condamnait les Haïtiens à perpétuité. À la demande de Bill Clinton, qui voulait anéantir la production de riz d’Haïti pour inonder le marché haïtien de riz de l’Arkansas, Aristide a fait chuter les tarifs du riz produit internationalement en Haïti de 50% à 3%. Cela a permis à Haïti d’être inondé de riz bon marché de l’Arkansas, ce qui a entraîné l’effondrement complet de la production de riz haïtien à ce jour. Haïti, autrefois l’un des plus grands producteurs de riz des Caraïbes, est désormais contrainte de mendier aux étrangers pour pouvoir se permettre du riz.
Haïti, première nation noire de l’Occident, a subi la menace d’invasions étrangères depuis son indépendance en 1804. L’idée que d’anciens esclaves noirs vainquent militairement la triple menace de l’Empire espagnol, de l’Empire britannique et enfin de la France napoléonienne, pour obtenir la liberté de l’esclavage et l’indépendance, a toujours été trop pour la prétendue civilisation occidentale post-Colomb. Cependant, en 2003, un nouveau type de démon a été rassemblé pour refuser aux Haïtiens une célébration du bicentenaire et leur donner un deuxième coup d’État d’Aristide dirigé par une coterie des élites haïtiennes noires les plus traîtres, s’alliant avec l’oligarchie haïtienne internationale composée principalement de descendants syriens et moyen-orientaux qui ont été une classe tampon de parasites en Haïti depuis le début du XXe siècle. Indépendamment des nombreuses erreurs d’Aristide, se ranger du côté des ennemis traditionnels d’Haïti, qui ont engendré l’initiative d’Ottawa de 2003 ayant créé le CORE Group composé de la France, des États-Unis, du Canada, de l’Union européenne, de l’Allemagne, du Brésil et de l’Organisation des États américains, a été un acte de trahison digne d’un peloton d’exécution, si de telles choses étaient légales.
Regardez les dégâts considérables causés par le Core Group, avec les États-Unis, la France et le Canada à la tête, à Haïti depuis 2004, en particulier après le tremblement de terre de 2010. Toutes ces interventions étrangères que le Core Group et les États-Unis continuent d’exiger, de la MINUSTAH à la demande actuelle de soldats kényans, ne sont qu’un prétexte. Surtout lorsque les oligarques haïtiens, qui ont toujours travaillé sous les ordres du Département d’État américain par le passé, sont ceux qui parrainent et arment les gangs en Haïti. Le Canada a « sanctionné des oligarques haïtiens d’origine moyen-orientale pour avoir prétendument trafiqué des armes aux gangs en Haïti. Pourtant, il n’y a eu aucune arrestation. Tout cela est fait parce que le Core Group, y compris les États-Unis et le géant minier le Canada, veut purger Haïti des Haïtiens, tout comme le permet le nouveau programme de visas de Biden, afin de pouvoir s’approprier toutes les ressources souterraines découvertes en Haïti depuis les années 1990.
Le Canada exploite déjà de l’or en Haïti. Et juste après le tremblement de terre en Haïti en 2010, de manière suspecte, des contrats pour l’iridium et le pétrole ont été conclus pour l’exploitation par le Core Group (voir l’article, « Haïti à vendre »). Pourquoi Haïti devrait-elle faire confiance à l’un de ces pays parasites du Core Group, en particulier les États-Unis, le Canada et la France ? C’est pourquoi les Haïtiens doivent faire la première demande intelligente pour Haïti depuis la révolution de 1946. Les Haïtiens doivent suivre l’Afrique francophone et s’orienter vers la Russie et la Chine pour obtenir de l’aide. Les deux pays ont déjà tenté de bloquer les demandes d’intervention des États-Unis pour une occupation militaire étrangère d’Haïti depuis l’assassinat de Jovenel Moïse, qui a été tué, probablement avec l’aide des États-Unis, parce qu’il cherchait de l’aide auprès des Russes. « The Intercept » a déjà écrit des articles faisant allusion à l’implication des États-Unis dans l’assassinat.
Haïti est l’un des quatre pays peut-être de la Caraïbe qui reconnaît Taïwan. Cela a été fait sous la présidence de Paul Magloire, un dur allié du vice-président Nixon pendant la guerre froide en 1956 et un président farouchement anti-communiste. Cette politique doit être obsolète et Haïti doit embrasser la Russie et la Chine, mais surtout la Chine, qui a déjà cherché à faire d’Haïti son allié, comme discuté dans cet article.
« Les masses haïtiennes, qui n’ont jamais rien reçu de l’État depuis 1806 et qui protestent constamment contre l’impérialisme américain et occidental, sont sur la bonne voie. Qu’en est-il des autres secteurs en Haïti et dans la diaspora ? Ces personnes doivent suivre l’exemple des masses haïtiennes et cesser d’être des pions de nos ennemis du Core Group. Haïti doit se tourner vers les BRICS, en particulier la Russie et la Chine. La nation de Dessalines était autrefois en tête du monde en matière de politique libératrice radicale. Maintenant, après 32 ans d’humiliation, Haïti doit suivre ses frères africains francophones vers la liberté.
Pascal Robert est coanimateur du podcast THIS IS REVOLUTION et rédacteur en chef adjoint de la revue Sublation. »
Pascal Robert is co-host of THIS IS REVOLUTION podcast and a contributing editor of Sublation magazine.
Haiti has suffered under western occupations and interference in its affairs. The people of that nation are struggling to break free from that domination and can look to mass movements in Francophone Africa.
There have been nine coups in the past three years in former French colonies in Africa– Mali, Guinea, Burkina Faso, Chad, Niger, Tunisia and recently Gabon. Some in Francophone Africa have realized something that Haitians once knew over 200 years ago under the leadership of Jean Jacques Dessalines: The meddling in the affairs of an independent nation will not be tolerated simply because the dominion of that nation is under the control of non-white people. This is especially true of people from the global south who have been plundered by the parasitic elites of Europe and their Western progeny since the age of Columbus.
As a Haitian, I understand the way the stench of French colonialism lingers in its former colonies. The curse of that French language in the mind of its former colonized makes the victims of those French dogs in love with the idea of being accepted as a French blood sucker. And more so, there is no worse colonized-minded Negro than a French speaking colonized-minded Negro. Franz Fanon discussed these realities of French colonialism in his classic work: “Black Skins White Masks”. In fact, I would argue that what contributed to Fanon’s brilliant understanding of the horrid nature of colonialism was his being a Black psychiatrist raised in a French Caribbean colony. Many of his pronouncements are reminiscent of ones from one of the greatest early Haitian polemicists on the nature of colonialism: Baron De Vastey, the chief intellectual writer and political consultant to King Henri Christophe of Haiti.
The Francophone Africans have realized that France and its NATO allies are not to be trusted. Countries like Niger, which have almost no electricity, yet provide France with mass quantities of Uranium, ensure that French electricity is plentiful. All of Francophone Africa is trapped in the CFA Franc system which pauperizes 14 nations. These realities have caused Francophone Africa to understand it must break from France and seek alliances with Russia and China. Such a solution only seems radical to Westerners so steeped in propaganda that they don’t realize the number of countries applying to join the BRICS nations , of which Russia and China are the dominant forces. The number of countries applying to the BRICS has already doubled. The Global South is pivoting to the East, including rivals Saudi Arabia and Iran. They realize they can no longer deal with the charade of liberal democracy, pseudo-justice, and so-called “human rights” sponsored by America and her NATO allies. For Francophone Africa, France has been the bane of their existence. It is only the toxic enticement of French culture paid for in colonial blood that denies many in the American Black Diaspora to realize how racist the French are, even compared to the British. In fact, this link will take you to a great YouTube resource entitled: “The Difference between British and French Colonialism in Africa.”
Lire l’article original en anglais sur le site de Black Agenda Report

