Jeudi 21 septembre 2023 ((rezonodwes.com))–
Selon le média américain Bloomberg, l’administration Biden prévoit de demander l’approbation du Conseil de sécurité de l’ONU dès la semaine prochaine pour déployer une force multinationale dirigée par le Kenya en Haïti, ont déclaré des sources proches du dossier.
Cette agence de presse employant plus de 10 000 personnes répartis dans plus de 130 pays indique , cependant, que les concernés ont demandé à ne pas être identifiées car » le moment de l’intervention américaine n’a pas été rendu public ».
Dans son discours devant l’Assemblée générale des Nations Unies mardi, le président Joe Biden a déclaré qu’Haïti « ne peut pas attendre plus longtemps ».
En effet, le président des États-Unis, Joe Biden, a demandé aux Nations unies d’approuver une « mission de soutien à la sécurité » en Haïti afin d’aider ce pays appauvri des Caraïbes dirigé par le régime le plus “corrompu” de la région des Caraïbes, à endiguer la violence des gangs qui y sévit depuis des mois.
S’exprimant lors de l’Assemblée générale des Nations Unies mardi matin, M. Biden a exhorté le Conseil de sécurité des Nations unies à « autoriser cette mission dès maintenant ».
« Le peuple haïtien ne peut plus attendre », a déclaré le président américain lors de son discours au siège de l’ONU à New York .
Rappelons qu’en octobre de l’année dernière, le Premier ministre Ariel Henry, dirigeant de facto d’Haïti, et accusé de complicité avec les gangs, a demandé à la communauté internationale de l’aider à mettre en place une « force armée robuste et spécialisée » afin de mettre un terme à la flambée de violence des gangs qui a perturbé la vie quotidienne de millions d’Haïtiens.
Le président dominicain Luis Abinader, pour ses propres raisons, supporte également le projet d’occupation d’Haïti. Abinader a demandé le déploiement de forces multinationales en Haïti en l’absence d’Ariel Henry à l’Assemblée, déclarant que les ‘de facto’ disent tout ignorer du projet d’un canal en construction sur la Rivière Massacre qui est l’objet d’une crise préfabriquée mettant apparemment face à face Haïti et la République Dominicaine.
En effet dans son discours d’environ 10 minutes, au cours desquelles il a pris position de manière très critique envers la gestion de la crise haïtienne, en présence du ministre haïtien de facto des Affaires Étrangères, Jean Victor Génélus, le Président Abinader a clairement lancé un appel pour le déploiement d’une Force Multinationale en Haïti.
Outre les États-Unis et le Président Abinader, d’autres secteurs Pro-occupation d’Haïti s’activent à la veille de la date de la demande d’approbation formelle des États-Unis de la force d’intervention auprès du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
D’abord, il y a Ariel Henry et son gouvernement de facto dont le programme politique se résume en un seul point : une nouvel occupation d’Haïti par des forces armées étrangères. Le PM de facto espère que cette occupation lui garantira l’impunité ainsi que toute son équipe.
Le double langage du gouvernement facto dans le dossier du Canal de la rivière Massacre est destiné à tromper la population haïtienne. Ariel Henry placé à la tête du pays par le Core Group et appuyé par le Président dominicain, après ce que l’on peut appeler désormais le coup d’État du 7 juillet (Assassinat du Président Jovenel Moïse), ne peut en aucune façon se démarquer de la position de ses tuteurs qui ont leur propre agenda et qui déclarent vouloir une nouvelle occupation d’Haïti.
Ariel Henry est condamné à servir les intérêts de ceux qui l’ont placé et maintenu au pouvoir de façon illégale et inconstitutionnelle contre la volonté du peuple haïtien durant plus de 25 mois.
Ensuite, il y a les chefs des gangs armés avec la complicité de secteurs tant locaux qu’internationaux. Par la voix de certains de leur porte-parole dans des médias traditionnels et sur les réseaux sociaux, ils ont déjà annoncé tout un projet d’agitation politique armé et violent pour la semaine prochaine apparemment « Anti-Ariel « , mais qui en fait est destiné à servir de pression et de prétexte pour faire sauter le verrou chinois et russe au projet d’occupation d’Haïti au Conseil de Sécurité.
Enfin , il y a les signataires de l’Accord Tonton Noël du 21 décembre qui comptent sur une occupation d’Haïti pour conserver le pouvoir acquis après l’assassinat de Jovenel Moïse. Ces derniers partageant le pouvoir avec Ariel Henry se sont accommodés à vivre avec les gangs armés. Certains sont même protégés par ces derniers. Cependant ils espèrent qu’ils auront leur place dans le plan que l’international a concocté pour Haïti depuis plus d’une décennie. Et ils travaillent et mettent tout leur talent et toute leur énergie au service de ce plan.
Les plus irréductibles, comme l’ex-opposant André Michel, ne jurent que par la « nécessité « de la présence d’une force étrangère en Haïti sous prétexte de combattre les gangs armés et ont même déjà souhaité la bienvenue aux militaires kenyans .
Cependant ils risquent d’être déçus car les États-Unis, pour des raisons de politique intérieure , font de l’approbation du Conseil de Sécurité une condition » sine qua non « pour le déploiement de la force étrangère.
Et le journal américain , Newsweek, a fait le constat que La Russie et la Chine ont plus d’influence sur le vote de l’Assemblée générale de l’ONU que les États-Unis .
Les États-Unis perdent constamment face à deux puissances nucléaires – la Russie et la Chine, qui disposent d’un droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU et s’opposent constamment à la politique de domination américaine sur la scène internationale, écrit le journal.
Les experts ont analysé 1 500 cas de désaccord entre la Russie et la Chine entre 1991 et 2020 avec la position américaine : le point de vue de Moscou et de Pékin l’a finalement emporté dans 86 % de tous les cas, indique Newsweek
En outre, les positions de Moscou et de Pékin reçoivent désormais de plus en plus de soutien de la part des membres de la communauté internationale, notamment des États du Sud, affirme le journal.
Donc si les États-Unis , dans le dossier haïtien, persistent à vouloir obtenir une approbation dont ils savent pertinemment problématique, certains se demandent si Ariel Henry , le Président Abinader, les gangs armés et les signataires de l’Accord du 21 décembre, tous des partisans zélés et déclarés de l’occupation d’Haïti par des forces étrangères ne s’activent pas en vain . Car les États-Unis pourraient bien avoir un autre plan.
L’avenir dira……

