10 octobre 2026
Intervention des Bahamas en Haïti | « L’administration Davis fait fausse route et nécessite l’aval du Parlement », critique un ancien-PM des Bahamas
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Intervention des Bahamas en Haïti | « L’administration Davis fait fausse route et nécessite l’aval du Parlement », critique un ancien-PM des Bahamas

Par le Dr Hubert Minnis

PM Minnis :”Le pays a également été confronté de manière chronique à des dirigeants médiocres, à des dictatures et à des coups d’État…”

Mardi 29 aout 2023 ((rezonodwes.com))–

La République d’Haïti est en proie au chaos depuis l’assassinat de son président en juillet 2021. Le gouvernement central a perdu le contrôle d’une grande partie du pays. Des bandes armées ont pris le pouvoir. La violence est généralisée.

De nombreuses personnes ont été tuées. De nombreuses personnes ont subi des violences sexuelles brutales. Les gangs ont également recours aux enlèvements pour extorquer de l’argent aux familles désespérées.

Selon les Nations unies, entre le 1er janvier et le 15 août 2023, au moins 2 439 personnes ont été tuées et 902 autres blessées en Haïti. En outre, 951 personnes ont été enlevées, y compris dans d’autres pays. Certains de ces meurtres ont été commis de la manière la plus brutale qui soit, des familles ayant été brûlées vives.

En octobre 2022, le Premier ministre haïtien Ariel Henry a demandé une intervention militaire internationale pour aider à rétablir l’ordre dans son pays. Jusqu’à présent, aucune grande puissance n’a accepté de diriger une telle force. Toutefois, le Kenya a récemment exprimé le souhait de diriger une mission multinationale en Haïti et d’envoyer 1 000 policiers pour former et aider la police haïtienne à rétablir l’ordre.

Le Kenya attend un mandat du Conseil de sécurité de l’ONU.

L’administration Davis a déclaré, dans des communiqués, qu’elle était prête à envoyer des hommes et des femmes bahaméens pour faire face à la situation dangereuse en Haïti. Le ministère des Affaires étrangères a déclaré que les Bahamas ont engagé 150 personnes pour soutenir la force multinationale une fois qu’elle sera autorisée par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Le ministère de la Sécurité nationale a déclaré que les 150 membres du personnel de sécurité bahaméen seraient là principalement pour former et offrir un soutien technique à la police haïtienne.

Les gangs en Haïti sont lourdement armés. Ils étendent leur territoire et repoussent les forces de police qui sont incapables de les contenir ou de les vaincre.

Toute force multinationale qui se rendra en Haïti devra combattre les gangs pour tenter de remettre de l’ordre dans la situation. Il y aura probablement de violents combats, de nombreux morts et des blessés graves, dont certains souffriront d’un handicap permanent.

Ceux qui recherchent des troupes pour combattre en Haïti veulent des soldats et des policiers qui sont prêts à entrer dans des conditions de guerre et à se battre. Il est tout à fait possible que si l’administration du PLP envoyait nos hommes et nos femmes en Haïti, ils seraient pris dans les combats et la violence.

Notre principale préoccupation devrait être la sécurité et le bien-être de nos braves hommes et femmes qui pourraient être sélectionnés pour cette mission.

Haïti a une histoire tragique. Première république noire, elle n’a pas été bien accueillie par les puissances coloniales lorsqu’elle a obtenu son indépendance au début du 19e siècle. Les puissances coloniales ont d’abord refusé de commercer avec elle. La France lui a imposé une dette de guerre exorbitante. Le pays a également été confronté de manière chronique à des dirigeants médiocres, à des dictatures et à des coups d’État. C’est le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental.

L’histoire d’Haïti a été marquée par de nombreuses interventions militaires étrangères. Aucune n’a réussi à mettre le pays sur la voie de la stabilité et de la prospérité à long terme. Le désordre est tellement omniprésent en Haïti que les puissances étrangères se sont enlisées dans le pays dans des campagnes à durée indéterminée.

L’administration Davis s’est montrée imprudente en engageant 150 hommes et femmes des Bahamas dans une campagne militaire haïtienne encore à définir. Il n’y a pas de consensus entre l’élite haïtienne, les politiciens haïtiens et le peuple du pays quant à la voie à suivre. Le fractionnisme ruine Haïti. Des gangs auraient déclaré qu’ils attaqueraient le personnel militaire ou policier étranger.

Une intervention étrangère pourrait contribuer à ramener un peu d’ordre pendant une courte période, mais sans la reconstruction des institutions de l’État et des infrastructures du pays, Haïti retomberait probablement dans le chaos une fois les troupes parties.

Le Premier ministre Philip Davis ne devrait pas envoyer unilatéralement nos braves hommes et femmes dans le chaos haïtien sans un plan d’action acceptable, accepté et soutenu par la communauté internationale et sans le consentement exprès du Parlement des Bahamas.

Dans une démocratie parlementaire, le gouvernement a la responsabilité constitutionnelle et morale de faire débattre le déploiement d’une telle force au Parlement. Si l’administration Davis refuse d’organiser un tel débat, il s’agirait d’un exemple flagrant de mépris du Parlement et de nombreuses questions cruciales resteraient sans réponse.

Par exemple, le gouvernement s’est-il déjà engagé auprès d’un gouvernement étranger ou d’une agence internationale à envoyer du personnel ?

Le cabinet s’est-il mis d’accord sur les termes de référence du déploiement du personnel bahaméen, y compris la nature, le coût et la durée éventuelle de la mission ?

Les Bahamas enverront-elles des biens tels que des véhicules et des navires ?

Les Nations unies et d’autres gouvernements prendront-ils en charge les coûts des troupes bahaméennes et de la Caricom ?

Quel rôle les États-Unis, le Canada, la France et l’Union européenne joueront-ils dans une éventuelle intervention ?

Jusqu’à présent, l’administration Davis semble faire fausse route avec sa politique d’intervention en Haïti.

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