10 octobre 2026
Ducasse Alcin : ‘Ariel Henry, un médecin nécrophile’
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Ducasse Alcin : ‘Ariel Henry, un médecin nécrophile’

ARIEL HENRY : UN MÉDECIN NÉCROPHILE.

Par Ducasse Alcin

Rassurez -vous ! Le mot nécrophile employé ici n’est pas à prendre au sens psychanalytique ou psychiatrique du terme où il emporterait l’idée de perversions sexuelles perpétrées sur des cadavres. Loin de notre pensée de faire une pareille insinuation en rapport avec Ariel Henry. Le concept que nous abordons renvoie plutôt à un sens plus restreint tel que l’entend le philosophe allemand Éric Weil qui le présente comme une sorte de jouissance de voir mourir les gens.

Notre objectif consistera donc à nous inspirer de ce qui se passe dans le pays pour montrer que, à travers sa passivité, le Premier ministre contribue dans une proportion grandeur nature au carnage qui s’effectue chez nous.

L’histoire, tant contemporaine que lointaine, fourmille d’exemples de dirigeants malveillants qui se sont révélés de véritables tortionnaires pour leur population. C’était le cas, par exemple, d’Idi Ami Dada et de Jean-Bédel Bokassa qui dirigèrent respectivement l’Ouganda et la Centrafrique. L’exemple de Bokassa est très révélateur puisqu’après avoir été chassé du pouvoir on a retrouvé des restes humains dans son frigo. En ce sens on peut dire qu’il était un vrai nécrophile.

Papa Doc aussi se hissa fièrement dans la liste de ces dirigeants. Le célèbre journaliste Bernard Diederich nous apprend dans son ouvrage de chevet « Papa Doc et les Tontons Macoutes » que le Docteur Duvalier entassait des cadavres par milliers au sous-sol du Palais National. Il irait même jusqu’à se livrer à des pratiques sorcellaires sur les dépouilles de ses victimes.

Sur quoi nous fondons-nous pour décrire Ariel Henry comme un nécrophile ?

Protéger ses citoyens relève du devoir régalien d’un chef d’État. Sur cet aspect, il n’y ni juste milieu ni de raccourci. C’est comme l’a dit Hamlet  » Être ou ne pas être ». Les faits sont abondants qui prouvent que ces deux dernières années se sont révélées un véritable enfer pour le peuple Haïtien. Les agences onusiennes évoluant dans le pays font état de plusieurs milliers de morts, de femmes violées et de déplacés—- ce qui est la résultante de la politique de bromance entre Ariel et les gangs armés.

Le drame du Week-end écoulé où des adeptes d’une église de la capitale ont pris sur eux d’affronter des bandits lourdement armés avec des armes blanches est cauchemardesque ! Le bilan est lourd. On fait état de plus de 8 morts parmi ces fidèles. Le plus navrant dans tout cela est que le Premier ministre assiste à ce génocide avec un calme olympien. Les personnes massacrées ne sont même pas dignes pour être l’objet de quelques mots de sympathie comme il l’a souventefois fait pour les étrangers à travers ses tweets.

Le Premier ministre est réputé pour son manque de sobriété cérébrale, mais jamais on ne l’aurait crû dépositaire d’une telle indifférence, d’une telle cruauté et d’un tel cynisme devant les calamités d’un peuple qu’il devrait pourtant protéger.

Qu’est-ce qui explique ce comportement inhumain ?

On ne doute pas une seconde que durant sa carrière de médecin, Ariel Henry ait pu sauver de nombreuses vies. Neurochirurgien de son état, on l’imagine sans peine le cœur haletant, les mains tremblotantes, l’adrénaline à son paroxysme, essayant d’ouvrir la boîte crânienne d’un patient agonisant qui n’attend qu’un miracle de lui pour se remettre sur pied. Nul ne devrait donc oser entamer sa compétence dans ce domaine.

Cependant, pour mieux étayer le concept de nécrophilie faudrait-il bien qu’on cherche la clé de voûte dans les antécédents professionnels de monsieur Henry. Nous ne sommes pas dans les arcanes de ceux qui portent la blouse mais s’agissant du Premier ministre, il se peut que, involontairement et qu’avant même de rentrer dans l’amphithéâtre de la politique, il ait pu causer la mort de beaucoup de gens par des incuries professionnelles ( l’erreur est humaine) tout aussi bien que par manque de moyens adéquats, puisqu’il évolue dans un pays doté d’un système de santé moyenâgeux.

On ne peut qu’imaginer la quantité de fois où il a pu être témoin, impuissant, de ces moments lugubres où très lentement ses patients passèrent de vie à trépas ? Muni de son stéthoscope, on l’imagine aussi s’atteler au chevet de ces derniers pour leur prendre le pouls avant de délivrer le verdict sans appel aux parents : « on a tout essayé mais on n’a pas pu le/la sauver ».

Comment le Premier ministre manifeste-t-il sa nécrophilie ?

La parole proverbiale dit qu’on ne s’habitue jamais avec la mort. En effet, dans sa chevauchée lancinante, elle désarçonne toujours notre cœur quand elle frappe à la porte de nos proches. Pourtant il y a des gens qui, à force de la voir sévir impitoyablement dans leur entourage, ont fini par s’y habituer, en cultivant même une certaine fascination pour elle. Pour cette catégorie de personnes, le monde entier aurait beau s’effondrer autour d’elles, elles en auraient marre pourvu qu’elles soient bien en vie.

Les tueurs à gages vous diront que les palpitations, la conscience tourmentée, les nuits blanches sont toujours éphémères. Ils n’expérimentent ce traumatisme moral qu’après leur tout premier crime. Puis cela devient routinier. À ce stade se développe une sorte de callosité figurément parlant qui bloque la membrane responsable de la sensibilité du cœur.

Se pourrait-il que le scénario décrit plus haut soit la face cachée du Premier ministre de facto ? Se pourrait-il que, après avoir assisté / participé dans la mort de beaucoup de gens, il ne lui reste la trace d’aucune empathie ni d’aucun respect pour la vie des gens ? Se pourrait-il que sa formation de médecin qui, parfois, lui enjoint la difficile décision de déclarer un patient mort ou vivant ait influé sur son caractère de politicien ?

On sait tous que la profession de médecin est une tâche très ardue que beaucoup de praticiens exercent avec noblesse et abnégation. Mais avant de crier à l’infamie, reconnaissons qu’il y un groupe infinitésimal d’hommes et de femmes en blouse qui sont devenus des tueurs en série. C’était le cas, par exemple, de docteur Michael Swango, Harold Shipman, H.H Holmes et tant d’autres qui ont embourbé leurs noms de déshonneur en dépit du fait qu’ils ont prêté le serment d’Hippocrate, leur enjoignant de sauver des vies. Se pourrait-il qu’on ait affaire à un tueur en série ou tout simplement un assassin à la Primature ?

Ce serait un mensonge de prétendre connaître la psychologie biodynamique du Premier ministre de facto. Mais ce qui est sûr est que la thanatophilie( la fascination vis-à-vis de la mort) s’est parfois manifestée comme une sorte de pathologie dont souffrent silencieusement certains sujets d’apparence mentalement saine.

Il apparaît évident que la froideur, la morgue et le cynisme qui animaient certains dirigeants d’autrefois imbibent le caractère de monsieur Henry de façon sui generis. On trouve ce trait atavique chez de nombreux dictateurs féroces de l’Antiquité. Par exemple, l’historien émérite Suétone rapporte que, au moment où le feu consumait la cité de Rome, Néron récitait « La beauté de la flamme » un poème attribué à Homère.

Tout cela pour dire que ce ne sont pas tous les dirigeants qui ont à cœur la protection et le bien-être de leur population. Alors que tout le monde s’alarme devant les atrocités des gangs, le Premier ministre haïtien quant à lui peut bien se retrouver en train d’assouvir un certain fantasme devant le désastre et le chaos qui règnent dans le pays.

De ces deux postulats l’un doit nécessairement se vérifier : soit les gangs sont à la solde du Premier ministre soit c’est l’inverse où il leur jouerait le rôle de porte-flingue. Car, son silence par rapport à la situation kafkaïenne de la population est bien trop patent, trop parlant et franchement trop suspect !

À qui profite la fureur des gangs armés ?

Par son inaction, Ariel Henry montre clairement que sévir contre les gangs serait en contradiction avec ses propres intérêts politiques. Il y a longtemps que les malfrats prouvent, par leurs actions monstrueuses, être la locomotive de l’entreprise funeste du Premier ministre.

Que devrait faire Ariel Henry pour redresser la barre pendant qu’il en est encore temps ?

On aimerait tous l’inciter à une analyse réflexive pour déterminer les conséquences de ses inactions. Le pays se trouve à la croisée des chemins et monsieur Henry est placé devant cette alternative : s’il choisit de rester au pouvoir il devra se montrer résolu à livrer un combat musclé contre les gangs armés. Ce faisant il démontrerait par-là qu’il lui reste encore une parcelle d’humanité. L’autre option est la démission. Toutefois on ne va se bercer d’illusions pour s’attendre à ce qu’il lâche ses amis.

S’il n’était pas une chiffe molle il devrait pouvoir trouver un peu de courage pour reconnaître son échec et jeter l’éponge. Mais il n’est pas assez grand pour faire ce geste. Avide de pouvoir et de privilèges qui marchent avec, il préfère essuyer le déshonneur et l’humiliation de voir son nom, impropre à la poubelle, finir dans les lieux les plus abjects qui soient : les fosses septiques.

Alors que des scènes apocalyptiques se déroulent quotidiennement dans la capitale et dans d’autres endroits comme l’Artibonite où le train de la mort des bandits enlève des vies innocentes toutes les minutes, le nécrophile, confortablement installé à la Primature, est peut-être en train de porter un toast pour célébrer le départ des victimes vers l’au-delà.

Cela n’étonnerait guère si, à l’instar de Néron, on le surprenait en train de chanter « Time to say goodbye » d’Andrea Bocelli.

Ducasse Alcin

Ducasse.ralcin@gmail.com

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