L’organisation de défense des droits humains Human rights watch note que la violence des gangs en Haïti engendre une situation sécuritaire catastrophique, exacerbée par une impasse politique profonde, un dysfonctionnement du système judiciaire et une impunité persistante pour les violations des droits humains. Human rights watch appelle la communauté internationale à œuvrer pour la mise sur place d’un gouvernement de transition en vue de rétablir les institutions.
C’est un véritable cauchemar vécu par la population civile, décrit par l’organisation Human rights watch (HRW), en ce qui concerne la crise en Haïti et le climat d’insécurité qui prévaut dans plusieurs quartiers à Port-au-Prince et ailleurs. Dans le détails, l’organisation fait état de plus de 2000 personnes assassinées par les gangs, plusieurs dizaines de femmes violées et de 1014 cas de kidnapping recensés et documentés par le Bureau intégré des Nations-Unies en Haïti (BINUH) pour la période allant de janvier à juin 2023.
La fédération de « G-9 an fanmi » dirigée par l’ancien policier Jimmy « Barbecue » Cherizier et mise en cause dans l’explosion des cas de violence armée dans des quartiers précaires de Port-au-Prince. Des femmes ont été violées et tuées, les corps ensuite brulés, témoignages d’un niveau inimaginable de terreur entretenue par les criminels. Ces exactions sont souvent accompagnées de pillage et d’incendie de maisons, obligeant des résidents à fuir leur quartier, souligne l’Human rights Watch, dans un document publié au début du mois d’aout en cours.
Des chiffres sur des déplacés forcés, des victimes d’atrocités des gangs en disent long sur la situation intenable que sont en train de vivre des milliers de famille en Haïti. En raison de la violence armée, plus de 195 000 haïtiens sont actuellement déplacés à l’intérieur du pays et d’autres ont entrepris des voyages vers des destinations moins sures au péril de leur vie. Le premier semestre de l’année 2023 a vu plus de 73 000 personnes renvoyées par les Dominicains en Haïti, dans des conditions violant les normes et les principes internationaux, déplore Human rights watch.
D’autre part, l’opération « Bwa kale » considérée comme une forme de justice populaire, a couté la vie à au moins 200 présumés membres de gang à Port-au-Prince et ailleurs. L’organisation Human rights watch révèle que les victimes soupçonnées d’être membres des coalitions criminelles œuvrent en complicité avec des officiers de la Police haïtienne.
Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), consulté dans le cadre d’une documentation de Human rights watch, évoque 150 groupes criminels qui contrôlent la région métropolitaine de Port-au-Prince. Ils pratiquent des meurtres, des enlèvements, des violences et pillages. À Cité-Soleil par exemple, le G-9 impose sa loi pour institutionnaliser la violence criminelle.
Dans ce grand bidonville, l’État est pratiquement absent. La directrice de programme du RNDDH Marie Rosy Auguste Ducéna évoque une population livrée à elle-même en raison de l’absence d’un Commissariat, de tribunaux de Paix, de bureau d’État civil et de services de base à Cité Soleil.
Hervé Noel
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