Assassinats politiques en Équateur et en Haïti : les tentacules des mercenaires colombiens

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Déjà quinze jours se sont écoulés depuis que le juge a émis son ordonnance, exprimant le souhait d’enregistrer les témoignages d’Ariel Henry dans le dossier de l’assassinat de Jovenel Moïse. Allons-nous entamer une nouvelle semaine sans qu’aucune action concrète n’ait été entreprise à ce sujet ?

Le crime organisé colombien s’étend à travers le continent, laissant une traînée de violence et d’assassinats politiques dans des pays tels que l’Équateur et Haïti. En l’espace de deux ans, des mercenaires colombiens ont déclenché des crises dans d’autres pays en Amérique.

Dans un incident tragique qui a secoué l’Équateur, le journaliste éminent et ancien membre de l’assemblée Fernando Villavicencio a perdu la vie le mercredi 9 août dans une attaque contre sa camionnette après un rassemblement politique. La brutalité de l’attaque, au cours de laquelle trois balles ont touché sa tête, a révélé la sombre réalité de la violence politique dans la région.

Villavicencio, également candidat de centre, a perdu la vie à seulement 11 jours des élections présidentielles prévues pour le 20 août. Les enquêtes suggèrent que les auteurs de l’attaque étaient de nationalité colombienne. L’un des présumés assassins est décédé dans un affrontement avec l’équipe de sécurité, tandis que six autres ont été capturés lors d’une opération policière. Lors de la perquisition, des armes de gros calibre et des munitions ont été saisies, mettant en évidence la sophistication et la dangerosité de ces groupes criminels.

Cet événement tragique en Équateur ressemble à l’histoire tragique qui s’est produite en Haïti en juillet 2021. À l’époque, 17 anciens militaires colombiens sont entrés dans la résidence de l’ancien président Jovenel Moise et l’ont assassiné dans un acte de violence qui a choqué le monde. Cette similitude sinistre met en lumière la capacité du crime organisé colombien à étendre ses activités à travers le continent.

Des experts, comme le chercheur colombien Jorge Mantilla, soulignent que le crime organisé en Colombie s’est spécialisé dans la violence et a étendu ses réseaux dans différents pays. En Équateur, l’entrée de la cocaïne par la frontière colombo-équatorienne a été un catalyseur de la violence et de l’instabilité politique. En plus du trafic de drogue, les groupes criminels colombiens ont également exporté leurs modes opératoires violents, y compris les assassinats politiques et les attaques contre des personnalités éminentes.

La présence de ces groupes en Équateur et en Haïti montre comment les bandes criminelles locales ont collaboré, puis se sont indépendamment détachées des organisations colombiennes, consolidant leur pouvoir et leur force dans la région. À mesure que ces groupes criminels ont évolué, leur niveau de violence et leur portée ont également augmenté, ayant de graves conséquences sur la stabilité politique et sociale des pays touchés.

La spécialisation dans l’utilisation de la violence par le crime colombien est le produit de décennies de conflits armés entre les guérillas, les paramilitaires, les trafiquants de drogue et les forces de sécurité. Cette expérience a transformé leurs membres en experts recherchés dans le monde du crime. De plus, la présence de mercenaires colombiens dans différentes régions du monde, protégeant des intérêts privés et menant des opérations discutables, a ajouté un autre niveau de complexité à la situation.

Dans le cas de l’Équateur, l’assassinat de Villavicencio a laissé de nombreuses questions sans réponse. Bien que les menaces de la « narcobande Los Choneros » aient peut-être joué un rôle dans son assassinat, l’auteur intellectuel derrière cette attaque n’a pas encore été définitivement établi. Pendant ce temps, en Haïti, les détenus pour le magnicide de Moise sont toujours en détention, et les détails sur les auteurs intellectuels restent un mystère.

Ces événements tragiques en Équateur et en Haïti sont des rappels douloureux de la manière dont la violence et l’influence du crime organisé peuvent affecter les nations et leurs dirigeants. Tandis que les enquêtes se poursuivent et que les pays luttent pour trouver justice et stabilité, il est clair que la menace du crime organisé colombien reste une préoccupation latente dans la région.

Source : El Tiempo avec AFP

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