ONÈ RESPÈ KONSTITISYON 1987 LA / 3
Patriotes Haïtiennes et Patriotes Haïtiens, préparons-nous à une résistance nationale séculaire et multigénérationnelle pour la défense de la souveraineté et l’indépendance de notre pays, Haïti, partageant avec la Dominicanie, sa voisine et sœur, une petite île vulnérable et fragile.
Le génocide national d’Haïti se développe en vagues destructrices. Au même moment où, vulnérable et fragile à cause de sa déforestation et de sa bidonvillisation (de 95% et 80% respectivement), Haïti est exposée depuis le 12 Janvier 2010 aux cyclones augmentant en fréquence et intensité et aux séismes aux répliques multiples. Le séisme du 14 Août de l’année 2021 dans le Département de Nippes de 7.2 à l’échelle Richter provoque la disparition de près de 2200 personnes, la destruction de près de 20 000 et la détérioration d’à-peu-près 70 000 maisons.
La nation est aujourd’hui tombée sous le joug, d’un côté des cartels mafieux et des fédérations de gangsters transnationaux, et de l’autre, des escadrons de la mort et des brigades d’intervention policière-militaire-humanitaire sous patronage du gouvernement américain. Il en résulte l’effondrement de l’État pyro-klepto-macoutique en un État narco-macoutique. Cet État contrôle le territoire via les réseaux gangstérisés et mafieux, les ONG, les missions religieuses et les mailles de la Mafia Globale Américaine, Canadienne et Européenne. Il est incapable de fournir les services publics de base. Il a perdu toute légitimité pour prendre des décisions nationales. Il est soumis à plat ventre à l’impérialisme américain-canadien-français, ayant formé le Core Group (le Groupe Central Essentiel) pour livrer une guerre de confinement et de démembrement, dans son arrière-cour d’Amérique Centrale, contre la Russie et la Chine.
MACOUTISME DÉLIQUESCENT SOUS TUTELLE DÉGÉNÉRATIVE
Le régime macoutique, aujourd’hui sexagénaire déliquescent (1957-2023), a toujours été soutenu des deux mains (politique et militaire) par l’impérialisme américain-canadien-français décadent et dégénérescent. Ce sont les Marines US qui, en 1961-1962, sous le commandement du lieutenant- colonel Robert Debs Heinl jr. ont formé la Milice Macoute, les Volontaires de la Sécurité Nationale (VSN), le fer de lance de la barbarie. C’est la brigade d’intervention rapide canadienne secondée par la Milice Macoute qui, de 1982 à 1985, a exterminé le cochon créole haïtien, élément de base de l’alimentation paysanne, lors de l’épidémie de Fièvre Porcine Africaine. C’est le Château de Théméricourt, à Val-d’Oise en France, que Baby Doc a bel et bien acheté au coût de 104.8 Millions US$ (Dollars Américains) (!!!), en 1987. Et, c’est sur la Côte-d’Azur qu’il a mené, jusqu’en 1990, la Belle Vie et célébré sans doute la Francophonie en compagnie de ses congénères, certains présidents millionnaires africains.
La dictature macoutique aux milliers d’assassinats et aux centaines de massacres a ensanglanté toutes les classes de la nation (Domaniers, Manufacturiers, Notables, Artisans-commerçants, Ouvriers, Paysans, Fermiers-métayers, Journaliers-saisonniers…). À l’encontre de la dictature libérale d’Élie Lescot défendant les agro-industriels et de la dictature conservatrice de Paul Magloire défendant les généraux domaniers, celle de Papa-Baby Doc a défendu la petite noblesse terrienne de 10 à 100 hectares affamant à la limite sur des micro-parcelles de moins d’un hectare ses fermiers et métayers. Hélas, elle est la plus rétrograde, obscurantiste et sanguinaire de l’histoire d’Haïti.
L’aristocratie haïtienne, ce fut bien, elle, la plus révolutionnaire de la mer des Caraïbes, celle des citadelles, des forts et des bourg-forteresses pour résister à l’invasion française, celle des villes portuaires et des bourgs frontaliers où les généraux boliviens Francisco Miranda (1806) et Simon Bolivar (1812) et plus tard le général dominicain Santiago Rodríguez Masagó (1863) embarquèrent armes et munitions pour libérer l’Amérique Latine de l’esclavage et du colonialisme espagnol! Période glorieuse caractérisée par son altruisme, son génie militaire et sa solidarité latino-américaine combattante anti-esclavagiste et anticolonialiste.
Vers 1870, l’aristocratie haïtienne tomba en décadence principalement parce qu’elle n’a pas su développer le moulin et la locomotive à vapeur à l’échelle du pays, à l’exemple de Cuba ou même de la République Dominicaine. La machine à vapeur et le travail salarié rendirent caduques les moulins à eau, vent et bête ainsi que l’esclavage dans les Amériques et propulsèrent la 1ère Révolution Industrielle. L’aristocratie n’a pas su non plus réhabiliter l’agroforesterie (acajou, campêche), ni sécuriser l’exploitation caféière paysanne de cinq hectares. La taxation de l’agroforesterie et de l’exploitation paysanne paya la dette de l’indépendance ou la dette contractée vis-à-vis de la France pour ses entreprises nationalisées ou détruites durant la révolution haïtienne. Cette dette totalement acquittée vraisemblablement vers 1890 était rendue nécessaire à cause du rapport des forces géopolitiques en Amérique Centrale, resté inchangé jusqu’à nos jours. Exemple rapport Cuba-US (1960-2023).
Par contre, de son côté, la bourgeoisie haïtienne lança le train à vapeur (1870-1910). Partant des villes de Port-au-Prince, Gonaïves et Cap-Haïtien, le train à vapeur constitua un véritable axe de développement de leur arrière-pays où s’épanouit une paysannerie indépendante et pratiquant la polyculture.
L’Occupation Américaine (1915-1934) ruina les capitalistes haïtiens et déposséda la paysannerie en développant ses grandes plantations agro-industrielles monoculturales [HASCO (sucre), Plantation Dauphin (pite), Standard Fruit (figue-banane) …] sur 10 000 à 15 000 hectares. La corvée remise en place par l’Occupant pour la construction des routes déclencha l’insurrection paysanne et la guerre de guérilla (1919-1920). L’Armée Américaine massacra 5500 paysans dans le camp de concentration des prisonniers de Chabert.
L’Invasion, le 19 Septembre 1994, par la 82ème Division Aéroportée de l’Armée Américaine, forte de 25 000 militaires aguerris, soi-disant pour « Restaurer la Démocratie » ne fit que contribuer à la déliquescence du macoutisme : Déchiquetage de la Constitution de 1987; Démantèlement de l’Armée d’Haïti; Soumission aux réajustements structurels draconiens et dévastateurs de la Banque Mondiale et du Fond Monétaire International; Privatisation et Liquidation des Institutions et Entreprises Publiques (Électricité, Université, Service Hospitalier…); Mise sous tutelle du pays par l’impérialisme Américain-Canadien-Français via les Missions Onusiennes à sa solde soumettant en toute impunité la population aux infections de la soldatesque internationale; Transformation de la Milice Macoute en Fédérations de Gangs et Cartels de Mafieux détroussant et assassinant la population et interdisant toute vie économique, civile et politique; Déstabilisation périodique de la nation par des Escadrons de Mercenaires et des Brigades Aéroportées d’Intervention Militaire-policière-humanitaire… L’hécatombe des gangs et mafias, pour l’année 2022, atteignit ce sommet : plus de 1600 assassinats; 1400 enlèvements; plus de 150 maisons brûlées; 1500 écoles et 100 usines fermées (soit plus de 75 000 élèves renvoyés, 5000 ouvriers licenciés) ; les grandes artères routières bloquées à plusieurs reprises, (certains passagers dévalisés, d’autres assassinés); les grands canaux d’irrigation, les grandes stations d’alimentation d’électricité, les grandes citernes pétrolières sabotés ou saccagés à plusieurs reprises; plus de 100 expropriations paysannes dans l’Artibonite et le Nord-Est; plus de 200 marchés dévalisés; entre 250 000 et 500 000 armes à feu introduits au pays par la Mafia Globale Américaine, Canadienne, Européenne….
B Bien plus, la mise sous tutelle dégénérative du macoutisme déliquescent aggrava le flux des foot-peoles haïtiens vers la République Dominicaine et des boat-peoples haïtiens vers les autres pays d’Amérique Centrale. Le flux des foot-peoples vers la République Dominicaine passa de 100 000 en 1937 à 50 000 en 1957, 400 000 en 1980 (année du début de la déliquescence du macoutisme), atteignit 600 000 sans-papiers en 1997, 500 000 en 2020. Celui des boat-peoples haïtiens vers Cuba passa de 270 000 en 1930 à zéro en 1960, à cause de la nationalisation des grandes centrales sucrières par la révolution cubaine. Par contre, le flux des boat-peoples haïtiens vers Bahamas passa de 30 000 en 1980 à 4000 en 2021. Le flux des boat-people haïtiens vers la Floride passa de 60 000 en 1981 à 1500 en 2021. Le flux mixte des plane-foot-boat-peoples haïtiens, via la Colombie et la Jungle de Darien du Panama, atteignit 230 000 à la frontière US-Mexique en 2020. Les sans-papier haïtiens totalisèrent alors 700 000 aux États-Unis.
Depuis les années 1980, les bassins d’origine des foot-people et boat-peoples haïtiens se caractérisent par la haute densité de la population (plus de 400 habitants au km²), la déforestation supérieure à 60%, la polyculture dégradée, la prolifération du servage et du métayage, la carence à 90% d’eau, d’électricité, de sanitaires et de route, sur un rayon de 5 km à partir du village ou du logis.
LA CONSTITUTION DE 1987, BOUSSOLE DE LA NATION HAÏTIENNE
De la grève des étudiants de l’année 1960 au soulèvement général de l’année 1986 se développe une longue résistance anti-macoutique multiforme, mobilisant toutes les classes de la société haïtienne, tous les courants politiques. Des grèves, manifestations, sit-in, guérillas, soulèvements, ont gravé, dans le territoire national et la mémoire collective comme dans un Mausolée National, ces révoltes inoubliables : Mapou (1964), Savane Zombi (1964), Ravine Roche (1964),Cimetière de Port-au-Prince (1964),Casales (1969), Fort-Dimanche (1986), Jean-Rabel (1987)… Conservateurs, Libéraux, Démocrates, Patriotes, Populistes, Socialistes, Communistes… Combien n’ont-ils pas sacrifié leur vie pour une Haïti tout simplement Libre et Souveraine?
La Constitution du 29 Mars 1987 est la sève alimentée du sang des martyrs de toute cette longue lutte héroïque et ensanglantée de résistance au Macoutisme. Elle a été adoptée via un Référendum éminemment démocratique par 99% du vote populaire, correspondant à 55% de l’électorat! Soit un taux d’abstention de 45%. La participation a été extrêmement importante due à un travail de consultation, de discussion et de mobilisation s’étendant sur tout le territoire national.
Elle est aussi la boussole qui éclaire cette longue lutte inévitablement séculaire de libération nationale et démocratique du peuple haïtien en ce 21ème Siècle. C’est un instrument de combat patriotique et démocratique. Bayonèt Makout yo (milisyen, chimè, zenglendo,gang, mafya …) se Fè ! Men Konstitisyon 1987 sila a li se Asye !
Quels sont certains prescrits importants de la Constitution de 1987 ?
- SOUVERAINETÉ MILITAIRE
La Constitution de 1987 proclame la République d’Haïti souveraine et indépendante (arts. 1/ 8). La couleur du drapeau est bleue et rouge (celle de l’Union Nationale Immortelle du 18 Mai 1803 !) (art. 2). L’hymne national est La Dessalinienne (Pour le pays pour les Ancêtres, Marchons unis, Marchons unis/ Dans nos rangs point de traîtres. Du soyons seuls maîtres/ …) (art. 4). La langue cimentant à l’unisson tous les haïtiens est le créole. La langue officielle du pays est le français (art. 5).
Le citoyen haïtien est au service du pays. Il doit respecter la constitution et le drapeau du pays. (arts. 52/52-1-1).
La mission de l’Armée est d’assurer la paix nationale et la défense contre l’agression étrangère. Ses trois branches sont la terrestre, la maritime et l’aérienne. (art. 264). Son rôle est de protéger le pays contre les dangers qui viennent de l’étranger, de surveiller la frontière, d’appuyer la police, d’aider la population en cas de désastre et catastrophe (art. 266).
Seules l’armée et la police ont le droit de porter des armes. L’armée a le droit exclusif de commander et de fabriquer des armes, des munitions et des matériels de guerre et de les mettre en dépôt. (arts. 263/268-3).
- AUTOSUFISANCE ALIMENTAIRE
Selon la Constitution de 1987, tout haïtien a droit à un logement adéquat pour résider et a une alimentation suffisante (art. 22). La terre, la première richesse du pays doit permettre à tout haïtien de vivre à l’aise (art. 247).
Pour cela, l’État doit restaurer le rendement de la terre et sécuriser la vente des denrées agricoles à l’intérieur du pays. L’État doit avoir sa propre entreprise agricole pour alimenter les haïtiens (arts. 249/252).
L’État encourage la coopérative pour la production des denrées rentables dans tout le pays (art. 246). Il encourage également l’entreprise privée pour augmenter la richesse et le progrès du pays (art. 246).
- INDÉPENDANCE FINANCIÈRE
La Constitution de 1987 spécifie que tout citoyen haïtien doit payer des taxes et impôts et respecter l’argent et les biens de l’État (arts. 52-2/52-9). La Banque Centrale d’Haïti de son côté est souveraine sur la question de l’argent. Elle seule a le droit de faire de l’argent ayant une valeur pour tout le pays (arts. 225/226).
Étant donné l’ampleur de la dilapidation publique par le Macoutisme Grand Mangeur (MGM) suivant l’exemple de Baby doc, La Constitution prescrit qu’avant d’exercer leur fonction, le Président de la République, le Premier Ministre, les Sénateurs et les Députés doivent se mettre en règle avec l’État, s’ils étaient auparavant responsables de l’argent public (arts. 91-6/96-6/135-6/157-5). Tout administrateur public suspect d’enrichissement illicite durant son travail devra être dénoncé par ses collègues à l’autorité chargée de rechercher les preuves de sa malversation (arts. 241/242). L’administrateur public qui vole les biens publics et qui ne respecte pas la Constitution trahit le pays et doit être condamné à vie aux travaux forcés (travaux obligatoires productif-éducatifs ?) pour l’État (art. 21-21)
Pour protéger l’exploitation paysanne, dont la taxation contribue à la richesse nationale, contre les expropriations des Administrateurs Publics Grands Mangeurs, la Constitution exige un Programme Étatique de Distribution de la terre agricole (arts. 248/248-1).
Pour favoriser la diversification agricole contribuant à la prospérité nationale et à une finance autosuffisante, la Constitution interdit le monopole des Grandes Compagnies Productrices ou Importatrice-Exportatrices de denrées (art. 250). De même, elle interdit d’importer des denrées que le pays peut produire suffisamment pour nourrir sa population (tel le riz de l’Artibonite) (art. 251).
- DURABILITÉ ENIRONNEMENTALE
Selon la Constitution, le citoyen haïtien doit aider à la protection et à la propreté de la terre et du littoral du pays (art. 52-1-8). Le littoral de la mer, des rivières, embouchures, sources, cascades ainsi que les mines et les carrières sont des propriétés de l’État et doivent être utiles à tous les haïtiens (art. 36-5). Aucun citoyen ne peut transformer le pays en une poubelle où les pays étrangers viendraient y déverser leurs ordures (art. 258).
De son côté, l’État haïtien doit protéger les forêts et les montagnes actuelles et organiser une reforestation entière du pays ! Il doit encourager, pour produire l’électricité, les énergies qui ne détruisent pas la terre ni ne polluent son littoral, telles l’énergie hydraulique, solaire, éolienne et autres (art. 255).
Dans tout le pays, l’État doit développer des Parcs Naturels Régionaux protégeant la flore et la faune (art. 256) et des Réserves Spéciales protégeant les espèces menacées (art. 257).
L’État est aussi responsable de protéger les Bâtiments Historiques, les Sites de Hauts Faits d’Armes (tel celui de La Ravine à Couleuvres), les Lakou contenant les Objets Sacrés de la Religion Vodou (tels les Lakou Souvnans, Soukri, Bovwa …) (art. 215).
- PLURALISME ET MUTIPARTISME
La Constitution de 1987 proclame que tout haïtien a le droit de s’exprimer librement. Notamment, s’il est un journaliste, il a le droit de travailler librement sans aucune permission, aucun contrôle de l’État (arts. 28/28-1).
Tout citoyen haïtien est également libre de suivre sa religion ou ses croyances dans la mesure où dans sa pratique, il ne contrarie le droit d’aucune personne ni celui d’aucun groupe de personnes (art. 30).
Pour cela, dans la pratique, l’État droit protéger le domicile ainsi que les biens matériels et spirituels du citoyen contre toute violation, toute expropriation (arts. 36-1/43). Il doit lui offrir de bonnes formations et connaissances afin d’avoir un bon métier, de s’unir avec ses concitoyens et de travailler pour le pays (art. 32). Il doit arriver à donner une formation gratuite à tout citoyen de la maternelle à l’université (arts. 32-1/32-6). Les connaissances fournies à tous les niveaux de la scolarité doivent être libres. Mais, l’État doit contrôler la manière dont l’école (publique, privée, communautaire …) se sert de ce droit (art. 33).
La Constitution proclame également que le citoyen haïtien a le droit de se réunir librement sans prendre les armes. Il a le droit de former toute association politique, économique, culturelle, pour le pays, pour la paix … (art. 31).
Notamment, les Partis Politiques, permettant de voir clairement la volonté populaire, ont le droit d’exister et de travailler librement. Pour ce, ils doivent être d’accord avec les principes de la Démocratie, de l’Indépendance et de la Souveraineté du pays (en clair, ils doivent s’opposer à l’invasion et à la mise sous tutelle du pays par une puissance impérialiste) (art. 31-1).
Les partis politiques, en plus des activités d’éducation et de mobilisation de la population pour la défense de la Démocratie et de la Souveraineté du pays, participent régulièrement à des élections pour le renouvellement des mandataires de l’État. Selon la Constitution, les dépenses électorales doivent être payées partiellement par ce dernier. Pour cela, les partis politiques, participant aux élections, doivent obtenir au minimum 10% du vote au niveau national et 5% du vote au niveau départemental (arts. 281/281-1).
PROPOSITIONS DE PRIORITÉS NATIONALES POUR 2025-2075
Face à la déliquescence du Macoutisme sous une tutelle tricéphale dégénérative, entrainant la destruction de la nation, il serait important dans les prochaines cinquante années (2025-2075) de réaliser ses priorités :
- RENOUVELLEMENT GRADUEL DE L’ARMÉE D’HAÏTI
Il faut renouveler l’Armée actuelle en une véritable Armée Défensive de 15 000 à 25 000 militaires avec son Quartier Général et son Académie Militaire. Elle sera composée de cinq branches dont trois simples [Terrestre(T), Maritime(M), Aérienne(A)] et deux mixtes Terrestre-Maritime-Aérienne (TMA). Elle sera équipée de Véhicules tout-terrain, Garde-côtes amphibies, Hélicoptères de Secours, Drones et Observatoire Satellite. Elle sera chargée de surveiller et protéger la Terre (les zones vulnérables d’érosions, éboulements, inondations ; les bassins de bidonvilles et de famines ; les versants montagneux exposés aux cyclones ; les failles géologiques exposés aux séismes …), les côtes (les zones de pollution ; les zones de départ des boat-people … ), la frontière ( zones de transit des foot-people et de trafics illicites … ), la mer (les zones de pollution ; les trajectoires des cyclones ; les flux mafieux et gangstérisés … ).
L’armée d’Haïti est la première institution constitutionnelle, démocratique et patriotique à renouveler. Une fois sa mission et ses taches constitutionnelles rétablies, elle pourrait, via son site internet, contribuer à établir des comités de défense patriotique dans les quartiers, villages, et villes du pays, afin d’aider le citoyen à protéger sa vie et ses biens (contre les massacres et les pillages des gangs et mafias), et à servir le pays (protéger et défendre le territoire, la population, les infrastructures, les bâtiments, les monuments, les places, les ports ….), conformément aux prescrits de la constitution.
- FORESTATION, ÉLECTRIFICATION ET URBANISATION GRADUELLES ET SOUTENABLES
Il s’agit d’augmenter la couverture forestière (terrestre, côtière, maritime) de 4% actuelle à un minimum soutenable de 30%. Il faut aussi augmenter celle des aires protégées jusqu’à un minimum soutenable de 10%. Les corridors biologiques du pays devront avoir au minimum une largeur de 3 km.
Il s’agit également de répartir d’une façon équilibrée l’électricité entre les différents usages [irrigation-conservation (15%), agriculture-élevage (15%), artisanat-industrie (35%), infrastructure (15%)-résidence (20%)] et de garantir un minimum de 20 kWh (kilowattheures) par mois par personne. La capacité électrique actuelle du pays devra passer de 350 MW (Mégawatts) à 3500 MW, suivant un taux d’accroissement annuel de 2%. Pour ce, il faudra réduire le charbon de bois de 75% à 0% tout en augmentant les énergies renouvelables (hydraulique + solaire + éolienne + bioélectrique) de 10% à 50%. Les énergies fossiles (gazoline + propane + gaz naturel…) devront diminuer au total de 50% dans la production énergétique nationale.
Au niveau de l’urbanisation, il s’agit de réduire les bidonvilles (avec leur indice d’habitabilité de 0.5 m² par personne) de 80% à 0% et d’augmenter les villes (avec leur indice d’habitabilité de 5 m² par personne) de 5% à 30% de la couverture urbaine. L’indice d’habitabilité (IH) est la surface minimale en m² (mètres carrés) nécessaire pour l’équilibre individuel et familial de l’habitant d’un logement. Sa valeur optimale est de 14 m² par personne (IH>14 m² par habitant). La couverture urbaine est la superficie de l’ensemble des villes, villages, bourgs, bidonvilles répartis sur le territoire national. Avec un taux de bidonvillisation de 80%, c’est l’espèce humaine haïtienne elle-même qui est en extinction dans son habitat tombé au-dessous de son minimum vital (tout comme le crocodile de l’Étang Saumâtre !).
- CLUSTERS (GRAPPES) AGRICOLES-INDUSTRIELS-UNIVERSITAIRES
Il s’agit de développer l’agriculture, l’industrie et l’université en symbiose et en partenariat Public-Privé-Communautaire. L’exploitation agricole comprend l’exploitation paysanne familiale (1-5 has (hectares)), celle coopérative (10-30 has), celle domaniale privée et publique (100-500 has). L’industrie privée/coopérative/publique (1-50/50-100/100-500 ouvriers + employés) comprend celle des biens essentiels [agriculture (engrais, semences, machines agricoles) ; alimentation (céréales, légumes, poissons, boissons …) ; pharmacie (remèdes, outils médicaux) ; vêtements (blouses, masques, équipements de travail) ; construction (matériaux (ciment, béton, acier), instruments) ; bâtiment (logements, écoles, hôpitaux) ; culture (livres, tablettes, équipements électroniques) ; loisir (matériels de musique, accessoires) ; recyclage (composts, métaux, plastiques)…]. L’université publique (60%) / coopérative (20%) / privée (20%) comprend l’Institut de Recherche Appliquée sur des exploitations de 100 à 500 hectares. Ces trois domaines, agriculture, industrie et université, sont interconnectés et se soutiennent mutuellement pour mettre fin à l’exode des entrepreneurs, cadres et ouvriers haïtiens et assurer le progrès de la nation.
La polyculture paysanne ainsi que la réhabilitation et la conservation des écosystèmes terrestres, côtiers et maritimes sont estimées et valorisées, via les subventions et les réductions de taxes et impôts, comme en Suisse. L’industrie des biens essentiels est assumée principalement et progressivement par la manufacture haïtienne réhabilitée et secondée par celle des nations d’Amérique Centrale recevant le flux des sans-papiers venant d’Haïti. C’est le régime macoutique sous tutelle tricéphale qui a démantelé la manufacture haïtienne en gestation dans les années 1960-1970.En 1960, l’industrie comprenait extraction minière (8.79%), alimentation + boisson (59.5%), textiles (10.10%), bois + meuble + papiers (4.80%). Ces branches étaient dominées par le capital américain. En 1970, près de 1000 à 2000 usines fonctionnaient pour le pays, concentrées surtout à Port-au-Prince notamment dans l’alimentation (32), le vêtement (10), les matériaux de construction (31), les meubles et vaisselles (251) … Déjà, La sous-traitance de son côté comptait 210 usines employant 25 000 ouvriers dans l’assemblage des chips électroniques et des balles de baseball pour l’Armée Américaine ainsi que des vêtements pour les grandes boutiques des États-Unis en pleine guerre de démantèlement du Vietnam! N’est-ce pas déjà le sacrifice du vêtement haïtien (chemises et corsages Acra, guayabel (gwayaberas) Coles …) au profit du vêtement américain haut de gamme sur le marché luxueux des États-Unis et au profit du vêtement américain usagé, les pèpè, sur le marché informel d’Haïti ?! Aujourd’hui, en 2023, la sous-traitance compte environ 32 500 ouvriers, répartis dans les parcs industriels de Port-au-Prince, Caracol et Ouanaminthe. Dominée par le capital sud-coréen, elle fabrique des tissus et vêtements principalement pour le Complexe Industriel Militaire (CIM) américain. L’industrie nationale haïtienne (carrière, matériaux de construction, alimentation, vêtements, meubles …) végète dans la précarité et l’insécurité entretenues par régime macoutique déliquescent.
Les infrastructures des énergies fossiles et renouvelables servant à la locomotion, l’éclairage, le chauffage, la ventilation sont publiques. Il en est de même des infrastructures ferroviaires, autoroutières, cyclistes et piétonnières, des égouts et des aqueducs, des lignes téléphoniques, télévisuelles et digitales (internet). Elles relient librement les arrière-pays des villes côtières, traversent les grandes plaines et vallées, acheminant passagers, marchandises, énergies et informations à bon marché, même à la suite des cyclones et des tremblements de terre. L’expertise et le savoir-faire millénaires du Japon et de la Chine confrontés aux typhons, tsunamis, tremblements de terre coutumiers et dévastateurs pourront aider à l’aménagement de ces infrastructures durant la période post-macoutique haïtienne. Cette aide se fera dans la stricte observance des principes des Nations-Unies : respect de la souveraineté d’Haïti et non-ingérence dans ses affaires internes.
- ÉPURATION, FORMALISATION ET AUTOSUFFISANCE FINANCIÈRES
Il s’agit d’abord d’éliminer la déprédation des biens de l’État (patrimoines, entreprises, capitaux) anéantissant la finance publique à tous les niveaux (commune, arrondissement, département, nation). Cela exige l’édification institutionnelle (tribunal, police…), la conscientisation médiatique, la mobilisation citoyenne.
Ensuite, il s’agit de réduire au maximum l’activité économique informelle. Le PIB (Produit Intérieur Brute) haïtien se caractérise par la prédominance du secteur de services informels (épiceries, restaurants, pharmacies, cabinets médicaux, multiservices, cybercafés…). Approximativement, Les secteurs primaire (agriculture…) et secondaire (industrie…) forment chacun 20% et le secteur tertiaire (services…) forme 60% du PIB. Alimentés par des petites et moyennes entreprises informelles, ces services contribuent fort peu à la valeur ajoutée. Pour les sortir de leur précarité existentielle, il faut en tout premier lieu leur garantir une sécurité foncière, financière et juridique. Cela leur permettra de sortir du manje sinistre, pèpè et lekòl bòlèt. Puis, dans un deuxième temps, ils se consolideront en de véritables entreprises privées légales (1-50 employés). Ils seront encouragés à s’associer selon leur spécialité et à s’éduquer d’une façon continue. Ils devront s’acquitter des taxes et impôts relatifs à toute entreprise. De même, Ils devront respecter les droits syndicaux de leurs employés et ouvriers.
Enfin, il faut ériger une vraie barrière tarifaire contre l’importation des biens essentiels qui peuvent être produits dans le pays et un Commandement Militaire Terre-Mer-Air (TMA) pour démanteler les trafics côtiers-frontaliers illicites (sans-papiers, drogues, armes…). Il faut sortir de la liquidation des entreprises publiques du pays sous le dictat de la Banque Mondiale et du Fond Monétaire International, faisant suite à l’invasion aéroportée américaine du 19 septembre 1994, (Électricité d’Haïti, TELECO, Minoterie, Entreprise Oléagineuse, Banque Nationale de Crédit, Banque Haïtienne de Développement, Autorité Portuaire Nationale, Aéroport International, Ciment d’Haïti…). Cette liquidation a été effectuée au profit des entreprises américaines, canadiennes et françaises.
Il faut abolir les systèmes de rémunération courants au pays tels celui, prisé par les Organisations Non Gouvernementales (ONG), du nom de « Food for Works » pour les ouvriers et celui du nom de « six mois d’arriérés de salaires » pour les ouvriers, employés, techniciens et cadres de l’Administration Publique.
Il faut soumettre d’une façon égalitaire des impôts aux Organisations Populaires (OP) et aux ONG. Il faut démanteler les Fédérations de Gangs et les Cartels Mafieux et mettre sous séquestre leurs biens découlant de leurs razzias contre la population. L’objectif est de permettre que tous les citoyens et toutes les entreprises puissent s’épanouir en paix et contribuer d’une façon libre, équitable et progressive aux taxes et impôts de l’État.
Pour que le pays entame un développement essentiellement autosuffisant et durable son PIB devrait être ainsi réparti approximativement : Secteur Primaire [Reforestation (5%), Agro-pasto-pisciculture (15%) …] ; Secondaire [Énergie + Infrastructure (20%), Industrie (20%) …] ; Tertiaire [Éducation + Recherche (10%), Finance (5%), Santé (5%), Défense (2.5%) …]. La Banque Haïtienne de Développement réhabilitée devrait financer le processus d’un développement durable du pays en coordination avec la Banque de l’Amérique Centrale d’Intégration Économique (BCIE, selon ses sigles espagnols) et avec la Banque de Développement de BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, selon ses sigles anglais). Celle-ci est une Banque Multilatérale de Développement guidée par les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies. Ces Objectifs sont principalement : Réduction de pauvreté ; Élimination de la famine ; Santé de base ; Éducation de qualité ; Énergie à coût modique ; Infrastructure, Industrie et Innovation ; Villes durables ; Lutte contre le réchauffement climatique ; Protection des écosystèmes maritimes et terrestres …
- LARGE UNION MULTIPARTITE DE LIBÉRATION NATIONALE
La lutte actuelle contre le Macoutisme déliquescent sous tutelle tricéphale dégénérative est menée, depuis 1987, par des partis de droite, de centre et de gauche. Parmi ceux de la droite, se retrouvent : MDN (Mouvement de Développement National, PAIN (Parti Agricole Industriel National), RDDNP (Rassemblement Des Démocrates et Nationalistes Progressistes), AAA (Ayiti An Aksyon), KONA (Konbit Nasyonal), MTVA (Mouvman for Transformation and Valorisation of Haïti) … Parmi ceux du centre, se retrouvent : FNCD (Front National pour un Changement Démocratique), OPL (Organisation du Peuple en Lutte), MOPOD (Mouvement Patriotique Populaire Dessalinien), GREH (Grand Rassemblement pour l’Évolution d’Haïti), PHTK (Parti Haïtien Tèt Kale), FL (Fanmi Lavalas), PD (Pitit Desalin) … Parmi ceux de la gauche, se retrouvent : PUCH (Parti Unifié des Communistes Haïtiens), PAPDA (Platfòm Ayisyen Pledwaye Pou Devlòpman Altènatif), MOLEGRAF (Mouvement de la Liberté et de l’Égalité des Haïtiens pour la Grande Fraternité), KOPSAP (Konbit Òganizasion Politik, Sendikal Ak Popilè) … Hélas, le régime macoutique peut se perpétuer dans s déliquescence durant plus d’un siècle, à travers des élections tout-à-fait démocratiques alternant ces formations politiques au stade embryonnaire.
Il est nécessaire que soient établis à l’Assemblée Nationale tous les partis avant-gardes des classes fondamentales du pays (Domaniers, Manufacturiers, Petite Bourgeoisie Entrepreneuriale, Petite Noblesse Terrienne, Ouvriers, Paysans, Fermiers-Métayers, Journaliers-Saisonniers…). C’est leur union et leurs sacrifices qui ont forgé et porté la Nation Haïtienne de l’Indépendance à nos jours (1804 – 2021). Notamment, l’exploitation des paysans et des ouvriers a servi à rembourser la dette de l’Indépendance (1825-1893). Ces derniers sont les premiers sacrificiés de la nation, lors des massacres et des hécatombes, hélas, jusqu’à ces jours-ci de basse et crapuleuse barbarie.
Huit à dix partis ou front politiques (allant de la droite à la gauche, en passant par le centre), représentant des classes fondamentales et couvrant tout le territoire national, de la Section Communale au Département, devront être financés par les citoyens du pays. Ils ne seront financés ni par les Ambassades étrangères, les ONG et les Lobbies, ni par les gangs et les mafias. Le citoyen haïtien (qu’il soit domanier, manufacturier, artisan-commerçant, notable, ouvrier, paysan, métayer, journalier …) en payant son impôt acquiert le droit et le pouvoir d’influencer la politique de son pays, via son parti présent à l’Assemblée Nationale. L’État remboursera sous forme de crédit d’impôt sa contribution à son parti.
Il faut en finir avec les fallacieux cent-quarante partis politiques (!!!) financés par la Communauté Internationale, lors des joutes électorales. Au juste, ils ne sont que des leaders providentiels, des groupuscules ou des cercles politiques vivant de la manne déversée par la tutelle tricéphale lors des élections téléguidées. Ils constituent des pions formant à la longue une classe politique manipulée et dévouée à la mise sous tutelle du pays.
Le rôle primordial d’un parti ou front politique d’avant-garde est de lutter pour l’éducation et le bien-être de sa classe et pour l’indépendance, la souveraineté et la démocratie de notre nation. Le gouvernement putschiste narco-macoutique actuel, sous intervention policière(terrestre) et militaire (navale +aérienne) américaine-canadienne, participe pleinement à notre génocide national. Son budget (B) pour l’année 2023 atteint 1.716 Milliard US$ [1 US$ (Dollar Américain) = 155.53 G (Gourde haïtienne) /17 Avril 2023]. 235 Millions US$ (13.7%B) sont consacrés au service de la dette, 185 Millions US$ (10.0%B) à l’intervention policière-militaire, alors que 190 Millions US$ (11.1%B) vont à l’éducation primaire + secondaire + professionnelle, 117 Millions US$ (6.8%B) vont aux travaux publics, transport et communication, 12 Millions US$ (0.7%B) vont à l’université !!! Le service de la dette et l’intervention policière-militaire accaparent 23.7%B !!! L’environnement délabré, l’agriculture effondrée, l’industrie nationale précarisée ne reçoivent même pas 1 US$. Soit donc 0.0%B !!! 43% de la population, croupissant dans une insécurité alimentaire chronique depuis les années 1970, est soumise aux taxes et impôts du gouvernement et de ses tuteurs et en plus aux extorsions et expropriations de leurs gangs et mafias affiliés et vénérés !!!
- LARGE UNION DE LIBÉRATION DE L’AMÉRIQUE CENTRALE
Haïti devrait s’unir avec les autres nations d’Amérique Centrale au sein de la CELAC (Communauté des États d’Amérique Centrale et des Caraïbes) pour lutter contre les interventions, ingérences, déstabilisations, embargos, blocus, invasions, occupations des États-Unis et de leurs Alliés dans leur Arrière-cour.
Leur Arrière-cour de la Mer des Caraïbes comprend : leurs mines et exploitations pétrolières occasionnant d’immenses bassins de pollutions fluviales, côtières et maritimes ; leurs agro-industries fruitières desservant le marché mondial ; leurs zones franches hors-taxes ; leurs paradis fiscaux ; leurs Bases Militaires à Interventions Rapides ; leurs bagnes sans statut juridique ; leurs centres spatiaux pour le lancement de leurs missiles et satellites militaires et pour l’exploration scientifique de l’univers ; leurs parcs culturels à la Disney World ; leurs croisières touristiques dans leurs paquebots claustrophiles s’arrêtant aux Quais factices, surtaxés et polluants ainsi qu’aux Îles réservées et gardées…
La seule façon pour les petites nations caribéennes de lutter contre leur génocide programmé est de s’unir pour sortir de leur sous-développement chronique. Ce front de lutte politique est en gestation dans le cadre de la CELAC. Sur le plan économique, la Banque d’Amérique Centrale d’Intégration Économique (BCIE, selon les sigles espagnols) et la Banque de Développement de l’Amérique Latine (BDAL) constituent des ébauches prometteuses de Fronts pour un développement durable et solidaire. Il faudrait redévelopper le Marché Commun de l’Amérique Centrale des années 1960 en l’élargissant (tout en le rendant équitable et solidaire) aux produits agricoles, artisanaux, industriels, culturels (telles les visites de sites géologiques, archéologiques, biologiques, architecturaux …), récréatifs (tel l’écotourisme) … Sur le plan international, Il faudrait s’ouvrir à l’Initiative de la Ceinture et de la Route de la Chine millénaire, une initiative de coopération donnant-donnant et gagnant-gagnant, surtout sur le plan de développement des infrastructures et des énergies vertes et renouvelables.
Enfin sur le plan juridique, il faudrait établir un Tribunal d’Amérique Centrale de la Paix (TACP) afin de juger et condamner les actes criminels d’ingérences et de déstabilisations permanentes dont sont victimes les nations de cette Arrière-cour. Il ne se passe de quinquennats sans que des Escadrons de la Mort et des Brigades de Mercenaires n’alimentent des brigandages et des pillages dans les villes, des tentatives de coups d’état et d’assassinats contre les présidents des Républiques. Exemples d’assassinats de Présidents : Anastasio Somoza (Nicaragua, 1956) ; Rafael Leonidas Trujillo (République Dominicaine, 1961) ; Jaime Roldós Aguilera (Équateur, 1981) ; Omar Torrijos (Panama, 1981) ; Maurice Bishop (Grenade, 1983) ; Jovenel Moïse (Haïti, 2021). Exemples de tentatives d’assassinats, de coups d’état et de soulèvements contre des présidents : Fidel Castro (Cuba, plus de 100 tentatives d’assassinats, 1959-2008 !!!) ; Lionel Chavez (Venezuela, 1992) ; Nicolas Maduro (Venezuela, 2018) ; Daniel Ortega (Nicaragua, 2018).
Ce tribunal est d’une grande importance pour la région. Par exemple, il devrait juger le coup d’état, via l’assassinat crapuleux du président Jovenel Moise par la Corporate Training Unlimited (CTU), une entreprise globale américaine de mercenariat. Cette entreprise orchestra l’assassinat présidentiel par un escadron de la mort formé de colombiens, américains, canadiens et haïtiens, selon un scénario long et minutieux de quelques années. Le tribunal devrait aussi juger la série d’interventions de l’Impérialisme Tricéphale en Haïti de 1994 à 2021. Si la culpabilité de l’Impérialisme Tricéphale est établie, ce dernier devrait suspendre toute ingérence, déstabilisation, occupation, tout embargo, blocus contre Haïti et les autres pays d’Amérique Centrale. Il devrait arrêter le génocide des nations de l’Amérique Centrale.
Cela fait plus d’un demi-siècle qu’il soutient des deux mains (politique et militaire) le Macoutisme Haïtien, ce Nazisme Tropical (la Milice Macoute dérive de la Gestapo Nazie !), sous le fallacieux prétexte « des droits de l’homme et de la démocratie » ! C’est chez lui, d’abord, qu’il devrait réaliser son rêve chimérique. Pour cela, il devrait déraciner le racisme systémique qui réduit ses aborigènes, ses minorités originelles et culturelles à des conditions de logement et de vie (nourriture, vêtement, éducation, santé, transport …) anéantissant l’espèce humaine. Il devrait aussi éliminer le nettoyage politique systémique (systemic political cleansing) qui réduit la classe de ses opprimés (ouvriers, employés, techniciens… précarisés, soit approximativement 30% de la population) à un simple cheptel électoral, sans aucun parti politique indépendant et effectif à son Assemblée Nationale.
L’Impérialisme Tricéphale s’est développé via la classe dominante capitaliste monopoliste, transnationale et globale éliminant le pouvoir politique de la classe opprimée. Le système politique qu’il engendre est bel et bien ploutocratique, opposant les partis libéraux et conservateurs selon le modèle américain. La classe moyenne alimente les luttes politiques entre les protagonistes de la classe dominante en leur fournissant des groupuscules et des leaders lors des joutes électorales. Elle arrive même à former une classe politique composée de politiciens défendant du bec et des ongles le statut quo imposé par la classe dominante.
POUR UNE HAÏTI SOUVERAINE EN DÉVELOPPEMENT DURABLE ET SOLIDAIRE
La lutte démocratique et nationale pour le développement d’Haïti en Amérique Centrale sera longue, multigénérationnelle, séculaire. Le Macoutisme déliquescent sous tutelle dégénérative Américaine-Canadienne-Française peut bel et bien durer plus d’un siècle, compte tenu de la situation géopolitique régionale et mondiale actuelle. Mais la victoire d’un développement démocratique et souverain du pays est certaine, dans le premier quart de ce Millénaire.
La Révolution Anti-esclavagiste et Anticolonialiste Haïtienne de 1804 est une fille aînée de la Révolution Bourgeoise Antiféodale Française de 1789. Comme sa maternelle, la Révolution Haïtienne a une dimension universelle s’étendant sur toute la planète et une portée millénaire (1800-2800 !). N’importe quelle nation peut dans sa lutte anticolonialiste bénéficier de cette révolution. La leçon de la révolution haïtienne de 1804 est claire : Pour vaincre le colonialisme et le néocolonialisme, il faut un Front Uni National et une Armée de Libération Nationale. Hélas, de nos jours, nos compatriotes, en ne comprenant pas cette leçon, sont en train de se noyer dans la contre-révolution et entrainer la nation dans une spirale suicidaire.
De même, la Révolution Antiféodale, Anti-impérialiste et Socialiste de la Révolution Chinoise de 1949, ainsi que celle Anti-caudilliste, Anti-impérialiste et Socialiste de la Révolution Cubaine de 1959, sont toutes deux filles de la Révolution Anti-tsariste et Socialiste de la Révolution Russe de 1917. Ces trois révolutions ont, elles aussi, une dimension universelle et une portée millénaire. N’importe quelle nation du tiers-monde, dans sa lutte contre l’impérialisme et le néo-colonialisme, peut en tirer des leçons et éviter des voies de libération erronées.
Toute révolution sociale véritable est intrinsèquement généreuse. Tout citoyen du monde peut en bénéficier dans sa lutte pour des conditions de vie meilleures. Il en est ainsi bien sûr de la Révolution Française, mais aussi des Révolutions Haïtienne, Russe, Chinoise, Cubaine… à l’aube de ce nouveau millénaire gorgé d’expériences multiples et d’espoirs.
D’autre part, le réchauffement climatique et les nouvelles pandémies affectant la planète en ce début du 21ème Siècle sont la conséquence de la Révolution Industrielle de 1860 à nos jours. Se développant principalement en Europe et en Amérique du Nord, la révolution industrielle aux quatre phases (à vapeur et carburant/électrique/électronique/digitale) accélérant le progrès technologique d’une façon exponentielle, soumit le travail au capital et détruisit l’habitat de l’espèce humaine. Elle dégrada les écosystèmes terrestres et aquatiques et détériora les biodiversités de la flore et de la faune. Elle provoqua la pollution atmosphérique, celle des sols, des eaux et des océans. Elle déstabilisa l’effet de serre protégeant la vie sur terre par l’accroissement des gaz anthropogènes dans l’atmosphère, tels le dioxyde carbone (CO2) et le méthane (CH4).
Face à ce réchauffement et à ces pandémies, se multiplient partout sur la Terre et particulièrement en Amérique Centrale les bourgeons résilients et vivaces d’un Millénaire Multipolaire, Vert, Socialiste, Pluraliste, Pacifiste.
Durant six millénaires, les Tainos et les Arawak le célébraient déjà ce Nouveau Millénaire Multipolaire, Vert et Socialiste quand ils chantaient et dansaient à la gloire du Dieu Ciel et de la Déesse Terre.
C’est ce Millénaire qu’entrevoyaient les grands romanciers d’Amérique Centrale du 20ième Siècle, tels Jacques Stephen Alexis et Gabriel García Márquez.
C’est ce Millénaire que le Pape François célèbre quand il réclame la « la Sauvegarde de la Maison Commune » pour faire face à « la détérioration de la vie humaine actuelle et la dégradation sociale ».
À l’aube de ce Millénaire, la lutte pour une Haïti démocratique, indépendante et souveraine se développant durablement, en union avec les autres nations de l’Amérique Centrale, peut donc se poursuivre à long terme avec détermination et assurance. Munis de notre Boussole, la Constitution de 1987, nous pourrons dans une large union nationale continuer notre longue marche séculaire en surmontant tous les obstacles.
Onè Respè Konstitisyon 1987 la.
Onè Respè Nasyon nou an.
Se mèt kò ki veye kò.
Dans l’Union Nationale, Haïti Indépendante, Souveraine, Démocratique, Pacifique et Solidaire se développera Durablement.
Montréal, Mai 2023.
Eddy Guery
Alias Tanbou Labou
Ingénieur-Architecte Haïtien
Designer Architectural International
RÉFÉRENCES PRINCIPALES
LIVRES ET CAHIERS
- Abbot, Elizabeth, Haïti: the Duvalier’s and their legacy. New-York, Mc Graw Hill company, 1988.
- Alexis, Jacques, Compère Général Soleil. Édition Fac-similé. Paris, Éditions Gallimard, 2003.
- G. Brisson et G. Pierre-Charles, Les relations agraires dans l’Haïti contemporaine. Mexico, Boukan, 1968.
- D’Ans, André Marcel, Haïti Paysage et Société. Paris, Éditions Karthala, 1987.
- Dejan, Pòl, Konstitisyon Repiblik D Ayiti. Port-au-Prince, Éditions CIDHICA et Zemès, 1989.
- B. Diedrich and A. Burt, Papa Doc and the Tonton Macoutes. 2nd Edition. Port-au-Prince, Éditions Henri Deschamps, 1986.
- Lamaute, Alix, La Bourgeoisie Nationale : une entité contestée. Montréal, les Éditions CIDHICA, 1999
- García Márquez, Gabriel, Cent ans de solitude. Paris, Éditions du Seuil, 1995.
- D. Heinrich et M. Hergt, Atlas de l’Écologie. Paris, Librairie Générale Française, 1993.
- Le Corbusier, Sur les 4 Routes. Paris, Éditions Denoël/Gonthier, 1970.
- Magny, Edmond, Ressources Naturelles et Environnement : Nouvelle Approche. Port-au-Prince, Éditions Henri Deschamps, 1987.
- Michel, Georges, Les Chemins de Fer de l’Île d’Haïti. Port-au-Prince, Imprimerie le Natal, 1989.
- Moral, Paul, Le Paysan Haïtien. Reproduction Fac-similé. Port-au-Prince, Les Éditions Fardin, 1978.
- Pape François, Loué sois-tu/Laudato Sí. Paris, Bayard Éditions, Mame, Les Éditions Du Cerf, 2015.
- Tanbou Labou, Kay Ba pri: Eksperyans Entènasyonal. Manuscrit. Montréal, Éditions ADAGA, 1999.
- Tanbou Labou, Remèdes Architecturaux à la Prolifération des Boat People Haïtiens. Manuscrit. Montréal, Éditions ADAGA, 2001.
JOURNAUX, MAGAZINES
- Pierre Richard Cajuste, « L’intervention des forces dominicaines en Haïti : le mythe d’une réalité géopolitique inexistante », AlterPresse, 20 Octobre 2021.
- Pierre Elien, « Michel Soukar présente sa Radiographie de la bourgeoisie haïtienne », Le Nouvelliste, 16 Juin 2021.https://lenouvelliste.com/article/229826/michel-soukar-presente-sa-radiographie-de-la-bourgeoisie-haitienne
- El Collectivo, «Escuelas oficiales de mercenarios y sicarios», La Haine, 4 Agosto 2021. https://www.lahaine.org/mundo.php/escuelas-oficiales-de-mercenarios-y
- Myrtha Gilbert, « Haïti : Pour un vrai plan de développement de la Grand’Anse », AlterPresse, 22 Août 2021.
- « Haïti : Série d’activités à Port-au-Prince, à l’occasion du 36e anniversaire de la constitution de 1987 », AlterPresse, 29 Mars 2023.https://www.alterpresse.org/spip.php?article29179
- Kerard Jeanty Junior, « Crédits budgétaires : le service de la dette et MAST accaparent les meilleurs parts du gâteau », Le Nouvelliste, 30 Décembre 2022.
- « La Loi anticommuniste de 1969 », AlterPresse, 14 Avril 2007. http://radiokiskeya.com/spip.php?article3542
- « Le séisme du 14 Août 2021 plus puissant que celui du 12 Janvier 2010, selon les scientifiques », Le Nouvelliste, 14 Août 2021.https://lenouvelliste.com/article/230991/le-seisme-du-14-aout-2021-plus-puissant-que-celui-du-12-janvier-2010-selon-les-scientifiques
- « Organizaciones de izquierda se oponen a intervención militar en Haití », Acento, 30 Marzo 2023. https://acento.com.do/politica/organizaciones-de-izquierda-se-oponen-a-intervencion-militar-en-haiti-9181333.html
- Rolphe Papillon, « Comment le Salvador peut-il inspirer Haïti dans sa lutte contre l’insécurité ? », Le Nouvelliste, 20 Avril 2022.https://lenouvelliste.com/article/235319/comment-le-salvador-peut-il-inspirer-haiti-dans-sa-lutte-contre-linsecurite
- Alphonse Roberson, « Jovenel Moïse a vu venir la mort dans une solitude totale », Le Nouvelliste, 19 Juillet 2021.https://lenouvelliste.com/article/230508/jovenel-moise-a-vu-venir-la-mort-dans-une-solitude-totale
VIDÉOS
- P. Epperlen and M. Tucker, «Iraq war veterans, 20 years later: I don’t know how to explain the war to myself», The New-York Times, March 30, 2023. https://youtu.be/RIWfH3iEgXU
- «Men nan ki eta sitiyasion malouk, nan Lopital Jeneral», AyiboPost, 3 Mas 2023. https://www.youtube.com/watch?v=EgY2wsmgH6I

