13 octobre 2026
Au pinacle du charlatanisme politique
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Au pinacle du charlatanisme politique

Par Ducasse Alcin

Dans quelques semaines, Ariel Henry marquera les deux ans de son entrée en fonction comme Premier ministre de facto. Son pouvoir est incommensurable ! Le malheur des uns faisant toujours le bonheur des autres, on peut dire que l’assassinat de Jovenel lui a aplani le terrain en ce qu’il lui a légué la bicéphale fonction de Président et de Premier ministre sous le même chapeau. L’aspect navrant dans tout cela est qu’en dépit du fait qu’il baigne de plain-pied dans l’inconstitutionnalité, le peuple, trop essoré par le poids accablant de la misère assiste en toute passivité, sans broncher.

Sur le plan personnel le chef de la Primature peut bomber le torse de cet état de fait. En effet, les recettes douanières sont assez grasses pour lui octroyer des per diem hallucinants, au détriment d’un peuple qui râle avant de rendre l’âme. Sans mentionner l’absence d’un Parlement pour un droit de regard sur ses dépenses personnelles frivoles.

Bien sûr, il peut s’enorgueillir aussi de ses nombreux voyages à l’étranger qui lui permettent non seulement d’ajouter des sites touristiques jusque-là inexplorés sur sa carte postale, mais aussi de constater à quel point sa colonne vertébrale reste encore flexible pour un septuagénaire, quand il courbe l’échine devant les déités blanches qui lui sont salvatrices.

Pour le pays en revanche le tableau est sinistre ! Le bilan de ses deux ans de gouvernance est exécrable ! Honni soit donc l’autre qui laissa comprendre à cette fripouille qu’il ferait un grand homme politique ! Le temps vient de prouver que celui-là est un vrai Pinocchio.

À cet égard, on rejoint Boileau quand il dit « Soyez maçon si c’est votre talent ». Car, il est clair qu’Ariel Henry a laissé son habitat naturel pour ne nous créer que des ennuis. Le seul record de sa gestion est qu’en seulement deux ans il a pu créer une misère plus dégradante encore que sous les deux précédents dilapidateurs, Jomo et Sweet Micky. Le praticien neurologue s’est révélé donc un vrai charlatan en fait de politicien.

Au cours de ses deux ans passés au pouvoir, le Premier ministre posthume de Jovenel ne s’est montré capable de résoudre aucun des problèmes épineux de la Nation. Le seul aspect prolifique de son gouvernement est son compte Twitter hyperactif où il déballe des promesses fallacieuses. Comme le vin capiteux, les privilèges de sa fonction lui donnent le vertige et le rendent grincheux, arrogant et insolent.

Ces vices il en a fait la claire démonstration lors du soi-disant sommet du mois écoulé. Sous le tam-tam du reggae jamaïcain, pour une énième fois les États-Unis lui ont fourni une occasion d’exploiter la naïveté des membres souffreteux de l’opposition haïtienne qui se sont agglutinés autour d’une table en vue de ce « Sommet » où certains dansaient allègrement en dégustant des mets locaux.

Au cours de cette rencontre, on rapporte qu’après avoir invectivé l’opposition avec les viscères qu’il a dans les tripes, tout ce qu’Ariel voulût faire c’était de prendre ses jambes à son cou pour s’envoler vers la Suisse, le pays de cocagne par excellence pour les nantis comme lui, afin de jeter un regard contemplatif sur ses millions chipés des deniers publics. Il a fallu l’intervention de ses patrons pour lui souffler les bronches afin de revenir s’asseoir à la table de « négociation »

Détrompez-vous, si Ariel Henry affiche toujours un manque de sobriété mentale notoire en public, en privé en revanche, il se présente comme un vrai conozco dans le jeu de la manipulation. En tant que neurologue, il s’est rendu compte peut-être que les bistouris ne sont pas les seuls outils ayant un pouvoir rectificatif sur le cerveau des gens réticents. Pour avoir côtoyé le « Boss »— son père spirituel pour le compte de qui il fait le hold-up sur le pouvoir—-il connait parfaitement la capacité tentatrice et corruptrice des pots-de-vin.

Ainsi donc, c’est par coup de millions qu’il bâillonne des gens qui, au départ, le critiquaient de façon mordante. Allez demander cela à l' »avocat du peuple » ainsi qu’à la veuve de celui dont un mythe chez nous dresse comme un parangon politicien.

Tout comme César arborait le titre de « dictator perpetuo », Ariel Henry fantasme de devenir un despote. Ce qui lui vaut des épithètes pompeuses telles que « Monarque », « Roi » et « Apprenti dictateur ». Ces noms allégoriques vous font sûrement rire mais, au-delà du rire, ils traduisent une propension dangereuse observée chez lui. En vrai nostalgique de la doctrine de la « papadocratie », Ariel souhaite éliminer tous les obstacles sur son chemin pour s’agripper au pouvoir.

Jouissant de l’assurance et de la complicité morbides de la communauté internationale, sa machine politique met le cap vers des élections dont il sait l’improbabilité en raison de la conjoncture sécuritaire délétère du pays. Tel un lion qui rugit quand on s’approche de sa proie, le Premier ministre de facto pose ses griffes sur le pouvoir comme sa chasse gardée sans le désir de le partager, loin s’en faut de le remettre.

Non content de se comporter en dictateur, il se moque en plus des gens quand il annonce des projets bidon qui ne se réaliseront qu’aux calendes grecques. Que de fois on le voit faire ces genres de promesses que même un président disposant d’un quinquennat légitime ne parviendrait à concrétiser.

On mettra du temps à découvrir l’étendue des concussions de ce scélérat, encore moins des concessions octroyées à la communauté internationale qui lui vaillent un tel support. Car, quand il s’agit de ses intérêts, le blanc ne comprend qu’un seul langage : le quid pro quo.

On ne saurait toutefois dédouaner l’opposition de sa part de responsabilité passive dans le malheur du pays. Émiettée et en complet désarroi, celle-ci fait toujours choux blanc dans sa tentative de remettre les pendules à l’heure. Ventre affamé n’a point d’oreilles dit-on. Sous ce rapport bon nombre d’opposants d’Ariel prouvent que leur seul crédo et leur seule idéologie ne se résument que dans leur part du gâteau.

Toutefois, la population est la seule à avoir le dernier mot. On comprend mal que le peuple vaillant qui a fait culbuter le régime féroce des Duvalier soit incapable de redresser la barre devant la dérive et le danger imminent que représente le gouvernement fantoche de monsieur Henry.

Avant que la plaie ne soit gangrenée il faut des mesures draconiennes pour rectifier le tir et sortir le pays de cette ornière dans laquelle il s’est englué depuis la montée sur scène de la bande à Martelly dont le Premier ministre est l’abject prolongement. Carl Sagan devait bien avoir raison lorsqu’il disait : « Quand vous permettez à un charlatan de vous diriger vous risquez de ne jamais reprendre le pouvoir ». Agissons vite avant qu’il ne soit trop tard !

Ducasse Alcin

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