Les usagers de la route nationale numéro 2, particulièrement les chauffeurs qui fréquentent l’entrée Sud de Port-au-Prince, paient le lourd tribut de la violence armée imposée par les gangs. Au moins 7 conducteurs de véhicules ont été assassinés sur cet axe routier alors que 942 millions de gourdes de déficit pour l’économie en raison de l’indifférence de l’État sont enregistrées pendant deux années.
Le Mouvement unifié des transporteurs d’Haïti (MUTH) dresse un rapport accablant sur les conséquences de la violence armée qui sévit à Martissant depuis le 1er juin 2021, sous l’administration Jovenel Moise/Claude Joseph.
Chiffres à l’appui, le coordonnateur du MUTH Duclos Bénissoit révèle que plus de 942 millions de gourdes sont irrécupérables en raison d’un certain recul du trafic automobile la route nationale numéro 2 et du droit de péage imposé par les bandits.
Un drame constant vécu par les usagers qui osent fréquenter l’entrée Sud de la capitale après que les gangs de TiBwa, Village-de-Dieu et Grand-Ravine tuent des passants, ranconnent des passagers et détournent des camions de marchandises, rappelle le syndicaliste à l’occasion d’une conférence de presse tenue, le 1er juin à Petion-Ville.
Deux ans déjà que le Sous-Commissariat de Martissant est déserté par les policiers, les groupes criminels ont pris leur ascendance. Les hommes de Chrisla, Izo et Ti Lapli s’octroient en toute impunité le droit de vie et de mort sur les usagers. À l’aune des deux années d’exactions, difficile de faire le bilan exact du nombre des victimes. Cependant, au moins 7 chauffeurs qui relient Port-au-Prince à sa partie Sud sont assassinés en voulant s’échapper des attaques armées.
La liste de professeurs, commerçants, étudiants et autres socioprofessionnels exécutés par les malfrats est infinie, déplore Duclos Bénissoit.
En parallèle, les activités scolaires, le grand commerce ont connu un coup d’arrêt sous les yeux indifférents du gouvernement. Des familles ont été contraintes d’abandonner leur maison, les tentatives de relancer la vie scolaire ont été vouées à l’échec. L’entreprise de la violence opérationnalisée par des cas d’enlèvement roule à plein rendement dans cette partie de Port-au-Prince longtemps abandonnée aux mains des gangs.
Dans l’intervalle, plusieurs missions commanditées par le pouvoir de facto en vue de berner les entrepreneurs du Grand Sud ont eu lieu.
Face à la menace de grève brandie par le secteur des affaires pour dénoncer la complicité du gouvernement face aux gangs, le ministre de l’Intérieur d’alors Litz Quitel, celui du ministre du commerce Ricardin Saint-Jean, accompagné de l’inspecteur général en chef de la PNH, Fritz Saint-Fort ont donné la garantie d’œuvrer pour déloger les bandes armées.
Deux ans après, les lignes n’ont pas bougé.
Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

