L’appel au calme lancé par le premier ministre de facto Ariel Henry a été très peu suivi par certains membres de la population. Ces derniers reprochent au locataire de la Primature son intervention tardive après un long règne des bandits marqué par des cas d’assassinat, d’enlèvement et de séquestration contre rançon à Port-au-Prince et ailleurs.
Cinq corps de présumés bandits calcinés sur la voie publique étaient remarqués mardi de très tôt non loin du Commissariat de Pétion-Ville et sur l’axe de la Route de Kenscoff à hauteur de l’entrée de Morne-Calvaire. Des attroupements de curieux et de passants qui commentaient la scène paralysait la circulation automobile sur le tronçon exigu jonché par des piles d’immondices.
Parallèlement, des jeunes encagoulés visiblement en colère obligeaient des chauffeurs de minibus et des passagers à descendre des véhicules pour procéder à des opérations de fouille. L’opération « Bwa kale » visant à mettre un frein à la suprématie des gangs semble avoir pris un virage dangereux avec des attaques répétées contre des citoyens qui peut-être n’ont aucun lien avec des organisations criminelles, mais qui peuvent être victimes d’une mauvaise perception, dénoncent certains avisés.
Selon des témoins, les cinq jeunes lynchés ont été interceptés par des membres de la population à l’entrée de Morne-Calvaire. Les victimes ont été exécutées en raison du fait qu’ils présentaient un profil suspect et qu’ils ne disposaient de pièces d’identité, rapportent des assistants. Au carrefour d’une anarchie qui règne, la présence policière parait insignifiante. L’un des jeunes a été lynché à quelques encablures du Commissariat de Pétion-Ville, constate-t-on.
Le chef du gouvernement de facto, le Dr Ariel Henry, la veille du 1er Mai, a invité la population à faire preuve de vigilance en mesurant leurs actions. Ce chef de la Primature, dénoncé pour son cynisme, n’avait pipé mot lorsque des dizaines citoyens ont été assassinés, kidnappés, violés par les gangs. Cet état de fait laisse entrevoir une alliance qui ne dit pas son nom entre les criminels et le pouvoir, ont dénoncé des responsables d’organismes de défense des droits humains. D’autres voix ont toujours considéré que les gangs et des membres du regime sont des alliés objectifs.
Hervé Noël
vevenoel@gmail.com


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