Le chaos règne en Haïti, où le président a été assassiné en 2021. La capitale Port-au-Prince est aux mains de gangs rivaux, qui multiplient kidnappings et assassinats. Les reporters de TF1 Michel Scott et Antoine Pocry ont assisté à des scènes de guerre en plein jour.
La France fait partie des pays du Core Group qui, par un tweet, a donné à Haïti un gouvernement illégitime, accusé de corruption et de connivence avec les gangs criminels, dénoncent des leaders politiques prenant leur distance avec le régime Tet Kale, 3e version.
TF1 reportage
Dans les ruelles de Port-au-Prince, les stigmates de la guerre des gangs, qui fait chaque jour plus de victimes, sont partout. Au milieu de décombres, des restes humains n’ont même pas reçu de sépulture, dit un homme. Le saccage qu’il nous montre est le fruit d’un énième règlement de comptes entre bandes. Une attaque qui a fait des dizaines de victimes, dont la mère d’une adolescente raflée avec 60 autres personnes. C’était il y a un mois. Depuis, plus de nouvelles. « Ils les ont tués. Ce sont les ravisseurs qui nous l’ont dit », explique la jeune fille.
Et puis, il y a les blessés par balle. Innombrables. Les gangs se disputent chaque mètre carré de Port-au-Prince, du port jusqu’aux bidonvilles accrochés à flanc de colline. Pas un quartier n’échappe à leur terreur. Chaque bande y impose sa loi faite de rackets et de kidnappings, le nerf de cette industrie du crime. Circuler d’un secteur à l’autre devient très périlleux. Vers la banlieue nord, la zone de Cité Soleil est sous le contrôle de plusieurs groupes armés qui se font concurrence. Les armes de guerre se sont multipliées partout jusqu’au centre-ville, le poumon économique de la capitale haïtienne. Au total depuis le début de l’année selon l’ONU, plus de 530 personnes ont été tuées, dont un grand nombre par des tireurs embusqués.
La loi du crime
Plus loin, c’est une autre bande qui gère tout. Son chef se fait surnommer Barbecue. À la lisière de son fief, il a posté ses hommes de main. Il se présente comme un protecteur pour les populations qui vivent sur son territoire, et il estime que le chaos qui règne dans le pays est la faute des politiques. « Ici, dans nos quartiers, on ne voit pas l’État. Ils prétextent qu’il y a de l’insécurité. Tout ça, c’est de la foutaise. Je ne sais pas pourquoi vous nous appelez gang. Nous autres, on n’est pas des gangs. On est un groupe armé. Je dis qu’on est un groupe armé car on ne viole pas, on ne kidnappe pas, on ne tue pas les gens pour le plaisir », affirme Barbecue.
La police, elle-même victime de ces gangs qu’on recense par dizaines dans la capitale, fait ce qu’elle peut. Nous accompagnons une utilité d’élite qui essaie de contre-attaquer : ses hommes armés s’engagent à bord de deux blindés dans une zone adverse où sévit un groupe. Une opération de type militaire, comme pour une opération de guerre.
Quand on sait que le chef de l’État en exercice ne bénéficiait même pas de protection lorsqu’il a été tué il y a moins de deux ans, on comprend à quel point la loi du crime s’est emparé du pays le plus peuplé des Antilles. Depuis l’assassinat de son président en 2021, ce pays en voie de décomposition n’en finit plus de sombrer. Ici, plus aucune institution ne fonctionne correctement. Pour beaucoup, seule une intervention militaire internationale permettrait de sauver Haïti. Une intervention qui serait de toute façon à haut risque, vue la quantité d’armes concentrée sur ce petit territoire.
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