Samedi 4 mars 2023 ((rezonodwes.com))– Selon une nouvelle évaluation de l’ONU publiée jeudi, des armes à feu et des munitions de plus en plus sophistiquées et de haut calibre font l’objet d’un trafic à destination d’Haïti, alimentant une recrudescence de la violence des gangs qui frappe les habitants depuis des mois.
Le rapport de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), intitulé Haïti’s criminal markets : mapping trends in firearms and drug trafficking (Les marchés criminels d’Haïti : cartographie des tendances en matière de trafic d’armes à feu et de drogues), indique qu’une augmentation récente des saisies d’armes, ainsi que les rapports des services de renseignement et des forces de l’ordre, suggèrent que le trafic d’armes est en hausse.
Une situation volatile
« En dressant un bilan rapide du trafic illicite d’armes à feu et de drogues, cette étude de l’ONUDC cherche à faire la lumière sur les flux de trafic qui permettent aux gangs de sévir en Haïti et alimentent la violence dans une situation volatile et désespérée, afin de contribuer à éclairer les réponses et le soutien au peuple haïtien », a déclaré Angela Me, chef du service de recherche et d’analyse des tendances de l’ONUDC.
La violence des gangs alimente le choléra
La violence liée aux gangs en Haïti a atteint des niveaux jamais vus depuis des décennies, a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies dans son rapport de janvier au Conseil de sécurité – aggravant la gravité d’une épidémie de choléra, augmentant l’insécurité alimentaire, déplaçant des milliers de personnes et empêchant les enfants d’aller à l’école.
Dans le même temps, le nombre d’homicides, d’enlèvements et de déplacements augmente en Haïti, qui connaît la pire situation d’urgence humanitaire et de droits de l’homme depuis des décennies. Les autorités ont signalé 2 183 homicides et 1 359 enlèvements en 2022, soit près du double du nombre de cas de l’année précédente.
Des frontières poreuses
Comme l’a montré l’évaluation de l’ONUDC, Haïti reste un pays de transbordement de drogues – principalement de cocaïne – et de cannabis entrant par bateau ou par avion dans des ports publics, privés et informels, ainsi que sur des pistes clandestines.
Les frontières poreuses d’Haïti – dont 1 771 kilomètres de côtes et 392 kilomètres de frontière terrestre avec la République dominicaine – mettent à rude épreuve les capacités de la police nationale, des douanes, des patrouilles frontalières et des garde-côtes, qui manquent de ressources et d’effectifs, et qui sont eux-mêmes pris pour cible par les gangs, a déclaré l’ONUDC.
L’évaluation fournit également une vue d’ensemble des réponses internationales, régionales et nationales apportées à ce jour, y compris les efforts visant à accroître le soutien aux forces de l’ordre et à la gestion des frontières en Haïti.
Elle souligne également la nécessité d’adopter des approches globales comprenant des investissements dans la police de proximité, la réforme de la justice pénale et les enquêtes anti-corruption.

