A l’ouverture de la 52e session du Conseil des droits de l’homme à Genève, le chef de l’ONU a dénoncé lundi à Genève le recul observé dans la progression des droits humains dans le monde. Il a appelé à leur donner un « nouveau souffle ».
Lundi 27 février 2023 ((rezonodwes.com))–
Les droits humains font « marche arrière », a déploré le Secrétaire général António Guterres en ouvrant près de six semaines de travaux de l’instance onusienne basée à Genève.
« L’extrême pauvreté et la faim augmentent, pour la première fois depuis des décennies (…) et la pandémie [du coronavirus] s’est soldée par une pandémie d’atteintes aux droits civils et politiques », a-t-il dit, relevant aussi le nombre record de déplacés dans le monde et évoquant le naufrage « horrible » de migrants ce week-end au large de l’Italie.
Selon le patron de l’ONU, près de la moitié de la population mondiale, soit 3,5 milliards de personnes, vit dans des zones en danger climatique. Ces vastes zones sont en passe de devenir des zones sinistrées du point de vue des droits humains, où les inondations, les sécheresses et les tempêtes font que le risque de mourir des effets des changements climatiques est 15 fois plus élevé qu’ailleurs.
Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme a ainsi recensé des dizaines de cas de violences sexuelles liées au conflit contre des hommes, des femmes et des filles.
Sur un autre plan, le monde d’aujourd’hui est marqué par « l’antisémitisme, le sectarisme antimusulman, la persécution des chrétiens, le racisme et l’idéologie suprémaciste blanche ».
Les minorités religieuses, linguistiques et ethniques, la communauté LGBTQI+ et les autres communautés minoritaires sont la cible d’actes de harcèlement et de haine.
Dans le même temps, la liberté d’expression est en faillite. Le nombre de professionnels des médias tués dans le monde l’année dernière a augmenté de 50 % – un chiffre épouvantable. De manière générale, le Chef de l’ONU estime que la cohésion sociale et la confiance s’abîment dans le fossé béant entre nantis et démunis.
Avec un tel sombre tableau, l’avenir suscite des inquiétudes encore plus grandes. Il a donc pris la défense de la Déclaration universelle « attaquée de toutes parts » et dénoncé les gouvernements qui « en rognent les fondations » ou « les torpillent ». Mais « alors que nous célébrons l’impact de la Déclaration universelle des droits de l’homme, notre pire ennemi est la complaisance »,a-t-il fait remarquer.
Pour le chef de l’ONU, l’histoire des droits humains reste à écrire. Il s’agit de continuer à faire des droits humains une réalité dans la vie des populations du monde entier. « Nous devons protéger et promouvoir le consensus mondial autour de la Déclaration universelle, et avancer vers une nouvelle ère : celle des droits humains pour toutes et tous », a conclu le Secrétaire général de l’ONU.
À ses côtés pour l’ouverture de la 52e session du Conseil des droits de l’homme à Genève, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Volker Türk a également dénoncé le retour du « vieil autoritarisme » et des « guerres d’agression destructrices, datant d’une époque révolue et aux conséquences mondiales.

