«Entre 40 à 60 % de policiers ont des liaisons avec des groupes armés», révèle Sant Karl Lévêque

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«Entre 40 à 60 % de policiers ont des liaisons avec des groupes armés», révèle le secrétaire exécutif de Sant Karl Lévêque, Gardy Maisonneuve  

par Odneson Midy

Le secrétaire exécutif de Sant Karl Lévêque (SKL), le révérend Père Gardy Maisonneuve, met à nu l’institution policière, révélant qu’entre 40 à 60 % de policiers ont des liaisons avec des groupes armés. Sans mâcher les mots, il a toutefois affirmé que de hauts fonctionnaires étatiques sont de connivence avec des chefs de gangs. «Certains commissariats de la place ont servi d’endroits de stockage, permettant la livraison de munitions aux groupes armés» a-t-il déclaré.

Mercredi 19 octobre 2022 ((rezonodwes.com))–

La police nationale d’Haïti, depuis des années est en proie à une série de «dénonciations et soupçons» sur des liaisons des agents avec des groupes armés. Certains policiers ont été arrêtés en compagnie de chef de gangs et d’autres ont été tués pour «mésentente», selon certaines révélations.

Le secrétaire exécutif de l’organisme de défense des droits humains, Sant Karl Lévêque (SKL), le révérend Père, Gardy Maisonneuve, a affirmé qu’entre 40 à 60% des agents de la PNH sont de mèche avec des chefs de gangs.

«C’est la méthode utilisée pour produire le rapport du SKL qui donne une idée de résultat de l’enquête. Sur chaque dix policiers, 4 à 6 policiers sont connectés à des groupes armés», a-t-il précisé, tout en en reconnaissant que ces chiffres pourront être révisés Ê la baisse ou à la hausse après le travail final.

Qu’est ce qui est à la base de cette alliance entre policiers et les gangs?

Le directeur exécutif du SKL, père Gardy Maisonneuve, a mis l’emphase sur les conditions d’évolution d’un agent au sein de l’institution policière. «Certains policiers sont à la recherche d’une belle voiture, d’une parcelle de terrain, des appareils technologiques de haut niveau. Le souci de mener un train de vie luxueux les pousse à entrer en collusion avec des groupes armés, qui leur offrent une vie meilleure que celle offerte par la PNH», a analysé le révérend Père Gardy Maisonneuve.

«Les policiers en détachement ont des liens consistants avec des chefs de gangs. Certaines fois ils jouent l’intermédiaire entre des hauts fonctionnaires et hauts gradés, qui veulent alimenter les groupes armés. Ils sont utilisés comme agent de liaison pour livrer des munitions, des armes et de l’argent au gangs pour semer la terreur» a t-il renchéri, soulignant qu’«en dehors du détachement, ils ne seraient guère en liaison avec les groupes armés».

Craignant pour sa vie, le numéro un de l’organisme de défense des droits humains, Sant Karl Lévêque (SKL) Gardy Maisonneuve, se garde de citer des noms des policiers. Toutefois, il tient à signaler que si les autorités lui garantissent un climat de sécurité, il les rendra publics.

De son avis, la PNH n’arrivera pas à pacifier des zones rouges comme l’Artibonite, Laboule, Martissant, Port-de-Paix, Croix-des-bouquets, Pernier et autres puisque les bandits sont mieux informés que les forces de l’ordre.

«Certains policiers ripoux, proches des groupes armés, passent des informations aux bandits lors des préparatifs des opérations devant démanteler les foyers de gangs. Il y a aussi des hauts gradés dans la PNH qui sont aux chevets des bandits», soutient il.

Le révérend Père Gardy Maisonneuve qui dirige l’organisme de défense des droits humains (SKL), révèle qu’un chauffeur de camion avait l’habitude de récupérer des munitions dans un commissariat de la place, afin de les vendre à deux groupes armés siégeant à Martissant.

«Il a été tué après que l’un des groupes armés qu’ils servaient, s’était rendu compte qu’il alimentait un autre clan».

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