Des appels à la libération du directeur du Collège Jacques Roumain, Ernst Lafleur, kidnappé vendredi, à quelques pas d’une « antenne » de Police, ont été renouvelés par des écoliers qui ont dû affronter des forces de l’ordre mobilisées pour réprimer la manifestation. Plusieurs artères du centre-ville de Port-au-Prince ont été fermées à la circulation.
Mardi 15 mars 2022 ((rezonodwes.com))–
À Lalue, les automobilistes ont dû frayer un chemin vers des raccourcis pour fuir la colère des écoliers qui réclament la libération d’Ernst Lafleur, enlevé vendredi dernier par des bandits, à quelques encablures d’une « antenne » de Police à Poste-Marchand.
Les protestataires ont dressé des barricades de pneus enflammées sur la chaussée pour paralyser la circulation. Des chaises, pupitres et d’autres mobiliers du Collège Jacques Roumain ont également renforcé le dispositif.
« Nous exigeons la libération sans condition du directeur. C’est un mécène, un philanthrope engagé dans la cause de l’éducation des plus vulnérables. Ernst Lafleur ne dispose pas de somme faramineuse pour payer les ravisseurs », ont scandé les écoliers.
À la rue Capois, le même panorama s’imposait. Des troncs d’arbres, des carcasses de véhicules ont été mis au travers de la route. L’expression de la manifestation des écoliers soutenus par des militants politiques transpirait de la colère et du dégout face à l’indifférence des autorités policières.
Des débordements consécutifs à l’intervention des policiers de l’Unité départementale de maintien d’ordre (UDMO) ont eu lieu.
Des cailloux ont été lancés en direction des forces de l’ordre qui s’activaient à libérer la chaussée des barricades érigées par les protestataires. Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule de jeunes manifestants, dans la foulée des mouvements de panique généralisée.
Les contestataires, majoritairement des écoliers du Collège Jacques Roumain, menacent de regagner les rues dans les prochaines 48 heures pour interpeller les autorités sur la nécessité de juguler le kidnapping.
Hervé Noel

