Nicaragua | Le Nonce apostolique expulsé. Une décison « grave et injustifiée », déclare le Vatican

0
1089

Le dictateur Ortéga qualifie de « putschistes » les évêques nicaraguayens et les accuse également d’être les complices de forces internes et de groupes internationaux qui, selon lui, agissent au Nicaragua pour le renverser.

Samedi 12 mars 2022 ((rezonodwes.com))–Le Vatican a attribué samedi au gouvernement nicaraguayen l’expulsion du nonce apostolique au Nicaragua, Monseigneur Waldemar Stanislaw Sommertag, dont il a défendu le travail, et l’a considérée comme une imposition « grave et injustifiée ».

« Le Saint-Siège a reçu avec surprise et douleur la communication selon laquelle le gouvernement du Nicaragua a décidé de retirer le beneplácito (agrément) à S.E. Monseigneur Waldemar Stanislaw Sommertag, Nonce apostolique à Managua depuis 2018, lui imposant de quitter le pays immédiatement après lui avoir notifié cette mesure« , peut-on lire dans un communiqué.

Lundi dernier, la nonciature apostolique au Nicaragua a signalé que son représentant à Managua, le Polonais Sommertag, était « absent du pays », et que le secrétaire, Monseigneur Marcel Mbaye Diouf, restait en charge, sans en préciser les raisons.

Le Saint-Siège a souligné que cette décision « est incompréhensible » car, durant sa mission diplomatique, Monseigneur « a travaillé sans relâche pour le bien de l’Église et du peuple nicaraguayen, en particulier pour les plus vulnérables« .

Lundi dernier, la nonciature apostolique au Nicaragua a informé que son représentant à Managua, M. Sommertag, d’origine polonaise, était « absent du pays ». Il l’a fait « en cherchant toujours à favoriser de bonnes relations entre le Siège apostolique et les autorités nicaraguayennes ».

« Sa participation en tant que témoin et accompagnateur de la Table de dialogue national entre le gouvernement et l’opposition politique, en vue de la réconciliation nationale et de la libération des prisonniers politiques, mérite une mention particulière », a déclaré le Saint-Siège.

Il concluait : « Convaincu que cette décision unilatérale grave et injustifiée ne reflète pas les sentiments du peuple profondément chrétien du Nicaragua, le Saint-Siège souhaite réaffirmer sa pleine confiance dans le représentant pontifical ».

Le nonce est arrivé à Managua en 2018, année au cours de laquelle des manifestations antigouvernementales ont secoué le pays et déclenché la répression du régime du président Daniel Ortega.

Le nonce Sommertag, ainsi que l’ancien ministre uruguayen de la défense Luis Ángel Rosadilla, ont participé en tant que témoins représentant respectivement le Vatican et l’Organisation des États américains (OEA) à une table de négociation entre le gouvernement d’Ortega et l’Alliance civique pour la justice et la démocratie (Alianza Cívica por la Justicia y la Democracia), un parti d’opposition.

Le 30 juillet 2019, le gouvernement Ortega a fermé la table de négociation qu’il tenait avec l’Alliance civique pour trouver une issue à la crise que connaît le pays depuis avril 2018, malgré les appels de l’OEA, de l’Union européenne, des évêques nicaraguayens, de l’armée et d’autres secteurs.

Ortega, qui a été réélu lors des élections de novembre dernier sur fond de questions de légitimité et alors que ses principaux rivaux étaient en prison, a commencé sa campagne le 4 octobre dernier en qualifiant de « terroristes » les évêques nicaraguayens qui ont joué le rôle de médiateurs.

Le leader sandiniste les a qualifiés de « putschistes » et les a accusés d’être les complices de forces internes et de groupes internationaux qui, selon lui, agissent au Nicaragua pour le renverser.

Pendant ce temps, au Nicaragua, vendredi, la principale opposante de Daniel Ortega, Violeta Chamarro Barrios, a été reconnue coupable de blanchiment d’argent.

Chamorro Barrios a tenté de défier Ortega lors des dernières élections présidentielles. Avant les élections, le bureau du procureur général du Nicaragua a émis un mandat d’arrêt à son encontre et elle était jusqu’alors assignée à résidence.

Avec elle, son frère, le leader de l’opposition Pedro Joaquín Chamorro Barrios, âgé de 70 ans, a été reconnu coupable. Tous deux sont membres du conseil d’administration du quotidien nicaraguayen La Prensa.

Le parquet a inculpé Mme Chamorro en sa qualité de présidente de l’ONG Fundación Violeta Barrios de Chamorro, sur la base d’une plainte du ministère de l’intérieur.

source: El Vaticano ve « grave e injustificada » la expulsión del nuncio en Nicaragua – 14ymedio

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.