Samedi 19 février 2022 ((rezonodwes.com))– L’ambassadeur haïtien, Antonio Rodrigue, lors de la rencontre du Conseil de sécurité des Nations Unies, a commencé par exprimer sa gratitude pour l’élan de solidarité international qui a permis de mobiliser, mercredi dernier, 600 millions de dollars en promesses de don pour la reconstruction de la péninsule du Sud d’Haïti, frappée l’an dernier par un séisme dévastateur.
Il a ensuite estimé qu’il importe aujourd’hui de remettre les institutions démocratiques de son pays sur les rails, compte tenu de leur dysfonctionnement actuel. Évoquant à ce sujet l’assassinat en juillet dernier du Président Jovenel Moïse, il a constaté que le système judiciaire national n’arrive pas à faire la lumière sur ce drame. De plus, a poursuivi le représentant, nous n’avons plus de Parlement capable de jouer le rôle dévolu au pouvoir législatif.
Rétablir le plus rapidement possible le fonctionnement normal des institutions est donc impératif pour ramener durablement la paix et la stabilité dans le pays, a-t-il dit, assurant que le Gouvernement œuvre à la construction de consensus à cette fin.
Dès son entrée en fonction, le Premier Ministre, M. Ariel Henry, a ainsi tenu à rencontrer tous les acteurs de la vie nationale afin de trouver un accord pour une « gouvernance apaisée et efficace » durant la période intérimaire, a précisé le délégué, non sans se réjouir que cette initiative ait permis de rallier des adversaires politiques.
Il convient à présent de mettre en place les structures indispensables à la tenue d’une consultation populaire pour l’adoption d’une nouvelle Constitution et d’organiser des élections générales libres, honnêtes et démocratiques, a poursuivi le représentant, selon lequel, « si tout se passe bien », le pouvoir devrait être rendu à des élus choisis par le peuple haïtien « au début de l’année prochaine ».
Il a toutefois averti que l’insécurité actuelle fait peser un risque important sur tout le processus. En effet, a-t-il déploré, les gangs armés font régner la terreur dans plusieurs régions du pays et dans divers quartiers de la capitale, ce qui implique de rétablir l’ordre et de restaurer l’autorité de l’État préalablement à l’organisation d’élections.
Faisant état de succès de la PNH, notamment de la réouverture d’écoles dans des quartier contrôlés par des gangs et de terminaux pétroliers bloqués plusieurs semaines par des « bandits », il a reconnu que beaucoup reste à faire pour revenir à une situation normale et que « la répression seule ne suffit pas ».
Nous avons besoin d’un soutien renforcé pour les corps spécialisés de la Police nationale, a expliqué M. Rodrigue, précisant que ces derniers manquent cruellement d’armes, de munitions et d’équipements appropriés.
Nos policiers ont aussi besoin de formation et d’encadrement adaptés pour leur permettre de faire face efficacement à la situation, a-t-il ajouté, avant de relever que l’instabilité chronique que connaît son pays non seulement perturbe la vie économique, mais empêche aussi les investissements et fait fuir les touristes, tout en maintenant le peuple dans la misère en en poussant les jeunes vers l’émigration illégale.
Sans des investissements massifs, sans la création d’emplois durables et bien rémunérés, nos efforts seront vains, a estimé le délégué, formant l’espoir que la solidarité internationale avec Haïti, constatée mercredi dernier, se manifestera aussi pour le rétablissement de la sécurité.

