L’idylle terrifiante et cynique entre le chef de file de G-9, Jimmy « Barbecue » Chérizier et le régime de facto semble avoir touché à sa fin. L’ancien policier, qui semble avoir retourné sa veste contre le pouvoir, mobilise ses hommes dans une ultime perspective de trouver un point de chute heureux et tranquille
Mardi 15 juin 2021 ((rezonodwes.com))– Les impacts des projectiles sur la façade de certaines entreprises sur le Boulevard « Toussaint Louverture » restent encore visibles, moins de 24 heures après la démonstration de force des civils armés liés à la fédération G-9 à Port-au-Prince.
Lundi, des seigneurs de la terreur instruits par Barbecue ont, une nouvelle fois, réussi à défier l’ordre établi pour assoir leur hégémonie. Ils ont barricadé le Bas-Delmas, terrorisé des passants, contraint des entreprises à fermer leurs portes.
« Ils ont franchi la ligne rouge », a réagi un chef d’entreprise, après les attaques.
Sur le Boulevard « Toussaint Louverture », ils ont engagé une offensive d’une rare violence. Des usagers de la route internationale, porte d’entrée d’Haïti, ont vécu l’horreur à la suite des déflagrations automatiques. Les soldats du G-9 ont tenté de prendre d’assaut une entreprise commerciale, des appels au « déchouckage » ont également fusé sur l’axe du boulevard.
On ignore s’il y a eu des victimes, cependant des dommages importants sont à signaler. Des images montrent des employés d’une maison de concession de véhicules pris de panique, durant les attaques. La peur a pris le dessus, révèlent des séquences audiovisuelles.
La violence, labélisée « révolution sociale » prônée par Barbecue annonce des heures sombres pour le pays, selon son initiateur. Ces messages publiés sur son compte Twitter, s’ils se révèlent authentiques, marquent désormais une fissure dans les relations entre Barbecue et le pouvoir, dit-on. L’ancien policier après avoir fédéré des gangs, semble avoir opté pour d’autres alternatives visant à se réhabiliter, souligne un sociologue, requérant l’anonymat.
Jamais la violence, l’impunité totale, la complicité entre les gouvernants et les bandits n’ont été aussi présentes et dominantes en Haïti. Les stratégies et les modes opératoires des bandits sont pour le moins étonnants. Au moins 5 infrastructures policières ont été attaquées simultanément, le 6 juin dernier. Les dégâts sont considérables avec plus de 8 policiers tués, des munitions emportées, selon le RNDDH. L’homme fort de Delmas 6 a-t-il lâché son patron ou s’agit-il d’un chantage ? Ces interrogations sont tout à fait pertinentes avant le second épisode annoncé.
Hervé Noel
vevenoel@gmail.com

