La démonstration armée des civils de Grand-Ravine dirigés par « Ti Lapli » pour la conquête de territoire progresse à « Ti Bwa ». Des sources évoquent une dizaine de décès, une trentaine de blessés, des femmes violées et des maisonnettes incendiées dans l’insensibilité des autorités gouvernementales.
Port-au-Prince, vendredi 4 juin 2021 ((rezonodwes.com))–Des longues files de citoyens fuyant le quartier de Martissant, sont devenues virales sur les réseaux sociaux.
Ce vendredi, l’entrée Sud de la capitale haïtienne a été une nouvelle fois le théâtre d’affrontements armés entre des caïds de « Ti Bwa » et ceux de Grand-Ravine. Des témoins rapportent des cas d’assassinats par des bandits de membres de la population civile, de violence inouïe exercée sur des femmes scandalisent des observateurs.
Des seigneurs de la terreur défilent sur le Bicentenaire, dégainent leurs armes de longue portée, agressent des citoyens, exposent des vidéos filmées en amateur tournées en boucle sur la toile. En milieu de journée, aux rumeurs faisant état d’une progression des hommes de « Ti Lapli » à Carrefour, des déplacés de la place publique de Fontamara ont dû précipitamment abandonner les lieux.
La situation d’insécurité dans la troisième circonscription de Port-au-Prince frôle l’apocalypse. De braves chauffeurs de tap-tap qui tentaient de traverser l’axe du Bicentenaire ont été agressés et rançonnés. Des patients atteints de Covid-19 qui nécessitaient des prises en charges urgentes triment dans des longs bouchons, des hôpitaux du Grand-Sud en rupture de stock d’oxygène peinent à s’approvisionner.
À Martissant, le chaos est imminent. Des enfants, des femmes enceintes souffrent dans des conditions abominables, témoignent de chefs de famille au micro de radio Kiskeya.
Les autorités du gouvernement de facto n’ont jusqu’ici réagi et la Police nationale d’Haïti (PNH) manque à l’appel face au drame des résidents de Martissant. Devant le sous-commissariat de Martissant, un véhicule blindé est immobilisé, les policiers sont absents. Parallèlement les bandits terrorisent sans être inquiétés. Vont-ils se calmer avant l’arrivée lundi de la délégation de l’OEA ?
Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

