17 juin 2024
L’Edito du Rezo – Les saboteurs de la République ou le déclin total de l’Etat d’Haïti : Violation existentielle de la Constitution de 1987
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L’Edito du Rezo – Les saboteurs de la République ou le déclin total de l’Etat d’Haïti : Violation existentielle de la Constitution de 1987

A qui veut l’entendre : La Constitution est un calque de la gestion réelle dans un État-Nation. La Constitution de 1987 occupe le sommet de la hiérarchie des normes de droit.

Mercredi 31 mars 2021 ((rezonodwes.com))–Comme disait Patrice Lumumba dans son discours du 22 mars 1959 à la séance de clôture du séminaire international d’Ibadan au Nigeria et pour le paraphraser aujourd’hui dans des circonstances différentes et dans un autre contexte géopolitique particulier où la nation haïtienne tend à perdre son État – répétons le : “ Haïtiens, levons-nous !”

L’Etat – Nation de la République d’Haïti est presque toujours quelque peu indéfini tout au cours de l’histoire, tant il est jalonné par des misères mentales déformant tout ce qui est haïtien en des préjugés malsains où l’irruption étrangère se fait à chaque transition démocratique de notre vie de peuple libre, indépendant et souverain.

Au lendemain de la chute de la dictature des Duvalier, le pays se réveilla avec un Conseil National de Gouvernement ayant à sa tête un Général des Forces Armées du nom de Henry Namphy et ce fut là que résidait tout le mal politique à venir que connaîtra l’Haïti d’aujourd’hui, un État inexistant où les règles élémentaires du droit ne sont pas respectées.

En dépit, de tout ce qu’a fait et que l’on peut reprocher au Général Namphy à la tête du CNG, le pays s’en est sorti avec une nouvelle Constitution – laquelle a été adoptée par un référendum populaire le 29 mars 1987. Une charte de rupture d’avec l’arbitre et la dictature.

Les dérives de Jovenel Moise viennent de nous rappeler que nous avons l’unique obligation de garder les acquis démocratiques insérés dans la Constitution de 1987… Cette dernière ne peut pas subir l’option zéro de cet apprenti-dictateur qui veut à tout prix garder le pouvoir au profit des saboteurs et des ennemis de la République. Le BINUH de La Lime – les nombreux Décrets en folie (…) pris par Jovenel Moise – la position intéressée de l’OEA – le comportement anti-diplomatique de l’Ambassadrice des États-Unis, Madame Sison etc… (panye JoMo plen ak kawòt). Le bâton de la mobilisation en aura gain de cause… (bat chyen an tan mèt li).

Ce que Jovenel Moise doit savoir et qu’il a probablement oublié d’intégrer dans sa folie et dans ses multiples dérives insupportables, c’est que quiconque “ke w se prezidan ou yon Babekyou atoufè” ne peut pas détrousser tout un pays à son profit et le prendre en otage pour exister, pas plus qu’on ne puisse garder et rester au pouvoir lorsqu’on a pas la légitimité du peuple – le souverain de fait et de droit .

La vague d’insécurité qui frappe au quotidien notre pays démontre et illustre bien l’état d’esprit des hommes-détrousseurs de ce régime et nous en sommes arrivés à la conclusion que JoMo doive aller se faire foutre ailleurs… “nan kacho penitensye« . “ La déchéance du système dont jouissent (Jovenel Moise et G9 alliés an fanmi) doit montrer aux différents secteurs (opposition politique – société civile) la nécessité de continuer le combat démocratique dans une juxtaposition collective en vue de redéfinir les fondements de l’État d’Haïti. Le respect scrupuleusement de la Constitution de 1987.

Le peuple haïtien se retrouve aujourd’hui en guerre contre le régime PHTK et alliés…nationaux-saboteurs et internationaux-complices. Une certitude qui dissipera le doute politique dans un concert de tolérance et de justice où le respect des prescriptions de la constitution de 1987 devra être un impératif en mars 2021.

Le référant constitutionnel ne change pas comme on change les référant politique dans une démocratie… Il déteste (saboteurs) avec les dispositions des articles 134-2 et 134-3 de la constitution de 1987 – pour cela, elle mériterait d’être remplacée malgré la montée de nombreuses voix demandant le stricte respect de cette charte fondamentale . La constitution est un calque de la gestion réelle dans un État-Nation.
La constitution de 1987 occupe le sommet de la hiérarchie des normes de droit – elle est considérée comme le droit de l’existence d’un État . Elle ne peut pas être remplacée pour faire plaisir à un groupe de coquins-voleurs qui veulent à tout prix garder le pouvoir.

Ici, nous rappelons à Jovenel Moise que le respect de la constitution est la source de la légitimité du pouvoir politique, car elle définit les règles du jeu institutionnel dans un État. Elle n’est ni un roman narcissique où le lecteur se masturbe pour en donner le plaisir ou pour se mettre dans la peau d’un pervers invétéré – elle est l’acte fondateur d’un État . Elle définit entre autre le régime politique de la nation . Elle est une projection vers l’avenir .

La constitution de 1987, elle est donc à juste titre, une rupture totale avec le passé dictatorial des Duvalier.

Pour les saboteurs, nous en mentionnons ceci que : “ le peuple haïtien en adoptant la constitution de 1987 voulait fixer des limites au pouvoir politique et donner des directives démocratiques aux agents des différentes branches de la société afin d’éviter l’exercice de tout régime arbitraire.

“Ainsi, par son existence, la constitution s’oppose à l’arbitraire en ce qu’elle définit un État de Droit où n’est possible que ce qui est conforme aux règles et dispositions qu’elle pose . “

Nous ne voulons pas redéfinir la limitation imposée par la constitution de 1987, toutefois notre souci est d’indexer les règles nouvelles destinées à la protection des citoyens/citoyennes et à leur liberté .

Me. Elco Saint Amand, av.
membre du comité de l’Edito du Rezo Nòdwès, un journal citoyen jouissant d’une pleine et complète autonomie.

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1) Charles Cadoux : Droit Constitutionnel et Institutions Politiques, Paris Cujas, 1988

2) Pierre Pactet : Institutions Politiques et Droit Constitutionnel, Paris Masson , 1999

3) Constitution du 29 mars 1987, Publiée à Port au Prince, Haïti, le 28 avril 1987.

4) George’s Burdeau : L’Etat, Paris, Seuil, 1980

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