Gonaives, lundi 20 février 2017 (( rezonodwes.com)).- Quand le Maire principal de la ville des Gonaïves, Neil Latortue, a récemment lancé l’idée du carnaval de l’indépendance, beaucoup trouvaient l’idée farfelue et croyaient qu’elle était vouée à l’échec. A en croire les rumeurs, c’était un pari perdu d’avance car le maire avait beaucoup de contraintes qui agissaient contre lui et sa future entreprise.
Il n’avait pas assez de temps pour préparer un carnaval d’envergure, pas assez de ressources, pas assez d’expérience, se plaisai-on à véhiculer. La liste était encore plus longue. Cependant, dans un laps de temps, M. Latortue, avec les maigres moyens dont il disposait, a réalisé l’impossible.
Les images partagées sur les réseaux sociaux, et les divers témoignages des carnavaliers prouvent que ce coup d’essai est déjà classé dans les annales des grandes réussites socio-culturelles de la cité de l’indépendance.
Aux dires du maire, le Carnaval de l’indépendance fait partie d’un plan minutieusement élaboré de voir la ville renouée avec son passé glorieux, ses traditions festives, et sa vocation de porte-étendard de la liberté, et de la fierté de la race noire.
En effet, depuis le vendredi 17 février 2017, dernier, la ville des Gonaïves, ancien site de la rédaction, de la déclaration et et des célébrations de l’indépendance d’Haïti, s’était déjà parée de ses plus beaux habits et couleurs festives pour recevoir ses enfants du terroir et d’outre-mer, ainsi que les visiteurs venus de toute part.
Le comité ad hoc que le maire avait convoqué pour l’occasion, ne s’était pas laissé dépasser par les évènements comme certains l’avaient prévu. Epaulé par le secteur privé local et la société civile, le comité s’est montré à la hauteur de la tâche et a concocté un menu très agréable. Au menu, il y avait des défilés à bicyclettes, à motocyclettes, et en automobiles. Les groupes masqués, les bandes à pied, les chars allégoriques, et les bandes musicales s’étaient ajoutés à la fête pour finaliser le décor féérique de ce carnaval de l’indépendance.
Pendant les 3 jours, l’animation musicale était assurée par des groupes locaux et divers ténors venus de la capitale Haïtienne. Les bandes à pied Staff, Panyen, Grap Plezi, Ste Rose, Aimable, Tòtòt Band, Laloz, Fashion Mate, Talonad ont défilé tous les 3 jours. Alors que le comité organisationnel avait opté pour une rotation journalière des bandes exigeant exclusivement des instruments électriques. C’était une grande innovation qui s’est prouvée très efficace.
Le premier jour, le public a vu défiler les Disc-jockeys, communément appelés DJs, et sur la liste, on retrouvait: Dj Fanfan, Tonymix, Dj Pendenden et Dj Pam.
Samedi, c’était le tour de Nuvo, Mass Kompa, Frajil Mizik, Djakout #1 d’assurer l’ambiance. Le chanteur du groupe Nuvo, OkyJems, avait encore une fois attiré l’attention du public gonaïvien. Mais, cette fois-ci, c’était son message pro-évangélique qui a fait écho. Selon lui, il va se faire baptiser après le carnaval pour se préparer à recevoir le Christ, qui, disait-il, revient très bientôt, et il avait invité les autres à faire autant.
Cependant, le clou de la soirée était la présence du Président fraichement investi, M. Jovenel Moïse. Le nouveau locataire du palais national avait gratifié ses fanatiques non seulement de sa présence, mais également en acceptant humblement de se faire photographier avec plus d’un, et en serrant les mains à tous ceux qu’il pouvait atteindre sur son passage.
Selon les festivaliers sortis satisfaits, la dernière soirée était la plus grandiose. Chachou Boyz, Jackito, Barikad, T-Vice avaient défilé pour leurs délices.
Il faut noter que la sécurité assurée par des unités de la police Nationale d’Haïti, basées aux Gonaïves et à St-Marc, était sans faille.
La seconde édition promet déjà d’être meilleure que celle-ci car l’expérience acquise pourra servir pour combler les lacunes et une meilleure exécution la prochaine fois.
Nous souhaitons voir la ville renouée non seulement avec le carnaval et les traditions de jadis, mais également avec la croissance économique et financière pour devenir une référence pour le développement et le progrès d’Haïti.
Jhony Desinor
JDNews, Naples, FL
JDNews, Naples, FL

