Mercredi 2 décembre 2020 ((rezonodwes.com))– Dans un peu plus de deux mois , arrive le 7 février 2021, la fin du mandat constitutionnel du Président Jovenel Moïse. Jovenel Moise est très préocupé par son avenir immédiat. Avec des méthodes apparentées à celles de la mafia, il entend refiler sa peur au peuple haitien.
Jovenel connait le serment mafieux . Il est peut être entré vivant dans » l’honorable société de la Cosa Nostra « . Il n’en sortira pas . Les chefs mafieux qui l’ont hissé et maintenu à la tête de l’Etat en Haïti ont dû lui apprendre que la « Cosa Nostra » passe avant toute autre chose. Avant sa famille, avant son pays et même avant dieu.
Et même s’il s’est auto-proclamé « Aprédyé « , cela ne fait pas de lui le « Père de la Nation ». Mais plutôt un tout petit élément dans ce monde fait de sang, de peur, de corruption, et de « zones grises » (où se retrouvent les services secrets des pays de tout un continent et le monde des affaires) qui en disent long sur les faiblesses de nos démocraties contemporaines.
Dans ce cadre, à l’approche du 7 février 2021, il a mis en place ce que le Journal Le Nouvelliste décrit, dans un article signé de Robenson Alphonse, comme l’industrie du kidnapping :
« Mi-novembre, quelques heures après la libération contre rançon de six personnes kidnappées dimanche dernier, à Delmas 60, c’est le soulagement, a rapporté une source proche de l’une des victimes. « C’était dur », avait confié au journal cette source proche de ces quatre femmes et deux hommes, interceptés après une séance de pratique de danses sociales par des hommes lourdement armés circulant à bord de deux véhicules aux vitres teintées, dont un avait une plaque d’immatriculation Service de l’État (SE).
« Les victimes ont d’abord pensé qu’il s’agissait d’un chef accompagné de son back-up qui rentrait chez lui. Soudain, des hommes en uniforme ont fait irruption pour immobiliser tout le monde. Tout s’est passé très vite. En pleine rue, les six personnes kidnappées ont été réparties dans deux véhicules. Par la suite, les trois véhicules ont filé en direction du bord de mer, de Village-de-Dieu », a ajouté la source du journal.
« Les victimes ont été bien traitées et correctement nourries. Les femmes n’ont subi aucune agression sexuelle », a poursuivi la source du quotidien Le Nouvellistep. Au lieu de séquestration, il y avait d’autres personnes dans d’autres chambres. Tout était bien organisé. Les ravisseurs ont pu ouvrir les téléphones sans demander les codes de sécurité. Au cours de leurs conversations, certains ont dit que le boss a déterminé un quota de 10 kidnappings par jour à effectuer dans la commune de Delmas. Il y a des personnes ciblées, parfois en observant leurs actualités sur les réseaux sociaux. Quand la cible n’est pas trouvée, les soldats ont l’ordre de ne pas rentrer les mains vides, a expliqué la source du journal. « C’est comme une industrie. Ils sont très professionnels et ont des moyens. Ils ont des armes lourdes, des dizaines de véhicules, des plaques d’immatriculation Service de l’État », a poursuivi cette source, soulignant que ces kidnappeurs « ont la logistique pour kidnapper n’importe qui » conclut le journal dans cet article daté du 30 novembre 2020. »
Mais ne vous trompez pas, à environ une soixantaine de jours du 7 février 2021, l’objectif de ce système mafieux mis en place par Jovenel sous les yeux et avec la complicité active de la communauté internationale représentée par la BINUH en Haïti , n’ est pas uniquement le fric. Il y a des objectifs politiques beaucoup plus importants : le maintien du régime au pouvoir au delà du 7 février 2021.
Certes, l’image de cette écolière en uniforme, la tête dans un sachet noir, kidnappée avec ses parents et partagée à dessein sur les réseaux sociaux, suffit pour comprendre le niveau de terreur qu’entend faire régner le régime « Têt Kale » sur les familles haïtiennes.
Mais pour bien apprécier ce phénomène il faut analyser la mission confiée aux deux agences de Jovenel Moïse: ANAP et ANI.
ANAP et ANI :les agences de répression du régime Têt Kale
C »est également dans le cadre de cette même logique de répression de la population que Jovenel Moïse a récemment créé par décret l’Agence Nationale d’Intelligence (ANI) , après la mise en place d’une autre agence ANAP ( Agence Nationale des Aires Protégées) dont le bras armé , le BSAP (Brigade de Surveillance des Aires Protégées), est très actif dans le Nord-est.
En effet les membres de ce corps armé font partie intégrale de « lame Kosovo ». Et ces bandits de Trou-du-Nord, sont présents sur tous les chantiers du gouvernement de Jovenel Moise, a spécifié une source de Rezo Nodwès détaillant qu’à l’entrée Est de la ville du Cap-Haitien, ces agents « spéciaux du Palais National » sont très remarquables et dans le Nord-Est, ils se regroupent sur le chantier de Marion et sur toutes les terres du domaine public de l’Etat jusqu’à la baie de Mancenille. « Les terrains du Nord’Est sont mis en coupes réglés par Jovenel Moise et c’est aux agents armés de BSAP qu’il incombe la mission d’assurer la surveillance des ‘repartimientos’ du sous-sol d’Haiti« , a assuré la source.
Le Nouvelliste , recemment, rapportant un raid spectaculaire de la BSAP contre un sous-commissariat au Cap-Haïtien écrivait ce qui suit :
« Environ 15 agents de la Brigade de sécurité des aires protégées (BSAP) ont mené, mercredi 22 juillet, un raid contre le sous-commissariat de la police de l’Hôpital universitaire Justinien du Cap-Haïtien et procédé à la libération de Youdlex Sylvestre, membre de la BSAP arrêté la veille par la section départementale de la police judiciaire (SDPJ) du Nord pour détention illégale d’armes à feu. »
« Youdlex Sylvestre a été blessé par balle dans des échauffourées lors de l’exécution d’un jugement en faveur des héritiers Paul Eugène Magloire qui reprennent procession de 52 carreaux de terre sur l’Habitation Madeline, située à la 3ème section communale de Petite-Anse.
Les assaillants ont tout balayé au sous-commissariat de l’HUJ lors de leur invasion éclair. « Ils ont pointé leurs armes sur les policiers en poste et percé la serrure de la cellule du sous-commissariat pour repartir avec le détenu qui a été soigné à l’HUJ », raconte un témoin, qui dit avoir été terrifié à l’arrivée des hommes armés. »
24 heures après les faits, la police et la direction de l’Hôpital Justinien ne se sont pas prononcées officiellement sur l’affaire. »
Des images de l’intérieur du sous-commissariat saccagé ont fait le tour des réseaux sociaux et ont été largement commentées par des internautes et la presse locale.
Des policiers voulant garder l’anonymat ont dénoncé les interventions régulières des agents de la Brigade de Sécurité des Aires Protégées (BSAP) à Vaudreuil à l’entrée nord de la ville à proximité de leur campement.
« La nuit tombée, ils procèdent à des checkpoints, rançonnent les conducteurs ou maltraitent les passants », a indiqué la source du journal LeNouvelliste.
Quant à l’Agence Nationale d’Intelligence (ANI) de Jovenel Moïse, on ignore ,pour l’instant, les détails du décret qui l’a créé. Cependant un de ses promoteurs, James Boyard, la présente « comme une structure d’investigation multifonctionnelle capable d’assurer à la fois la collecte d’informations criminelles, la surveillance et le repérage d’activités individuelles ou collectives potentiellement dangereuses, l’analyse et l’interprétation des faits informationnels, aux fins de diffusion gouvernementale et la gestion d’un Fichier central individuel. »
Une telle structure entre les mains d’un gourvernement sans mandat après le 7 février 2021 et qui a décidé de mettre de coté la Constitution de 1987 pour en fabriquer une autre à sa juste mesure est très dangereuse.
Dans le contexte actuel et entre les mains de Jovenel Moïse, elle viendra renforcer la répression et le régime de terreur en Haïti.
Bref , c’est un fait. Le régime Têt Kale n’est pas rassuré à l’approche du 7 Février 2021. La perspective des changements à la tête de l’Admininistration américaine et ses conséquences sur la politique étrangère du prochain locataire de la Maison Blanche l’effraie grandement.
Toutes ses gessticulations actuelles visent à communiquer la peur qui l’habite à la majorité de la population.
Aujourd’ hui , la question n’ est pas de savoir si Jovenel Moise réussira à mettre en place cette industrie de la peur en Haïti. Car comme Duvalier et beaucoup d’autres avant lui, il échouera.
Mais, quand donc le peuple haitien , comme un seul homme , se mettra t-il, enfin, debout pour chasser l’apprenti-dictateur et prendre en main son destin ?

