Mardi 23 juin 2020 ((rezonodwes.com))–
Pandémie mondiale se propageant à grande vitesse, le coronavirus a déjà fait beaucoup de victimes dans presque tous les pays du globe terrestre. Cette crise sanitaire rend de plus en plus difficile le fonctionnement des activités quotidiennes avec une population presque condamnée à rester à la maison, les écoles, les bureaux et les usines ont limité leurs activités, le trafic routier a diminué au minimum et les compagnies aériennes sont presque paralysées partout dans le monde.
Toutefois, il est encore plus évident de se préparer, car les répercussions peuvent être fatales surtout dans les pays ou le système de développement est plus faible. On ne peut pas se focaliser seulement sur le négatif dans cette situation, il y a encore du positif. Le moment est certes difficile, mais aussi il représente un atout majeur, un moment pour repenser le système, en mettant sur pied des programmes environnementaux pratiques et réalistes pouvant redorer le blason de notre pays qui jadis était considéré comme la perle des Antilles.
En date du 16 juin 2019, France TV a publié une étude Australienne évoquant la fin de la civilisation en 2050 si rien n’est fait pour freiner le réchauffement de la terre. En 10 pages le rapport brosse un tableau apocalyptique, en 2050 la hausse de la température moyenne à la surface du globe aura atteint 3 degré Celsius. Plus de la moitié de la population mondiale sera exposée à des chaleurs létales au moins 20 jours par an.
Deux milliards d’habitants seront affectés par le manque d’eau dans les régions tropicales, on comptera plus d’un milliard de déplacés climatiques. L’agriculture ne sera plus viable dans les régions subtropicales. Des écosystèmes tels que la grande rivière de Corail ou la forêt amazonienne seront effondrés.
Tristes prévisions ! Mais toutes liées aux changements climatiques, changements dûs aux activités de l’homme sur l’environnement telles que les activités industrielles, le transport, l’exploitation des forêts tropicales etc. Ces activités libèrent d’énormes quantités de gaz à effet de serre qui viennent s’ajouter à celui naturellement présent dans l’atmosphère renforçant ainsi l’effet de serre et le réchauffement de la planète.
La COVID-19 n’est-elle pas une opportunité pour que l’environnement puisse enfin respirer?
L’environnement reste et demeure un lieu indispensable pour l’humanité entière. Aujourd’hui, il se comporte beaucoup mieux après la découverte de la COVID-19. À cause de cette perturbation mondiale causée par la pandémie de la COVID-19, de nombreux impacts ont été enregistrés sur l’environnement et le climat. L’activité touristique vers les zones naturelles a cessé; la diminution des déplacements prévus a provoqué une baisse de la pollution atmosphérique et des activités de couverture végétale dans de nombreuses régions ont été recensées. L’environnement profite de cette opportunité pour respirer un peu.
En Haïti, plusieurs évènements pouvaient le conduire à une nouvelle infrastructure de développement environnementale; cyclone Matthew, 12 janvier 2010, maintenant COVID-19. Des approches environnementales ont déjà été enregistrées un peu partout dans le monde sur le cas d’Haïti, il est obligatoire aujourd’hui pendant le confinement de passer de la parole aux actes, en commençant par éduquer la population à l’environnement.
Alors que la Terre semble être en convalescence pendant le verrouillage lié à la COVID-19, l’impact sur les déchets reste une préoccupation. Les volumes de déchets organiques et recyclables ont augmenté. Des nouvelles pratiques sont entretenues avec l’importation des nouveaux produits en Haïti tels que : Les gants, cache-nez etc. Comment va-t-on procéder pour diminuer le risque d’exposition de ces déchets dans les rues, les canaux d’irrigation et les mers (plages)? Les pratiques de gestion des déchets solides n’ont pas toujours été bonnes en Haïti. Un résultat direct de l’exposition à long terme de grandes quantités de déchets solides pendant des jours dans la rue est qu’ils ont servi de terrain fertile à un grand nombre de vecteurs de maladies nocives. En d’autres termes, les interminables tas de détritus représentent un grave danger pour la nature et la santé humaine, provoquant par exemple la contamination des eaux souterraines et du sol ainsi que des problèmes sanitaires. Le plus gros problème de gestion des déchets solides dans presque tous les pays en voie de développement est la faible pratique de la 3R: réduire, réutiliser, recycler.
Vers un risque de déforestation sévère.
L’épidémie de coronavirus, qui a officiellement laissé de nombreux infectés et morts dans le monde, complique encore les choses. Ces dernières années, la déforestation est l’une des rares images que les médias grand public prennent constamment sur Haïti montrant une comparaison de la couverture végétale dense de la République dominicaine et d’une terre nue du côté d’Haïti, et qui influencent la façon dont les deux pays sur la même île est perçue sur la scène internationale.
Depuis des années, la pratique de la coupe des arbres est devenue une routine en Haïti. Elle aggrave l’impact des catastrophes naturelles telles les ouragans, les tremblements de terre et les inondations. Malgré ces avertissements, nombreux sont ceux qui utilisent le charbon de bois pour répondre à leur besoin énergétique et d’autres pour confectionner des meubles. C’est pourquoi les différents centres de propagation végétale par exemple, déjà construits dans presque tous les départements seraient un atout en ce qui concerne le reboisement des différentes localités du pays.
Un plan de reboisement ou encore une politique de contrôle de la couverture végétale du pays est urgent. Sinon, il arrivera un jour où nous ne trouverons plus de bois pour continuer à produire, l’environnement sera toxique pour l’homme, et aboutira par la suite à une apocalypse environnementale.
Yves-Bernard ST MARTIN
Ingénieur Civil
Master en Génie Environnemental
National Cheng Kung University, Taiwan (Rep. Chine)

