16 octobre 2026
Les funérailles de George Floyd transformées en tribune antiraciste
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Les funérailles de George Floyd transformées en tribune antiraciste

par Cyril JULIEN / avec Charlotte PLANTIVE à WASHINGTON

Une vidéo de Joe Biden est montrée aux obsèques de George Floyd, le 9 juin 2020 à Houston, au Texas

Mardi 9 juin 2020 ((rezonodwes.com))– Entre les larmes, les slogans politiques: les obsèques de George Floyd, dans une église du Texas mardi, ont mêlé les hommages à cet homme noir tué par un policier blanc et les appels enflammés à s’attaquer, enfin, au racisme qui « blesse l’âme » de l’Amérique.

La pasteure Mia Wright, de l’église Fountain of Praise à Houston, a d’emblée donné le ton de ces funérailles, retransmises en direct dans des millions de foyers: « Nous allons peut-être pleurer, faire notre deuil, mais nous allons trouver du réconfort et de l’espoir! »

Dans le premier registre, les proches de George Floyd ont salué « Big George », leur « superman », leur « doux géant » dont la stature — près de deux mètres — n’a pas empêché un agent de police de l’étouffer, en s’agenouillant pendant près de neuf minutes sur son cou, il y a quinze jours à Minneapolis, dans le nord du pays où il était parti vivre il y a quelques années.

« Vous êtes obligés de faire votre deuil en public, c’est difficile », leur a dit le candidat démocrate à la présidentielle Joe Biden dans une vidéo au ton intime diffusée pendant la cérémonie. Mais pour lui, « l’heure de la justice raciale est venue ». 

« Nous ne pouvons plus nous détourner du racisme qui blesse notre âme », a ajouté l’ancien vice-président de Barack Obama, qui jouit d’une grande popularité parmi les électeurs noirs.

Plusieurs élus démocrates, dont le maire de Houston, Sylvester Turner qui a annoncé une réforme de la police de la ville, ont pris la parole à la tribune, mais c’est la jeune nièce de George Floyd qui s’est aventurée le plus avant sur le terrain politique. 

« Certains disent qu’il veut rendre leur grandeur à l’Amérique », a lancé Brooke Williams, en référence au slogan de campagne de Donald Trump. « Mais quand est-ce que l’Amérique a été grande ? », s’est-t-elle interrogé en dénonçant la « haine raciale » aux Etats-Unis.

Le président républicain n’a de son côté pas eu un mot mardi pour George Floyd ou les victimes de violences racistes. Dans un tweet, il a au contraire mis en cause la crédibilité d’un homme de 75 ans récemment poussé par des policiers lors d’une manifestation.

– « Nettoyer la Maison Blanche » –

Le calvaire de George Floyd, dont une vidéo est devenue virale, a suscité une mobilisation inédite aux Etats-Unis depuis la lutte des droits civiques dans les années 1960.

Sous le cri « Black Lives matter » (Les vies noires comptent), les appels à réformer a police et à lutter contre les inégalités raciales ont gagné le monde entier.

Mais Donald Trump, qui briguera un second mandat en novembre, campe sur un discours de fermeté.

« La première chose que nous devons faire est nettoyer la Maison Blanche », en a conclu, sous les applaudissements de l’église, le révérend Bill Lawson en appelant les Américains à « voter ».

Entrecoupées de chants gospel, les funérailles ont aussi vu un artiste dessiner le visage de George Floyd en ligne blanche, sur une toile noire.

Première figure blanche à s’exprimer, le pasteur Steve Wells a interpellé sa communauté: « Nous sommes meilleurs qu’avant, mais nous ne sommes pas aussi bons que nous devrions l’être et ce n’est pas suffisant ».

– « Maman » –

A l’issue de la cérémonie, George Floyd doit être enterré aux côtés de sa mère Larcenia, décédée en 2018, dont il avait le surnom « Cissy » tatoué sur la poitrine. Lors de son calvaire, il avait supplié le policier Derek Chauvin de le relâcher en implorant « maman ».

Devenu le visage des brutalités policières, l’agent de 44 ans a comparu lundi pour la première fois devant la justice par vidéo. Lors de l’audience, la juge a fixé à un million de dollars le montant de sa caution libératoire, assortie de certaines conditions. 

Il avait fallu attendre quatre jours pour qu’il soit arrêté et inculpé, dans un premier temps d’homicide involontaire. Ses trois collègues impliqués dans le drame n’avaient alors pas été inquiétés. 

Cette clémence apparente de la justice avait attisé la colère et, le dernier week-end de mai, les manifestations avaient dégénéré en violences, avec des affrontements et des pillages nocturnes dans plusieurs villes du pays.

Des couvre-feux et le déploiement de soldats de la Garde nationale ont peu à peu ramené le calme. En parallèle, le chef d’inculpation retenu contre Derek Chauvin a été requalifié de « meurtre », un crime passible de 40 ans de prison, et ses trois collègues ont été arrêtés et inculpés pour complicité.

Mais les manifestations se poursuivent: des dizaines de milliers de personnes, noires et blanches, ont encore défilé dans le calme ce week-end en réclamant des réformes de fond des forces de l’ordre.

cyj-chp/sdu

© Agence France-Presse

1 Comment

  • Endijèn 10 juin 2020

    La police représente le cercueil et l’arbre. Le mouvement « Black lives matter, » et ses alliés ici et ailleurs, doivent le comprendre, et tout en menant le combat sur d’autres fronts. Pour l’aboutissement du mouvement (si m ka pale konsa), en pensant au lynchage de l’adolescent de 14 ans, Emmett Louis TILL, le 28 août 1955. Ils doivent chercher plutôt où se trouvent le Cadavre et la Forêt. La mort de TILL avait suscité beaucoup de LEVE KANPE aux États Unis. Les historiens n’hésitent pas à lier les deux cas: TILL vs FLOYD.

    Le prédécesseur de l’actuel président et sa majorité dans les deux chambres ne savaient pas où les trouver. Aujourd’hui, comme le commun des mortels, les bras droits Holder, Loretta…, Rice (atansyon se pa Condi Rice) et Jones, dénoncent la Brutalité Policière et le Racisme Institutionnel.

    En 2004, grâce au citoyen Keith Beauchamp, à travers le documentaire, « The Untold Story of Emmitt Louis Till, » le ministère de la justice avait jeté un coup d’oeil sur le dossier. Beauchamp est encore vivant, il disait, « Mwen paka fè tèt mwen siplis pou m te regade video kote George Floyd ap rann dènye souf li nan kondisyon sa a… Mwen fatige wè jan moun nwè pa sispann mouri… Lanmo George Floyd mennen m nan Emmitt Till, lè sa a mwen te gen 10 zan sèlman » (USA TODAY, 8 juin 2020).

    Il est toujours bon de faire le Rappel pour les amnésiques, “La liste de noms de Benjamin Crump (avocat de la famille de George Floyd et d’autres cas similaires) ne commence pas à expliquer le nombre de vies noires perdues à cause de la violence blanche. Plus de 4 000 personnes ont été victimes de lynchages de terreur raciale entre 1877 et 1950, selon Equal Justice Initiative – une organisation à but non lucratif basée à Montgomery qui plaide pour la justice raciale – qui définit les lynchages de terreur comme « des actes de violence horribles dont les auteurs n’ont jamais été tenus pour responsables. » Et plus de vies ont été perdues dans les « lynchages modernes » depuis ce temps.” Selon Mondialisation, « de janvier 2015 à ce jour, par exemple, 1250 citoyens afro-américains ont été abattus par la police, aux États-Unis democratiques » (2 juin 2020).

    À l’intention des compatriotes, dans ces tueries, ce n’est pas sous l’égide de tel ou tel parti. Il s’agit d’un système qui est en place. En 1994, assurément le président actuel ne rêvait pas un jour d’être à la Maison Blanche. À ce moment, son rival était à l’oeuvre au Congrès.
    Dans l’ambiance électorale, de tous les côtés la fin justifie les moyens. Pour les gens avertis et qui ne sont pas émotionnels, les styles des adversaires n’ont aucun impact sur eux. « Dans une interview avec l’hôte noir Charlamagne tha God, Biden a déclaré: « vous n’êtes pas noir » si vous avez du mal à décider de me soutenir ou Trump. » Sans trop tarder, « Le staff de la campagne de Trump a saisi les propos. Biden, qui avait déjà été examiné par des électeurs noirs progressistes pour avoir aidé à faire adopter le projet de loi sur le crime de 1994, s’est rapidement excusé » (USA TODAY, June 8, 2020). Legalman Moun Nwè jwenn ak zo grann yo, pou tikritikrak al bwè pwizon. En ce sens, Kamara Harris n’est pas au-dessus de tout soupçon. Comme candidate à la présidente, elle a été malmenée par sa rivale Tulsi Gabbard pour ses massives incarcérations.

    Il ne fait pas de doute, non sans amertume et la mort dans l’âme, les journalistes Nathaniel Cary et Lily Altavena ont fait savoir, « Soixante-cinq ans plus tard, la famille de Till attend toujours justice. Le ministère de la Justice enquête sur son cas. Et la législation anti-lynchage au nom de Till, qui a été adoptée par la Chambre en février, est au point mort au Congrès” (USA TODAY, June 8, 2020).

    Sans s’en rendre compte, M. Beauchamp et les journalistes s’expriment surtout pour ceux qui ne se laissent pas guider par l’émotion nègre, mais par la Rationalité d’Hélène.

    Temwen istorik

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