17 octobre 2026
Gouvernance : A part le bicolore, que reste-t-il d’Haïti ?
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Gouvernance : A part le bicolore, que reste-t-il d’Haïti ?

Par : Vitalème ACCÈUS

Lundi 18 mai 2020 ((rezonodwes.com))– Il en reste beaucoup ! Il en reste les gangs armés qui foisonnent dans les paradis du kidnapping, du détournement des camions des marchandises, de la drogue et qui fait l’affaire des hommes politiques et des affairistes de tous bords.

Il en reste un Président qui ne dirige que le palais national et qui, depuis plus de trois ans au pouvoir, ne fait rien pour stopper l’insécurité, réduire l’inflation et l’insécurité alimentaire.

Il en reste les caïds de Village de Dieu, les bandits de Gran Ravin, le gang des 400 mawozo, les malfrats de Savien, etc… qui séquestrent les cadres de la classe moyenne , dictant et appliquant leurs lois avec la bénédiction des autorités qui sont d’ailleurs en permanence « en contact » avec eux par téléphone.

Il en reste des quartiers incendiés, des femmes éventrées, des jeunes filles violées, des enfants égorgés, des hommes abattus comme des chiens, du cannibalisme ambiant, de l’ethnocentrisme exacerbé.

Il en reste des quartiers entiers qui ont subi les affres du massacre (Bel-Air, La Saline et Carrefour Feuille), des policiers assassinés, laissant derrière eux femmes et enfants, des routes bloquées par des bandits qui tirent sur les bus avec les pauvres citoyens qui meurent sans savoir ni pourquoi ni comment.

Il en reste des quartiers de l’entrée sud de la capitale qui partent en fumée, des policiers qui se font arrêter pour avoir réclamé leur droit.

Ah oui, il en reste aussi des millions débloqués pour lutter contre le Covid-19, des millions dont personne ne connait la destination car, les hôpitaux attendent de l’aide et se débrouillent avec les dons des particuliers. Il en reste des voleurs qui se font élire au parlement haïtien pour échapper à la prison contre le trafic de drogue . Il en reste aussi des soldats bien formés au combat qui, au lieu de sécuriser les citoyens, se battent jusqu’à la mort contre leurs frères policiers au champ -de-Mars.

Il en reste surtout le couvre-feu de l’état d’urgence du fameux confinement du Covid-19 qui a promis au gouvernement de n’infecter les citoyens qu’à partir de 8 heures du soir . Il en reste les rassemblements interdits avec des bureaux de l’ONI ouverts dans lesquelles les gens collés les uns contre les autres, toussotant et éternuant avec aisance.

Il en reste une parfaite démocratie dans laquelle le chef de file de l’opposition lance une manifestation ce 18 Mai 2020 en pleine COVID -19 sans penser à la vie des manifestants et de leurs familles.

Il reste des maisons construites sur la côte des arcadins, des appartements construits et achetés à Pétion-Ville . Il en reste de l’argent confisqué par les dirigeants qui sont placés dans des paradis fiscaux et qui sont en train de blanchir dans des constructions de pompes à essence dans la capitale et dans nos villes de province.

Ah n’oublions pas ! Il en reste un brave peuple qui ne dit rien de la dilapidation du fonds petro-Caribe, du contrat dermatolog ainsi que de la promesse du courant 24/24, mais qui reste sur le compte du «Bondye Bon».

Vous voulez savoir ce qui reste d’Haiti ? Voilà ce qu’il en reste et voilà pourquoi nous devons nous battre pour que c’est pas seulement le bicolore qui reste pour le peuple haïtien.

Vitalème ACCÈUS
acceus2009@gmail.com

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