14 octobre 2026
Mesures d’accompagnement inexistantes : L’arrêté de Jovenel – Jouthe ne laisse aux Haïtiens que le choix de mourir de faim ou de Coronavirus
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Mesures d’accompagnement inexistantes : L’arrêté de Jovenel – Jouthe ne laisse aux Haïtiens que le choix de mourir de faim ou de Coronavirus

Mourir de faim ou de Conavirus, le choix laissé par Jovenel Moïse et son Premier Ministre Joseph Jouthe à bon nombre de familles haïtiennes. L’exécutif demande aux citoyens de rester chez eux sans annoncer des mesures d’accompagnement

Lundi 23 mars 2020 ((rezonodwes.com))– Pour une bonne partie de la population haïtienne, la rue est  source de vie ou de survie. C’est là où elle tire les moyens pour se nourrir,  tant bien que mal , chaque jour . Bon nombre de mères et pères de famille à Port-au-Prince , en effet, n’ont pas d’autres lieux pour tenter faire face aux obligations d’un quotidien difficile déjà sérieusement menacé et hypothéqué par une insécurité planifiée  et prendre soin de leurs progénitures

Aujourd’hui , dans la lutte contre la propagation de la Pandémie du Coronavirus,  le Président Jovenel Moïse et le Premier Ministre de facto Joseph Jouthe placent beaucoup de ces familles haitiennes devant un choix de type cornélien :  Mourir de faim ou mourir de coronavirus.

En effet, Moïse et Jouthe, après avoir fermé les écoles, les parcs industriels, les péristyles ou temples Vodou, les églises, les mosquées et tous autres lieux de cultes généralement quelconques, les aéroports internationaux, les frontières terrestres et maritimes, demandent aussi aux citoyens de rester chez eux, sans annoncer des mesures d’accompagnement.

Comment , par exemple, les professeurs et les gens travaillant dans les parc industriels vont -ils continuer à vivre  durant les 30 prochains jours  que durera  cet état d’urgence ?  Comment la majorité de la population active qui se trouve dans le secteur informel va t-elle continuer à tenir économiquement si elle abandonne les rues et ferme boutique comme Jovenel la lui demande dans son  Arrêté en date du 19 mars 2020 ?

Ces questions ne semblent pas effleurer l’esprit ni de Jovenel ni celui de Jouthe. Poutant ils ont un exemple tout près : celui de la République Dominicaine.

En effet , le Président Medina  dans le contexte de la pandémie de coronavirus, a pris dix mesures en République voisine avec l’aval du Parlement dominicain :

1. Fermeture de la frontière par voie aérienne, maritime et terrestre.

 2. Suspension des cours dans les écoles, collèges et universités. La mesure est étendue jusqu’au 13 avril

3. INABIE reste en vigueur. L’objectif est de continuer à garantir l’alimentation des élèves des écoles publiques à travers le programme d’alimentation scolaire.‌

4. Suspension de 15 jours de tous les événements et concentrations de toutes sortes, y compris les événements nationaux et internationaux, les spectacles publics, les événements culturels, artistiques et sportifs, ainsi que les activités dans les bars et les clubs, entre autres.

5. Les restaurants ne peuvent vendre de la nourriture que par livraison. Seules la collecte et la livraison à domicile des aliments seront autorisées.

6. Les marchés aux puces sont également suspendus. La mesure couvre l’ensemble du territoire national et les marchés binationaux de la zone frontalière.

7. Suspension des rallyes et caravanes. Les actes de prosélytisme électoral concernant les marches, les rassemblements et les caravanes sont suspendus, comme indiqué précédemment aux candidats à la présidentielle. Ces mesures comprennent toutes les inaugurations du gouvernement, qui ont déjà été annulées et tout autre acte prévu par les autorités publiques.

8. Suspension des activités commerciales. Les activités commerciales sont suspendues pour les 15 prochains jours, à l’exception de celles dédiées aux activités de base pour la population: supermarchés, épiceries, stations-service, pharmacies et établissements commerciaux dédiés à la vente d’aliments crus ou cuits, entre d’autres.

9. Les cliniques peuvent fonctionner. Les centres de services médicaux publics et privés et les laboratoires médicaux sont autorisés à fonctionner normalement. Les visites et la circulation des personnes sont limitées par rapport aux hôpitaux et aux cliniques.

10. Les employés de plus de 60 ans doivent être licenciés. Dans toute l’administration publique, les employés âgés de plus de 60 ans et souffrant de problèmes de santé particuliers tels que le diabète, l’hypertension, les maladies cardiovasculaires ou respiratoires doivent rester à la maison pendant toute la durée de la crise.

Le  Gouvernement dominicain, afin d’éviter de placer la majorité de la population en République Dominicaine dans une position insoutenable comme l’a fait le Président Jovenel Moïse en Haiti, s’est fait le devoir d’annoncer des mesures d’accompagnement ,pour aider la population à traverser cette periode difficile.

Par exemple , l’apprentissage va continuer . Les écoles et l’Université mettront à profit le grand réseau Wi-Fi à accès gratuit établit sur tout le territoire dominicain pour faire l’enseignement à distance. Des dispositions sont aussi prises par le Gouvernement dominicain pour distribuer de la nourriture à la population  qui en a besoin. En même temps le gouvernement du Président Medina baisse considérablement le prix du carburant, repercutant ainsi sur le marché dominicain la baisse constatée sur le marché mondial.

Du côté haïtien, la population  n’a droit qu’aux conséquences fâcheuses de la propagation de la Pandémie du Coronavirus. Le peuple haïtien continue à payer le carburant au même prix qu’avant le début de la crise du Coronavirus, alors que le baril de pétrole est passé de 50$ à 20$ sur le marché international.

Jovenel Moïse, Joseph Jouthe et des groupes bien ciblés de l’oligarchie haïtienne se réservent tous les bons côtés de cette crise . Aujourd’hui les agences internationales annoncent une aide pour les pays touchés par cette pandémie. On doute fort , étant donné la nature de ce régime  de facto en Haïti, que la population haïtienne , comme pour le carburant,  pourra en bénéficier.

En tout cas , cet Arrêté du Président Jovenel Moïse  en date du 19 mars 2020, déclarant, sans l’aval d’un Parlement, l »état d’urgence sanitaire  sur toute l’étendue du territoire haïtien pour une période d’un (1) mois et les nombreuses interventions du Premier Ministre Joseph Jouthe dans la presse haïtienne, appelant,  sans mesure d’accompagnement,  la population à rester chez elle  , ne  sont pas , pour l’instant, pris très au sérieux par des familles plutôt très préoccupées par la cherté de la vie et le phénomène du kidnapping.  Cela peut changer dans les prochains jours ou prochaines semaines. Par exemple , si le Coronavirus commence à faire des morts en Haïti.

Heureusement, on en est pas là. Pour l’instant nous  vous offrons à nos lecteurs  cette.pièce digne d’un musée du  Coronavirus : le texte de l’arrêté illégal du Président Jovenel Moïse déclarant l’État d’urgence en Haïti dans le cadre de la lutte contre la propagation de cette pandémie.

Texte de l’Arrêté présidentiel :

« […]

Considérant l’arrivé du Coronavirus (COVID-19) sur le territoire nationale ;

Considérant qu’il est urgent de prendre toutes les mesures nécessaires en vue de protéger la vie et la santé de la population

[…]

Et après délibération en Conseil des Ministre

ARRETE

Article 1er.- L’état d’urgence sanitaire est déclaré sur toute l’étendue du territoire national pour une période d’un (1) mois à partir de la publication du présent arrêté.

À cet effet, les mesures suivantes sont adoptées :

1) Les écoles, les parcs industriels, les péristyles ou temples Vodou, les églises, les mosquées et tous autres lieux de cultes généralement quelconques, les aéroports internationaux, les frontières terrestres et maritimes demeurent fermés jusqu’à nouvel ordre ;

2) Le Gouvernement prendra les dispositions appropriées pour fournir aux hôpitaux des masques, des gants, des médicaments, des solutés et toutes autres fournitures médicales nécessaires ;

3) Les hôpitaux et cliniques privées mettent à la disposition de l’État leurs services d’isolement ;

4) Il est demandé aux citoyens de rester chez eux ou de limiter leurs déplacements au strict nécessaire ;

5) Les individus provenant des zones à risques seront automatiquement placés en quarantaine pour une période de (14) quatorze jours ;

6) Les propriétaires des biens et structures privés, éventuellement réquisitionnés par l’État, en vue de secourir la population, seront rémunérés à juste titre.

La force publique est mobilisée à l’effet de faire respecter ces mesures.

Articles 2.- Le présent arrêté sera imprimé, publié et exécuté à la diligence du Premier Ministre et de tous les ministres, chacun en ce qui le concerne.

Donné au Palais National, à Port-au-Prince, le 19 mars 2020, An 217e de l’Indépendance. »

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