14 octobre 2026
Geste de solidarité de la CJH au profit des femmes incarcérées
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Geste de solidarité de la CJH au profit des femmes incarcérées

Indignée par la précarité hygiénique des 242 femmes détenues à la prison de Cabaret, la Coalition de la Jeunesse Haïtienne (CJH) profite de la journée internationale des droits de la femme pour témoigner son soutien psychologique à cette couche humiliée et dont les droits sont quotidiennement bafoués

Lundi 16 mars 2020 ((rezonodwes.com))– En partenariat avec des organisations sociales, la CJH a procédé ce 10 mars, à la distribution de plus de deux cent (200) kits hygiéniques au profit de ces mères de familles, des sœurs, des femmes, des personnes à part entière mais qui ont certainement commis, dans leurs moments d’émotions et d’égarements, des actes à leur reprocher.

Malheureusement, certaines des détenues sont quelques fois victimes de déclarations diffamatoires et d’accusations injustes qui se soldent par des jugements erronés et des peines afflictives et infamantes disproportionnées par rapport à des erreurs superficielles qu’elles auraient commises. Nous ne saurions alimenter un plaidoyer en prenant une posture d’« avocat du diable » pour nous mettre en croix contre des décisions de justice qui seraient appropriées, loin de là l’esprit de notre initiative.

En tant qu’adeptes de la démocratie, nous encourageons l’application des règles et des prescrits de la constitution qui découragent l’impunité en condamnant, à juste titre, les comportements délinquants. D’ailleurs, c’est en vertu de ces pratiques vigilantes qu’une société lance de bons signaux de révérence envers les institutions et de respect des vies et des biens. Nous ne pouvons étayer la thèse de « victime accusée » ou « d’innocents condamnés » avec des documents légaux à l’appui ; nous ne sommes pas des hommes et des femmes de l’art. Par contre, de notre lieu d’observateur avisé, nous notons avec stupéfaction que l’histoire regorge de cas de sanctions indues et inéquitables résultant d’une faiblesse criante de notre système de justice qui nous rendent sceptiques.

En comparaison avec certaines peccadilles et des actes anodins, quelques approches correctionnelles par des services à la communauté et des pénalités civiles pour fouetter la conscience du fautif (de la fautive) et le/la responsabiliser, auraient favorisé de meilleures prises de décisions judiciaires. Evidemment, il faudrait dissuader le récidivisme et éviter de se tromper dans des décisions hâtives, sans des arguments convaincants. Ce serait à l’avantage des familles et du ministère public de permettre à une personne, particulièrement à une femme, de jouir de sa liberté sous la garantie qu’elle aurait appris les leçons de ses erreurs et de ses bêtises.   

Sous la supervision d’agents de la justice préposés à cet effet, la plupart des femmes, arbitrairement détenues en prison pendant trop longtemps, auraient pu être mobilisées dans des activités civiles au profit du social tels que le nettoyage des rues, des services de ménages à des bureaux publics, des monitorats et des tutorats dans des leçons sportives et scolaires pendant un certain temps. Ce serait une façon élégante et rationnelle de leur faire purger les peines que nécessiteraient leurs cas par rapport à certaines erreurs commises.

Un geste d’amour, pour lever le petit droit en faveur des « délaissées pour des comptes » souvent anodins  

Consciente des incidences de la détention préventive prolongée sur les traitements inhumains dont sont l’objet les détenues, la CJH plaide en faveur des actions de justice plus dynamiques. A titre indicatif, elle y a marqué la journée internationale par un geste symbolique en encourageant l’esprit de partage et de meilleures conditions hygiéniques des détenues Cruciennes, dont la personnalité et la dignité sont crucifiée en cet espace pénitentiaire démuni du minimum de conditions sanitaires adaptées.

Le coordonnateur général de la CJH estime qu’au-delà de leurs infractions, ces détenues demeurent des femmes qui méritent des traitements respectueux. En cette date du 8 mars, des organisations féministes montent aux créneaux pour réclamer, à plein poumon, leurs droits civils, politiques et économiques. Elles présentent des cahiers de charges avec une avalanche de défis, de stigmatisations et d’images préjudicielles qui affectent leur productivité et leur pleine intégration sociale. Elles en appellent à la conscience des hommes, des institutions publiques, du secteur privé et des organisations non gouvernementales pour leur témoigner du respect, de l’attention, de la solidarité et leur accorder les places qui leur reviennent de droit. Et ceci, c’est de bonne guerre, afin de rétablir l’équilibre et de travailler dans le sens de la concrétisation de l’objectif de l’équité du genre fixé par les Objectifs de Développement Durables (ODD) des Nations Unies.

En dépit des nombreux projecteurs braqués, en cette date remarquable, sur les femmes, particulièrement les opprimées, les défavorisées, les victimes et les déshumanisées, peu de focus est mis sur celles confinées en prison, fort souvent d’ailleurs, de manière injuste, dans des détentions prolongées pour des « banalités ».

C’est en signe de solidarité et de support à cette catégorie vulnérable, fréquemment jetée aux oubliettes, que la CJH instaure cette rituelle annuelle d’honorer les détenues, à sa manière.

Le coordonnateur général de ladite organisation sociale, Mikerlange Registe, croit que la question de la détention préventive prolongée doit être prise très au sérieux par les autorités  compétentes. Il enchaîne : « nous avons conscience qu’aussi significatif que ce geste puisse paraitre aux yeux des bénéficiaires, il rentre dans la longue liste des palliatifs qui ne touchent que les conséquences de l’absence d’une politique carcérale qui soit capable d’aborder la détention préventive prolongée ».

Un geste symbolique pour encourager des effets d’entraînement, dans la charité et la solidarité

Les membres de la CJH déplorent le mépris de l’Etat face à l’indigence et la privation des détenues en Haïti. Sur l’ensemble des femmes incarcérées à la Croix des Bouquets, seulement 13% ont reçu le verdict de la justice, selon les règles de l’art, pour purger leur peine. Les autres étant confinées dans une « perdition » de détention préventive interminable. Le coordonnateur de la CJH, représentant de l’INAGHEI au Conseil de l’Université d’Etat d’Haïti, critique ce comportement méprisable des dirigeants vis-à-vis de la personne humaine, et particulièrement de la gente féminine. 

Pour sa part, madame Néïca Jasmine Desrivières, membre de la CJH s’estime heureuse d’être partie prenante de ce geste humaniste qui se dresserait comme un élément déclencheur pour la multiplication de pareilles marques d’attention et de respect envers nos semblables. Dans sa sensibilité et sa passion d’aider, elle y prend goût et promet de s’adonner à d’autres initiatives du genre qui visent la quête du bien-être collectif. « Je me suis délectée à prendre part à cette troisième édition de collecte et de distribution de dons au profit des femmes incarcérées», témoigne l’ambassadrice de la CJH.

Madame Desrivières en profite pour témoigner sa gratitude envers  ceux qui ont collaboré à cette noble initiative. C’est grâce à leurs efforts inconditionnels que les plus de 200 kits ont été collectés et distribués à ces femmes nécessiteuses en grands besoins hygiéniques et autres. La CJH tient à remercier, chaque personne qui, d’une façon ou d’une autre,  a soutenu cette manifestation de solidarité grâce à laquelle les détenues savourent, quoique partielle, une meilleure situation hygiénique.

Un geste symbolique, empreint d’humanité et de sincérité, pour venir en aide aux personnes vulnérables. La CJH fait le vœu que les autorités sanitaires et judiciaires emboîtent le pas pour aborder ces problématiques de la société avec conscience et sens de responsabilité.

Anne-Sarha Lozamar
lannesarha@gmail.com

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