Lettre ouverte au directeur de la PNH

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par José Jacques

Mercredi 7 août 2019 ((rezonodwes.com))– Monsieur le directeur, je vous écris cette lettre à quelques jours de la fin de votre mandat afin non seulement de réitérer ma conviction sur l’importance de votre nomination pour l’avenir de l’institution mais encore et surtout de vous exhorter à ne pas vous laisser séduire par de regrettables ambitions qui vous porteraient à vouloir briguer un second mandat, fût-il au prix de malheureuses compromissions avec les autorités étatiques…

Si renouvellement, il y aura, que ce soit en raison de votre valeureux travail à la tête de l’institution. Autrement, vous ne ferez qu’entacher les courageuses années de votre mandat et, pire encore, emporter l’espoir de toute une génération dont l’avenir dépend de votre capacité à rester digne.

Comme je l’ai si bien fait ressortir dans mon texte sur Rezonòdwès ( La PNH et ses nuits avec l’Ennemi), l’avènement de votre nomination doit constituer un point de départ sans retour pour la promotion 95 de l’académie de police.

A travers votre personne, il doit être prouvé que les éléments qui en font partie ont bel et bien grandi et sont prêts à prendre les rennes de l’institution une fois pour toutes. Honnêtement, je dois vous dire que jusqu’à présent vous tenez assez valablement le flambeau.

Cependant, ne nous leurrons pas ! Ce flambeau auquel je me réfère consiste bien moins dans un net progrès dans la bonne marche de l’institution que dans une fine intelligence de votre part à lui épargner la catastrophe.

Eh! Oui, tout votre mérite est là. À défaut d’apporter des réponses concrètes aux différents maux de l’institution, vous lui aurez au moins évité le pire. Et c’est dans ce sens, justement, sans partialité aucune, que votre bilan doit être abordé et jugé.

un bref rappel de la situation socio-politique ambiante dans laquelle vous avez été contraint à exercer votre travail ramènera à la raison quiconque s’empresserait de m’accuser de faire votre apologie…

D’entrée de jeu, vous vous êtes retrouvé à faire face à l’hostilité stupide d’un chef d’Etat qui voyait en vous non pas un technicien à son service mais un adversaire politique dont il faut à tout prix avoir la tête. L’expression << se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment >> prend tout son sens dans votre cas : vous vous êtes retrouvé à la tête de l’unique et seule force de l’ordre du pays à un moment où le pouvoir étatique se transforme en un véritable gangstérisme d’Etat.

Et l’expression n’est pas trop forte, si l’on se réfère à ce qui se passe présentement dans les actualités : rapport privilégié d’un puissant chef de gang avec les autorités les plus haut placés de l’Etat; implication de sénateurs dans des actes de kidnapping avec ce chef de gang, etc…

Tout ceci illustre assez bien la délicatesse de votre situation, mais ce n’est pas tout. Et ce dernier fait que je vais évoquer est bien loin d’avoir été le moindre de vos soucis : le phénomène d’assassinats de policiers qui a atteint sous votre administration son point le plus critique.

À un certain moment, l’assassinat d’un policier était même devenu un fait divers. Je pouvais bien ressentir votre impuissance face à ce phénomène, dans la mesure où la plupart de ces assassinats étaient liés à des fins politiques, soit pour prouver votre incompétence à diriger l’institution, soit pour détourner l’attention de la population sur des dossiers de corruption révoltants.

L’une des tactiques les plus communes dans l’art de la guerre est de couper le  ravitaillement de l’adversaire. En réduisant vos marges de manœuvre tant financièrement qu’administrativement, l’objectif est simple : donner l’impression à vos troupes que vous n’avez pas le contrôle et provoquer un mécontentement général.

Cependant, si ce plan a réussi en partie au niveau de l’état-major, au sein de la base, les policiers, d’une manière générale, en dépit des diverses déceptions et frustrations dont ils font face quotidiennement, sont restés accrochés à votre commandement. 

Et justement, c’est à cet état de fait que je voulais en venir et conclure cette lettre. N’allez surtout pas faire la grosse tête et croire, monsieur le directeur, que cette fidélité à votre autorité soit le résultat seul d’une quelconque méthode en matière de leadership dont l’acquisition aurait été faite au prix de nombreux séminaires.

Cette fidélité, elle est d’abord et avant tout le fruit d’un facteur naturel lié à toute saine autorité : la légitimité. Cette condition nécessaire à toute entité démocratiquement hiérarchisée, c’est précisément en son nom que je réitère l’objectif  ultime de mon article, à savoir l’établissement de ce principe exigeant que désormais les rennes de la PNH soient tenues par les policiers des toutes premières promotions de l’académie.

Tout subterfuge à ce principe, l’on aura beau distribuer des grades comme des pâtés chauds aux différentes promotions, l’on n’arrivera jamais à apporter une solution définitive à cette gangrène qui ronge l’institution qu’est ce malaise chronique au niveau de la supériorité résultant de la façon dont elle a été hiérarchisée. Toute correction sérieuse doit pouvoir s’opérer par la tête pour faire place aux jeunes,  représentant l’avenir du corps. Et en vous même, monsieur le directeur, doit-elle sceller la garantie de cet avenir.Salutations distinguées !!!

José Jacques

2 COMMENTS

  1. Si on devait se baser sur la realite, la vraie, la photo de ce Gedeon, le titre de l’article serait, « Lettre a un connard, un idiot, un ignorant. » Ce type porte sa cervelle sur son visage. Il a l’air d’un ignorant comme on en fait plus. Quelle stupide gueule pour un adulte! Yuck.

  2. Oui, chère Paola, et puis ce n’est pas un simple panégyrique, c’est du lèche-bottes, cet article, c’est de la bassesse, de la flatterie quand on sait que cette police garde Jovenel au pouvoir!

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