par Vitalème Accéus
Dimanche 21 juillet 2019 ((rezonodwes.com))– Le Cap-Haïtien, la deuxième ville du pays était, il y a environ 30 ans de cela «la fierté » du pays, en raison de la qualité de l’environnement et de la propreté de la Ville. En 2019, elle est l’une des villes les plus insalubres du pays. Presque toutes les rues et tous les quartiers de la deuxième ville du pays sont parsemés de déchets ces derniers jours. La ville du Cap-Haïtien n’en peut plus, cette dernière arrive à la limite en tant que ville touristique. Les déchets sont omniprésents dans pratiquement tous les coins de rue et le décor est comme une décharge à ciel ouvert en plein cœur de la ville. Les rues sont effroyables. Comme un décor apocalyptique, la population offre un tableau à travers de petits monts de déchets balayés, notamment, à l’entrée de la ville, à Vertières, à Sainte-Philomène et dans les quartiers avoisinants.
De «Cap-Henri», la deuxième ville du pays est
devenue «Cap de la poubelle». On a tendance à croire que les pouvoirs publics,
précisément le gouvernement et les autorités municipales n’ont rien fait pour
sortir la ville de cette situation. Mais d’un autre côté, qu’il ne faut pas
oublier que la population a sa responsabilité dans l’état de l’insalubrité de
la ville.
Ces dernières années, le Cap -Haïtien perd son
charme, cette ville n’est plus la coquette d’autrefois. Des tonnes d’ordures
jonchent chaque jour les rues. C’est le cas vers le Grand Marché, mais aussi
dans la plupart des quartiers de la ville. En cette période de pluies, les
immondices empêchent l’eau de circuler, causant parfois des drames.
Aujourd’hui la ville du Cap-Haitien est
caractérisée par une urbanisation incontrôlée, une surexplosion avec peu
d’effets socio –économiques positifs. En plus, les réseaux de villes dans le
nord d’Haïti sont désarticulés, les relations de complémentarité entre la ville
et la campagne ne sont pas entretenues. Il y a une forte migration interne et
les migrants internes viennent imposer leurs normes rurales à la vieille ville
du roi Christophe.
Malgré le jumelage de la ville avec d’autres
villes du monde, des projets et tous les matériels que la ville a bénéficié, il
n’y a pas de progrès ni d’amélioration pour la ville du Cap-Haitien. Il n’y a
pas une politique de gestion des déchets : les camions bennes en charges de
transport des immondices ne circulent plus comme auparavant dans la ville, les
agents en charge de la collecte de déchets ne sont plus remarqués, il n’y a pas
d’endroits qui sont construits pour déverser les déchets collectés « site de
décharge ».
Peut –on affirmer que la population de la ville
du Cap-Haitien a la légendaire fierté Christophienne avec ses normes de
grandeur, d’efficacité, de propreté et de discipline citoyenne?
Dans la cité Christophienne, la population a
acquis une mauvaise manière de vivre. Aujourd’hui, on a l’impression que
l’insalubrité fait désormais partie intégrante de ses habitudes. Il n’est pas
rare de voir que les gens déversent sans gêne, les eaux usées remplies de
déchets et les ordures ménagères dans les égouts, dans les caniveaux ou dans
les rues. À cause de ces pratiques insalubres, les canalisations se bouchent,
engendrant ainsi l’apparition de mares où prolifèrent les moustiques au niveau
de la ville.
Dans le quotidien on peut remarquer de
commerçants, vendeurs ambulants, clients, motocyclistes et automobilistes se
disputent le moindre passage pour éviter de se salir. Au passage d’un véhicule,
plusieurs personnes sont éclaboussées par les eaux stagnantes. Ces désagréments
sont également provoqués par les tricycles malgré l’interdiction de ce type de
véhicule dans le transport en commun par la Direction de la Police Routière.
Cap Haïtien dispose d’un fort potentiel
touristique : un patrimoine architectural colonial remarquable, une proximité
avec les sites classés au Patrimoine mondial de l’UNESCO, tels que la Citadelle
La Ferrière et le Palais Sans Souci. Cette ville constitue également une
ouverture sur la zone américaine et caribéenne, un port, un aéroport
international, ce qui en fait un pôle de développement.
Le Cap-Haïtien, malheureusement, n’est pas le
seul endroit du pays à se trouver dans cette situation dégradante. C’est le
sort de la majorité de nos grandes villes où la poussée démographique
représente un vrai fléau.
Cap –Haïtien, le 20 Juillet 2019
Vitalème ACCÉUS
Anthropo-Sociologue
E-mail :acceus2009@gmail.com

