17 septembre 2026
Haïti : Discours de l’Ambassadeur Sison lors du 243ème Anniversaire de l’Indépendance des USA
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Haïti : Discours de l’Ambassadeur Sison lors du 243ème Anniversaire de l’Indépendance des USA

Sous les bravos de l’élite politique haïtienne (Martelly, Lafontant, Privert, Bodeau, Cantave, etc..), l’ambassadeur américain en Haïti, Michelle Sison, lors de son allocution prononcée à l’occasion du 243e anniversaire de l’Indépendance des États-Unis d’Amérique, a longuement utilisé les paroles de Frederick Douglass pour dénoncer les turbulences politiques, prôner le dialogue entre les Haïtiens et rappeler les menaces pesant sur l’indépendance du pays

Jeudi 4 juillet 2019 ((rezonodwes.com))– Bienvenue à notre célébration du 243ème anniversaire de l’indépendance des États-Unis !

Chers invites,

Chers amis –

Nous sommes vraiment ravis que vous ayez pu vous joindre à nous ce soir.

Et n’est-ce pas que la musique est extraordinaire ce soir?! Ces musiciens formidables du groupe Déja Grüv nous viennent directement de Washington, DC , notre capitale– that was an amazing rendition of the Star Spangled Banner !

Et je remercie aussi Gospel Kreyol pour cette belle interprétation de l’hymne national haïtien!

Ce soir, j’ai voulu commencer par un peu d’histoire – l’histoire est importante car elle nous permet de comprendre notre passé, ce qui nous permet également de comprendre notre présent et de construire notre avenir.

En remontant dans l’histoire, je voudrais que nous examinions ce soir les nombreuses contributions de Frederick Douglass, l’éminent auteur et abolitionniste américain.

Et bien sûr, Frederick Douglass a été aussi mon très distingué prédécesseur – il a été le chef de la mission diplomatique américaine en Haïti de 1889 à 1891.

Le portrait de Frederick Douglass est affiché bien en vue à notre ambassade à Tabarre (et oui, je l’ai emprunté pour le mettre à l’honneur sur la table d’entrée de ma résidence ce soir, comme vous avez dû le voir en arrivant).

Aux États-Unis, on se souvient de Frederick Douglass pour avoir utilisé son discours de la Fête de l’Indépendance 1852 pour rappeler à son auditoire la nécessité de l’égalité sociale et de la valorisation de la dignité de tout être humain.

Et Haïti était très importante pour Frederick Douglass, et très chère à son cœur. Cedar Hill House, la maison de Douglass à Anacostia à Washington, D.C., est maintenant un site historique du U.S. National Park Service. Les guides touristiques de Cedar Hill notent que la maison affichait des portraits de Toussaint Louverture et de Florvil Hyppolyte du vivant de Douglass.

Frederick Douglass, ce leader américain vénéré est né esclave en 1818 sur la côte Est du Maryland, et fut esclave pendant vingt ans, avant de s’enfuir vers le nord.

Il a consacré sa vie au service de la fonction publique des États-Unis.  Après avoir emménagé à Washington, DC, Douglass occupa une série de postes de haut niveau sous cinq présidents américains.

En plus de sa longue et brillante carrière, on se souvient aussi de Frederick Douglass aujourd’hui aux États-Unis pour la puissance universelle de ses paroles.

Douglass a utilisé son extraordinaire talent d’orateur pour exprimer l’urgence et l’importance de la liberté et de l’égalité.

Frederick Douglass avait bien compris l’histoire des États-Unis et l’histoire d’Haïti. Lors de son discours à l’occasion de l’inauguration du pavillon d’Haïti à l’Exposition Universelle de Chicago en 1893, il a décrit avec une émotion bouleversante le chemin remarquable qu’avait parcouru Haïti pour devenir une République libre et indépendante.

Voici ses mots puissants, que je cite: «Nous ne devrions pas oublier que la liberté dont vous et moi jouissons aujourd’hui, est en grande partie due à la position courageuse adoptée par les fils noirs d’Haïti, il y a 90 ans… Quand ils ont sonné l’heure de la liberté, ils l’ont construite mieux qu’ils ne le savaient. »

Vous savez, j’adore cette tournure de phrase: «Ils l’ont construite mieux qu’ils ne le savaient…»

C’est-à-dire, l’histoire d’Haïti fait partie de notre histoire, l’histoire des Etats Unis de l’Amérique.

Frederick Douglass a déclaré aussi, et je cite :  « Il y a plusieurs raisons pour lesquelles une bonne entente devrait exister entre Haïti et les États-Unis. Sa proximité… son histoire, ses progrès et ce que peut être son destin…Si on mesure la distance par le nombre d’heures et l’amélioration des bateaux à vapeur, Haïti n’est qu’à trois jours de New York et à trente-six heures de la Floride; en fait, une voisine toute proche. »

Haïti et les États-Unis restent et demeurent, bien entendu, des alliés proches, des voisins proches et des amis proches.

Douglass a aussi décrit Haïti ainsi: « Aucune autre terre n’a d’eau plus pure, de sol plus riche ou de climat plus heureusement diversifié. Elle a toutes les conditions naturelles essentielles pour devenir un pays noble, prospère et heureux. »

« Pourtant, la voici, déchirée et brisée par des révolutions de factions bruyantes et des anarchies; pataugeant …dans un labyrinthe de misère sociale. »

« Tant que cet esprit de turbulence prévaudra … son indépendance bien gagnée sera menacée… le bras de son industrie sera paralysé, son esprit d’entreprise languira, les opportunités nationales seront négligées, les moyens d’améliorer l’éducation seront limités …ses espoirs … seront flétris »

Ainsi, dans ce passage, nous entendons Douglas exprimer son angoisse face aux turbulences, donc à l’instabilité en Haïti au 19ème siècle; nous l’entendons inquiet de l’impact de cette instabilité sur la vie quotidienne du peuple haïtien.

Alors comment comprendre que Frederick Douglass avait les mêmes préoccupations il y a 126 ans que nombre d’entre nous aujourd’hui?

L’instabilité, l’insécurité et leur impact sur l’éducation et l’économie sont des préoccupations que nous partageons tous aujourd’hui.

Et que proposait Frederick Douglass comme solution?

Alors, Frederick Douglass, sans surprise, était fermement convaincu du pouvoir du dialogue.

De fait, lorsque ses collègues abolitionnistes ont critiqué sa volonté de dialoguer avec les propriétaires d’esclaves, il a répondu: « Je m’unirais avec n’importe qui pour faire le bien et avec personne pour faire le mal » (fin de citation)

C’est-à-dire, il était prêt à s’asseoir autour de la table avec n’importe qui, et à dialoguer pour préserver le bien commun.

Ceci est un message qui nous est lancé à tous par l’éminent Frederick Douglass: la nécessité d’engager un dialogue de bonne foi afin de préserver le bien commun.

Frederick Douglass — Défenseur de la liberté, promoteur du dialogue, de l’égalité et de la justice sociale – et, bien sûr, grand ami d’Haïti.

Aux États-Unis, on se souvient aussi de Frederick Douglass pour avoir utilisé son discours du Jour de l’Indépendance de 1852 – plusieurs années avant la guerre civile américaine – pour appeler tous les Américains à se souvenir du désir d’égalité et de liberté qui avait animé les Pères Fondateurs.

Encore :  « Je m’unirais avec n’importe qui pour faire le bien et avec personne pour faire le mal » (fin de citation. »  En trouvant un terrain d’entente commun et fructueux par le dialogue, nous espérons voir partout dans le monde, et ici en Haïti, que ceux qui ont des opinions divergentes puissent unir leurs forces et travailler ensemble pour le bien commun.

Les Américains présents ce soir ont placé leurs mains sur leurs cœurs pour chanter que notre drapeau étoilé flotte encore: “O’er the land of the free and the home of the brave.” – « sur la terre des hommes libres et braves. »

Nous, les américains, nous avons une dette considérable envers Haïti dans la lutte pour notre liberté.

Et le bel hymne national haïtien : la chanson de Dessalines exhorte «Pour le pays, pour les ancêtres – Marchons unis, marchons unis»  En effet – “marchons unis,” pour le bien commun !

Pour moi, cela signifie rechercher un dialogue authentique et en toute bonne volonté,  afin d’offrir au peuple haïtien, et surtout aux jeunes, l’accès à l’éducation et aux soins de santé, la stabilité, la sécurité, et aux opportunités économiques.  Car, comme le dit aussi la Dessalinienne, « Formons des fils libres, forts et prospères. »

Enfin, c’est pourquoi l’autonomisation économique et la promotion de la croissance économique sont des objectifs importants pour nous tous à l’ambassade des États-Unis. Ce sont importants pour l’Haiti et pour la region, notre region.

Je voudrais donc saisir cette occasion pour vous présenter nos jeunes entrepreneurs  «vedettes» venus de Martissant, Belair, Cité Soleil, Saint-Marc, Mirebalais et des Cayes, ainsi que Makendy Smith et Nadia Jean – Charles, lauréat du prix Forbes lors du Haïti Tech Summit, il y a deux semaines.

Ces jeunes représentent le meilleur de ce que l’ambassade américaine fait ici pour soutenir l’avenir d’Haïti.

Je pense que mon distingué prédécesseur, Frederick Douglass, aurait été très fier de ce partenariat.

Ann bat yon gwo bravo pou jèn antweprenè ekstraòdinè Haiti Tech Summit- yo – y’ap montre le monde entier–toute enèrgie ak talent la jeunesse haitien-la nan fè biznis, et c’est avèk anpil fierte nou te sponsorize yo nan Haiti Tech Summit.

Stingly Terneus

Stephane Prophète

Gregory Henderson Lefruit

Mondy Pierre Auguste

Vanessa Pierre Louis

Jean Odelin Ordelus

Shella Jean-François

Alamy Jean Pierre

Welseau Jacques

Newchda Oreus

James-Taylor Louis

Alexis Robine

Kettia Denescar

Sandyna Sandaire Jerome

And Maryns-Starline Labossiere

Et merci à Hope for Haiti, pour avoir permis à ces jeunes, grâce à votre soutien, de franchir une étape supplémentaire dans la réalisation de leurs rêves d’entrepreneurs!

J’aimerais également saluer les compagnies qui ont généreusement commanditer cette soirée:

American Airlines

BRANA

Brasserie de la Couronne

Capital Bank

Citibank

Caribbean Bottling Company – Culligan

Royal Caribbean

Berhmann Motors

Caribbean Airmail (CAM)

Colibri Haiti

JetBlue Airways

Et La Maison des Vins

Merci d’avoir rendu cette soirée si spéciale!

Mèsi anpil tout moun, et pi kite-nou pa janm bliye gwo amitye ant Ayiti ak Etazinis. M’ap swete nou tout, bòn sware!

Happy Independence Day, America – and May God Bless America!

4 Comments

  • paola 4 juillet 2019

    Haiti deviant la honte extreme des pays noirs. De nation independante, nousu devons les petits negres « cobail » pour tous les politiciens salope de l’occident. Quelle Honte . Trois specimen de president-santi-kk se tiennent debout sur le perron de leur maître les bras croises sur leur sexe tel des petits esclaves valets. Quelle honte pour Haiti. Dieu nous viendra t-il en aide enfin?

  • Patrick Princivil 4 juillet 2019

    Rété tèt frèt tout sa kap travay kont Ayiti pou kenbé péyi nou an otaj pou-n kokobé nan labou santi a, sé pou difé sot nan syèl la épi kankan-nen yo ak tout sa yo posédé o non de Jezu.

    Sé pou difé Bondye ravajé yo.

    • Endijen 5 juillet 2019

      Jodi a Mo Dod la se Reddition de comptes tankou sa ap nan tout lot peyi a. Ayiti paka esepsyon. Nan non Demokrasi ak Eta de Dwa, paka gen Dyalog nan kad 4 Milya 200 Milyon dola ke yon ponyen asasen kraze l. Se Pwose’ Petwovole’ yo ki reg di dwe reg jwet la. Petro chalenje’ ki konsekan yo ak lot Patriyot ki nan peyi a pa nan Dyalog ki egal Amnisti. Mwen pa Toujou pataje tout liy politik jounalis Liliane Pierre Paul ak kek lot koleg li ki nan radyo a, men li byen pozisyone l pa rapo’ ak pawol Frederick Douglass yo ke anbasade’ a te reprann nan diskou l la. Madanm Pierre Paul te kle’ nan pawol li san benyen kache lonbrik tankou politisyen Ayisyen yo. Li te di anbasade’ a BLIYE mansyone Responsablite Etazini nan sitiyasyon mal okipe peyi Dessalines nan. Nan La Dessalinienne lan li di tou, « dans nos rangs point de traitres… Du sol, soyons seul maitre… »

      Mwen ta souyete pou REZONODWES cheche bann sono’ jounalis Liliane Pierre Paul la pou mete l sou paj la. Sa tap bon anpil pou moun ki pat tande l. Madanm Pierre Paul te fe Pot Pawol yon bann lot konpatriyot ki gen menm opinyon ak li sou Responsablite Meriken nan konstriksyon « shithole » la. Yo paka bannou yon Preval nan plas Leslie Francois Manigat. Yo paka bannou yon Martelly nan plas Mme Mirlande Hyppolite Manigat. Nan eleksyon 2015-2016, mwen konprann nan mitan Ranyon, yo te chwazi kandida Martelly te pwopoze a. Se nomal….

      E si Frederick Douglass te vivan li tap Sezi poul we gen anpil pwoblem nan zafe neg nwe’ ki poko vin rezoud nan pwop peyi l… Nan 4 jiye’, mwen tap koute 2 manb gwoup O’jays nan emisyon « ON POINT » (WLRN, 93. 3 FM, 11-12 AM) yo deklare yo fatige reviv yon seri sitiyasyon ki mennen yo nan plizye’ dekat pase yo. E mizisyen sa yo nan lag 77 a 80 lane. Nan Repetwa mizisyen meriken sa yo, se pa tirans, yo depoze kont tout fom enjistis sou te’ Abraham Lincoln la.

      Pa gen dout, si Frederick Douglass te vivan, li tap pi pwenti nan refleksyon an. Atansyon anbasade’ a ap apiye yon popetwel ki fe afe’ peyi l. Fok nou apran cheche yon pwezidan ki fe afe’ peyi d Ayiti tou pandan nap gen koperasyon ak peyi Etazini men sou yon lot baz. Depi pase plis 100 lane, li pa bon konsa.

  • Aprannkonprann 4 juillet 2019

    Kounye ya se youn vye anplwaye Trump ki fin trete Ayiti de twou de mèd e ki rayi imigran nwa ak latino kap vin di nèg esklav aysiyen sa pou yo fè pou sove endepandans yo, sesak te rete! Alò lè salopri sa yo ap manipile de fatra kou jovnel se syi endepandans ou prev ke se depotwa ki ozòd meriken Ayiti ye?

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