Né dans l’adversité, le jazz s’impose aujourd’hui comme un puissant vecteur de cohésion sociale et de dialogue en temps de crise, selon les promoteurs de la Journée internationale du jazz, célébrée chaque 30 avril sous l’égide de l’UNESCO.
Pour la productrice culturelle Maria Semushkina, cette musique dépasse le simple cadre artistique. « Le jazz agit comme une thérapie sociale », affirme-t-elle, soulignant sa capacité à apaiser les tensions et à rapprocher des individus issus de contextes opposés.
Issu des communautés afro-américaines à la fin du XIXe siècle, le jazz s’est développé dans un contexte marqué par la ségrégation raciale aux États-Unis. Pourtant, il a rapidement constitué un espace inédit de rencontre, où musiciens noirs et blancs ont pu jouer ensemble, défiant les barrières sociales.
Aujourd’hui, cette dimension universelle perdure. Festivals et initiatives culturelles réunissent artistes de pays en conflit, à l’image du projet « Music Saves the World », qui a rassemblé à Londres des musiciens d’horizons divers, y compris des déplacés.
Au-delà de la scène, le jazz conserve une fonction thérapeutique. Après la Seconde Guerre mondiale, il avait déjà servi de refuge collectif en Europe. « Ce n’était pas seulement du divertissement, mais un espace pour reconstruire du lien », rappelle Mme Semushkina.
Dans un monde fragmenté, le jazz continue ainsi d’offrir un langage commun, capable de transcender frontières et divisions. Pour ses défenseurs, soutenir cette culture reste essentiel : loin d’être accessoire, elle constitue un levier clé de paix et de résilience.

