Haïti s’enfonce dans une crise sécuritaire et humanitaire sans précédent, alors que des gangs armés contrôlent désormais jusqu’à 90% de la capitale, Port-au-Prince, selon des estimations relayées par l’ONU. Meurtres, enlèvements, viols collectifs et déplacements massifs rythment désormais le quotidien d’une population abandonnée à la violence.
L’effondrement progressif de l’État s’est accéléré après l’assassinat du président Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021. Depuis, les institutions se sont affaiblies, laissant les groupes criminels étendre leur emprise sur les routes stratégiques, les quartiers populaires et les infrastructures vitales.
La Police nationale d’Haïti, sous-équipée et en sous-effectif, peine à contenir des gangs lourdement armés. Les civils vivent sous la menace permanente des rackets et des attaques armées, tandis que l’accès à l’eau, aux soins, à l’éducation et à l’aide humanitaire devient de plus en plus difficile.
Selon les agences humanitaires, plus de 1,3 million de personnes ont été déplacées à travers le pays. Près de 6,4 millions d’Haïtiens, dont 2,8 millions d’enfants, nécessitent une assistance urgente. Des milliers d’écoles restent fermées ou occupées par des groupes armés.

