4 mai 2026
Cap-Haïtien : face à la crise sanitaire, le gouvernement promet des interventions soutenues
Actualités Politique

Cap-Haïtien : face à la crise sanitaire, le gouvernement promet des interventions soutenues

Sous la pression de mouvements de protestation alimentés par l’insalubrité et les inondations, les autorités gouvernementales tentent de reprendre la main dans la deuxième ville du pays. Réunie au bureau de la délégation du Nord, une équipe ministérielle a présenté, dimanche 3 mai, un état des lieux des actions engagées et les mesures prévues à court terme.

Arrivée dans la cité christophienne le mercredi 29 avril, la délégation affirme avoir déclenché dès le lendemain une série d’interventions ciblées. « Les opérations sont en cours et se poursuivent sans interruption », a déclaré le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé, qui appelle à une implication active des autorités locales et de la population.

Sur le terrain, la tension reste palpable. Depuis plusieurs jours, des habitants de quartiers tels que Vertières, Barrière Bouteille ou encore l’entrée sud de la ville multiplient les actions de protestation. Barricades, routes bloquées et activités ralenties traduisent l’exaspération d’une population confrontée à l’accumulation des déchets et à des systèmes de drainage défaillants.

Pour le ministre des Travaux publics, des Transports et des Communications (MTPTC), l’ingénieur Joseph Almathe Pierre-Louis, l’urgence est évidente. « La situation est critique, mais des réponses sont en train d’être apportées », a-t-il affirmé. Des travaux de curage ont déjà été réalisés dans plusieurs canaux, notamment à Vertières, Goya et Sainte-Philomène, avec des résultats jugés encourageants en matière d’écoulement des eaux.

Selon les autorités, près de 8 000 mètres cubes de matériaux ont été retirés jusqu’à présent, sur un objectif global fixé à 50 000. Les opérations sont menées avec l’appui d’entreprises publiques et privées, dans une logique de renforcement des capacités d’intervention.

De son côté, le ministre de l’Environnement, Valéry Fils-Aimé, met l’accent sur une réponse globale. « Une quarantaine d’équipements sont déjà déployés dans la ville pour accélérer les opérations de nettoyage », a-t-il indiqué, évoquant des interventions dans plusieurs quartiers sensibles, dont Champin, Petite-Anse et Vertières.

Toutefois, des défis logistiques persistent, notamment en ce qui concerne la gestion des sites de décharge, dont la capacité reste limitée. Les autorités reconnaissent également que les conditions climatiques pourraient compliquer les efforts engagés, en particulier en cas de nouvelles précipitations.

Face aux embouteillages causés par les travaux en journée, un ajustement des horaires d’intervention est envisagé, avec des opérations programmées aux premières heures du matin afin de réduire l’impact sur la circulation et les activités quotidiennes.

Deux axes d’intervention ont été définis : l’évacuation des déchets à travers le Service national de gestion des résidus solides (SNGRS) et les services de voirie, ainsi que le curage des canaux assuré par le MTPTC et des firmes spécialisées.

Malgré ces annonces, la prudence reste de mise au sein de la population. Nombreux sont ceux qui attendent des résultats tangibles, au-delà des promesses. La crise actuelle, exacerbée par les intempéries mais enracinée dans des années de gestion déficiente, appelle à des réponses durables et structurées.

Gislène Guerrier
gisleneguerrier16@gmail.com

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.