Réunis à Dakar, historiens, juristes et diplomates ont relancé un débat aussi sensible qu’historique : celui des réparations pour l’esclavage et la traite transatlantique. La rencontre intervient quelques semaines après l’adoption par l’Organisation des Nations Unies d’une résolution qualifiant l’esclavage racialisé des Africains de crime contre l’humanité.
Sur l’île de Gorée, symbole mondial de la déportation des Africains vers les Amériques, les intervenants ont estimé que la reconnaissance du crime ne suffira pas sans mesures concrètes. « La traite n’a jamais vraiment disparu de nos institutions », a résumé l’archéologue Ibrahima Thiaw.
Les experts ont évoqué les preuves historiques accumulées au fil des fouilles et des archives, susceptibles d’alimenter d’éventuelles actions en justice. D’autres ont proposé la création d’un fonds international d’indemnisation sous l’égide de l’ONU.
Au-delà des obstacles juridiques, un consensus s’est dégagé : le débat ne porte plus sur la légitimité des réparations, mais sur la volonté politique de les rendre effectives.

