WASHINGTON (Rezo Nòdwès) — La Chambre des Représentants des États-Unis a fait progresser mercredi un projet de loi visant à rétablir et prolonger le statut de protection temporaire (TPS) pour les ressortissants de Haïti, à la suite d’un vote de procédure marqué par un soutien bipartisan limité.
Le texte, porté par la représentante Ayanna Pressley (démocrate du Massachusetts) et plusieurs élus démocrates, a été adopté par 219 voix contre 209, grâce à l’appui de quelques membres du Parti républicain. Cette étape ouvre la voie à un vote final attendu dans les prochains jours.
Les promoteurs du projet ont recouru à une « pétition de décharge », mécanisme parlementaire permettant de soumettre un texte au vote sans l’aval préalable de la direction majoritaire. Une procédure rarement utilisée dans l’histoire législative récente.
Selon Pressley, plus de 350 000 ressortissants haïtiens résidant aux États-Unis sont actuellement exposés au risque de perdre leur statut de protection temporaire. « Les enjeux atteignent un niveau particulièrement élevé », a-t-elle déclaré, soulignant la dimension collective et bipartisane de l’initiative.
Quatre élus républicains — Mike Lawler (New York), Brian Fitzpatrick (Pennsylvanie), Don Bacon (Nebraska) et Maria Elvira Salazar (Floride) — ont contribué à atteindre le seuil des 218 signatures requis pour déclencher la procédure, avant de voter en faveur du texte. D’autres représentants, dont Nicole Malliotakis (New York), Carlos Gimenez (Floride) et Kevin Kiley (Californie), ont également soutenu la mesure.
Le projet de loi prévoit une extension du TPS pour une durée de trois ans, soit jusqu’en 2029. L’initiative intervient après la décision prise sous l’administration de Donald Trump de mettre fin à ces protections pour les Haïtiens, avec une échéance fixée en février. Cette décision a été suspendue ou retardée par voie judiciaire, maintenant provisoirement le dispositif en vigueur.
Le TPS constitue un régime juridique permettant à certains ressortissants étrangers de résider et de travailler temporairement aux États-Unis en raison de conditions jugées dangereuses dans leur pays d’origine, notamment en cas de catastrophes naturelles ou de conflits armés.
D’après l’organisation The Forum, plus de 330 000 Haïtiens bénéficiaient de ce statut en mars 2025.
Des élus républicains opposés au texte considèrent que l’administration de Joe Biden a élargi le programme à des personnes ne répondant pas aux critères initiaux, invoquant des préoccupations liées à la gestion des flux migratoires à la frontière sud.

